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SOMALIE: Un jeune réfugié somalien, future star de hip hop

Le chouchou de Choucha!

Saber, nom d’artiste «S’Joe» a un avenir tout tracé. «C’est très clair, je vais devenir célèbre», explique cette star en herbe, en ajoutant, «sans ma famille, mon rêve ne peut devenir réalité».

Agé de 17 ans, ce jeune réfugié est bloqué depuis un an au centre de transit de Choucha près de la frontière entre la Tunisie et la Libye. Il attend désormais avec impatience de savoir si les États-Unis, le pays du hip hop, l’accepteront pour une réinstallation. C’est un processus lent mais, en tant que mineur non accompagné, il est considéré par le HCR comme une personne particulièrement vulnérable.

Isabelle Misic, chargée de protection au HCR, a déclaré que les mineurs non accompagnés «sont confrontés non seulement à la difficulté de vivre dans un autre pays en tant qu’enfants, mais ils sont également menacés d’abus et d’exploitation en l’absence de leurs parents».

Le HCR suit de près la situation de ces enfants à Choucha et a appuyé la création de réseaux communautaires pour aider environ 100 mineurs non accompagnés qui se trouvent encore dans le camp, en plus d’assurer leur scolarisation, des activités sportives et récréatives via le Conseil danois pour les réfugiés.

Saber avait fui la guerre déchirant son pays natal, la Somalie, il y a 5 ans, rejoignant la Libye avant de fuir vers la Tunisie en mars 2011, après l’insurrection anti-gouvernementale qui a conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Il veut clairement sortir de Choucha.

Il a trouvé un mentor et professeur, en la personne d’un rappeur nigérien de 30 ans, «SD», qui lui a appris comment rapper et écrire des paroles. Pour commencer, ils ont dû utiliser un téléphone mobile pour télécharger de la musique de fond car ils n’avaient pas d’ordinateur qui leur permettrait de créer leur propre son.

«Nous recherchons des rythmes et ensuite on fait selon l’inspiration. Nous décrivons notre environnement en chanson», a expliqué SD.

Saber regarde aussi régulièrement MTV sur le poste de télévision d’un voisin pour trouver l’inspiration.

Tous les deux ont déjà créé plusieurs morceaux et leur répertoire comprend des titres comme «Larmes de douleur», «Cache mes limites», «Choucha Gospel» et «Ne t’en va pas», qui constitue un message pour ceux, à Choucha, qui pensent rentrer en Libye pour entreprendre la traversée périlleuse vers l’Europe.

Et mis à part l’ambition et l’optimisme, le hip hop aide aussi Saber pour son éducation. Il chante principalement en somalien, mais il sait que, pour conquérir son public, «il y a quelque chose qui manque – l’anglais». Alors il suit des cours d’anglais, car il veut ajouter une nouvelle corde à son arc pour le hip hop.

Parallèlement, deux choses lui pèsent, sa famille et sa réinstallation, avec l’examen en cours par les États-Unis pour sa demande de réinstallation. Avec l’aide du CICR (Comité International de la Croix-Rouge), il parle avec ses proches par téléphone tous les vendredis. Il espère qu’un jour, ils seront réunis dans un nouveau pays, où ils pourront tous poursuivre leurs rêves.

 

 

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