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SENEGAL: 9 «talibés» meurent dans un incendie à la Médina

Paix aux ames des victimes!

Le bilan de l’incendie qui s’est déclaré à la rue 19×6 de la Médina, dans la nuit du dimanche à lundi, est très lourd. Neuf corps sans vie dont 7 talibés ainsi qu’un brûlé grave y ont été dénombrés. Les victimes sont tous des enfants dont le plus âgé n’avait que 12 ans.

altLe grave incendie s’est déclaré vers 23 heures dans la baraque nichée entre de grands bâtiments en dur et qui comptait 11 chambres en plus d’un hangar où dormait la quarantaine de «talibés» dont les 7 qui sont passés de vie à trépas.

Y vivaient aussi deux familles d’origine guinéenne, des familles sénégalaises mais aussi un couple d’handicapés moteurs qui ont pu échapper aux flammes, grâce au courage des voisins. Au total, ils étaient entre 60 à 70 à se réveiller chaque jour dans cette maison de fortune.

Sur les circonstances de cette tragédie,d’aucun avancent que c’est une bougie allumée qui est à l’origine du drame, d’autres évoquent un encensoir. Le seul point qui fait l’unanimité, c’est l’endroit d’où sont parties les flammes: «de la chambre d’Alimatou Diallo. Elle avait allumé une bougie et laissé ses deux enfants, dont l’un était endormi, dans sa chambre pour aller à la boutique. C’est derrière elle que le feu s’est propagé on ne sait comment», explique Awa Sow.

Ses propos sont appuyés par son colocataire Abdoulaye Diène avec plus de détails: «Nous avons été réveillés par une subite montée de chaleur et les appels de détresse du fils d’Alimatou, Omar Samba qui criait le nom de sa soeur Mariama piégée par les flammes. Avec l’aide du vent, le feu s’est très vite propagé pour atteindre toutes les autres chambres. C’était la panique générale et il devenait très difficile de s’échapper surtout que la porte de la maison est étroite. N’eût été la prompte réaction des voisins, le bilan aurait été beaucoup plus lourd», indique-t-il d’un ton fatigué.

Un peu à l’écart de la foule de curieux venue découvrir l’ampleur des dégâts, un homme de teint clair, les bras croisés, reste étrangement calme. C’est le mari d’Alimatou, père de la petite Mariama restée dans les flammes et d’Omar Samba victime de graves blessures au niveau des deux bras, des oreilles et du nez. «C’est difficile de perdre son enfant dans d’aussi atroces conditions. Mais je m’en remets à Dieu. Au moment du drame j’étais encore à mon lieu de travail, je regrette de n’avoir pas été là pour la sauver», lâche-t-il d’une voix pleine de dignité. Si cet incendie a pris une telle ampleur, la configuration du quartier y est sans doute pour quelque chose.

Ici, les maisons sont tellement enchevêtrées qu’il serait même difficile pour une moto de s’y faufiler. Du coup, quand les sapeurs-pompiers ont été alertés à 23 heures 26 minutes, ils ont eu du mal à accéder au lieu du sinistre. Il leur a fallu casser un mur et enlever les grilles de protection d’une maison mitoyenne pour aboutir aux flammes.

«Le pompier s’adapte par rapport à la situation. Ce n’est pas parce que c’est difficile d’accès que nous allons croiser les bras, nous avons usé de nos capacités professionnelles pour aboutir aux flammes. Nous avons mobilisé beaucoup de moyens humains et beaucoup d’engins d’incendie. Le feu a été maîtrisé à 00 heures 38 mn», déclare le capitaine Bâ, commandant de la 11ème compagnie des Sapeurs-pompiers. Il confirme par ailleurs que le bilan est très lourd car 9 corps sans vie ont été sortis des décombres et un blessé grave enregistré.

Durant toute la journée, de nombreuses personnalités de la République sont venues au chevet des sinistrés pour les réconforter. La mairie de la Médina a pris sur elle de les reloger temporairement tandis que la Fondation «Servir le Sénégal» s’est signalée par l’apport de denrées alimentaires et autres accessoires au bénéfice des victimes, en attendant leur prise en charge annoncée par le porte-parole du gouvernement Abdou Latif Coulibaly.

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