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SOMMET G20: Quel intérêt pour le continent africain?

Afrique: continent à “con…Sommet”?

Le sommet du G20 a ouvert ses portes le 5 septembre 2013 à Saint Petersbourg (ex-Stalingrad) en Russie. Rarement, ce sommet aura eu un menu aussi copieux. En effet, à côté des questions économiques et de croissance qui y sont débattues, l’équation syrienne focalise toutes les attentions d’autant plus que la communauté internationale est divisée sur la conduite à tenir face à la folie meurtrière de Bachar Al-Assad.

altA ce rendez-vous des puissants du monde, élargi aux pays du Tiers-monde, l’Afrique est représentée par l’Ethiopie qui assure la présidence actuelle de l’Union Africaine, le Sénégal qui conduit le NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement Economique de l’Afrique) et l’Afrique du Sud qui fait partie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Sudafrique).

Cela traduit une certaine considération pour ce continent et l’intérêt qu’il suscite, mais le véritable défi reste celui de la représentativité de l’Afrique et du Tiers-monde au sein du Conseil de sécurité de l’ONU avec tous les avantages qui s’y attachent.

Toutefois, la brûlante question syrienne de l’heure risque d’éclipser les autres sujets quand on sait que ce sommet se tient dans une atmosphère viciée, un climat de vive tension entre les Etats-Unis et la Russie : les premiers veulent punir Bachar al-Assad et l’empêcher d’aller jusqu’au bout de l’horreur à l’encontre de son peuple, pendant que la seconde le soutient en bloquant toute intervention légale de la communauté internationale par son veto à l’ONU.

L’annulation unilatérale par les Etats-Unis du tête-à-tête Obama-Poutine en marge du sommet est, du reste, un signal fort du degré de cette tension même si l’affaire Snowden (du nom du jeune Américain recherché par les Etats-Unis, et à qui la Russie a offert l’asile) y est aussi pour quelque chose.

La confiance n’est donc pas la première vertu de ce sommet et il faut espérer qu’il ne soit contre-productif en raison de la question syrienne.

Au-delà, il est positif d’associer l’Afrique à cette réunion des gérants de la planète mais sa participation suscite de nombreuses interrogations: qu’est-ce qu’elle va y apporter, et de quelle voix parlera-t-elle? Sur la question syrienne, par exemple, quelle est sa position?

A-t-elle une voix unique ou des positions discordantes, quand on sait que l’Afrique du Sud s’est clairement prononcée en défaveur d’une intervention en dehors du cadre de l’ONU?

Il est clair que les motivations et les centres d’intérêts ne sont pas les mêmes pour tous les participants à ce sommet. Pendant que les grandes puissances croisent le fer dans des conflits d’intérêt et sont plus préoccupées par des questions géostratégiques, les Brics pensent à l’amélioration de leurs performances de croissance pendant que les pays du Tiers-monde, dont l’Afrique, sont assaillis par des problèmes domestiques de survie à la base et de mal gouvernance avec tous les maux y afférents.

Dans ce contexte, l’Afrique aura-t-elle son mot à dire? Ses préoccupations ont-elles une chance d’être prises en compte ? Le déplacement en valait-il alors la peine? Autant de questions que l’on se pose et qui amènent à penser qu’une fois de plus, l’Afrique risque de rater son rendez-vous avec l’Histoire, en manquant l’occasion de se faire bien entendre, d’autant plus qu’on a le sentiment qu’elle y est allée impréparée.

Quoi qu’il en soit, face à l’horreur et au martyr intolérables que fait subir Bachar à son peuple, il faut espérer au sortir de ce sommet, que la coalition la plus large possible recherchée par Obama et Hollande sera atteinte pour porter secours au peuple syrien.

JOE NPRA: Artiste chanteur, auteur, compositeur sénégalais

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