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SPECTACLES: Cirkafrika, une autre idée du cirque

50 artistes africains!

Pour la première fois depuis sa création en 2000, le cirque français Phénix présente à Paris un spectacle entièrement inspiré par l’Afrique: Cirkafrika. La troupe, exclusivement composée d’artistes africains, connaît un tel succès qu’elle reviendra en France et dans plusieurs pays d’Europe, dès l’hiver prochain.

altHabité par l’envie de faire découvrir chaque année de nouvelles troupes au public français, Alain Pacherie, le fondateur du cirque Phénix, s’était lancé cette année un nouveau défi : monter un spectacle entièrement dédié à l’Afrique, continent qu’il affectionne. Après les étoiles des cirques de Moscou et de Pékin ou les vedettes tziganes et mexicaines qu’il a fait venir, au fil des ans, pelouse de Reuilly dans le bois de Vincennes à Paris, c’est donc une troupe de 50 artistes venus des quatre coins de l’Afrique (Afrique du Sud, Tanzanie, Ghana, Congo, Guinée) qu’il a réunie pour un spectacle baptisé “Cirkafrika”.

Défi de taille en réalité car, comme le souligne ce passionné : « il n’y a pas de véritable tradition du cirque en Afrique ». Alors que le spectacle vivant remonte à la nuit des temps ou presque sur le continent noir, seulement 4 chapiteaux se produisent dans toute l’Afrique: un en Egypte, deux en Afrique du Sud et un autre en Tanzanie, ces deux derniers pays ayant servi de pôle de recrutement à Alain Pacherie à travers l’école du cirque Mama Africa fondée par le Zimbabwéen Winston Ruddle à Dar es Salaam, et le Zip Zap Circus créé dans la ville du Cap par le Sud-Africain Brent Van Resburg et la Française Laurence Estève.

Née il y a 7 ans lors d’un voyage aux Etats-Unis, l’idée a commencé à prendre réellement forme il y a deux ans en collaboration avec Winston Ruddle. Les artistes se sont ensuite tous retrouvés en Tanzanie pour préparer leurs numéros et ils ont effectué une toute dernière mise au point sur une semaine à Paris où Cirkafrika se produit depuis le 17 novembre et jusqu’au 13 janvier avant de partir en tournée à travers la France, la Suisse et la Belgique. Alain Pacherie, qui a misé un budget de 6 millions d’euros sur le spectacle, partait totalement dans l’inconnu mais sa prise de risque a payé, presque qu’au-delà de ses espérances car le chapiteau de 6 000 places érigé au bois de Vincennes affiche pratiquement complet depuis l’ouverture.

Rien d’étonnant car Cirkafrika est une franche réussite. Déjouant habilement les pièges des clichés et du folklore, le spectacle allie avec fraîcheur des numéros d’acrobaties, de jongleries et de clowns, sans oublier un contorsionniste déguisé en grenouille dont la performance est l’un des clous du spectacle. Comme Phénix a pris le parti, depuis ses débuts, de ne pas présenter de numéros d’animaux et comme, d’autre part, on ne peut pas évoquer l’Afrique sans rendre hommage à sa faune, le producteur a trouvé un compromis très réussi : des costumes (crocodile, éléphant, girafe, etc.) fabriqués par un sculpteur tanzanien avec un caoutchouc recyclé provenant du Kenya, des tenues dans lesquelles se meuvent avec grâce les artistes lors d’une parade qui clôt la première partie et donnent une touche de poésie supplémentaire à la représentation.

La chorégraphie (gumboots sud-africaines, danses zouloues) et la musique sont évidemment partie prenante du show avec un orchestre de 8 musiciens qui reprennent certains des grands standards africains (Miriam Makeba, Youssou N’Dour, Touré Kunda etc.) et sont régulièrement rejoints par un joueur de kora, ce luth géant à 21 cordes dont les accords plongent, en quelques notes, le chapiteau dans les rêveries d’une nuit africaine.

Quand on ressort dans le froid parisien, on n’en est presque à regretter que Cirkafrika ne soit qu’une expérience sans lendemain, un spectacle éphémère unique au monde qui n’aura pas de suite. Erreur. Les représentations a en effet connu un tel succès (déjà 300 000 spectateurs) que Cirkafrika fera une autre tournée en France l’hiver prochain.

«Ensuite nous partirons en Ukraine, un producteur de là-bas a vu le spectacle et a été emballé. Il y a des producteurs espagnols qui viennent à la fin de la semaine ainsi que des gens de Broadway. Ce spectacle a fait un ‘buzz’ dans le monde entier et j’ai beaucoup de productions de l’étranger qui viennent nous voir. Désormais, le vent nous pousse». Le vent du succès pour un pari gagné…

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