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SAHARA: Découverte d’immenses réserves d’eaux souterraines dans le désert

De l’eau en lots et à flots?  

Le Sahara n’a pas encore fini de révéler ses secrets. Ses réserves d’eaux souterraines sont non négligeables. C’est ce que révèle une étude de scientifiques. Mieux, la nappe se recharge en dépit des faibles précipitations.

altContre toute attente, la nappe phréatique du Sahara se réalimente, selon une étude des chercheurs de l’Institut de Recherches pour le Développement (IRD), du Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) de l’Université Aix-Marseille. L’étude indique que, dans ce vaste désert, la nappe se réalimente en dépit des faibles précipitations.

«La réalité est autre: le système aquifère du Sahara septentrional, de son nom exact, serait aujourd’hui alimenté. La recharge de la nappe n’est pas nulle et a même pu être quantifiée dans une étude publiée dans Geophysical research letters», affirment les chercheurs dans un article publié dans “Sciences au Sud” d’avril-mai 2013.

L’équipe de recherche a donné plus de détails sur cette nappe qui a en moyenne 1,4 km3 par an, soit environ 2 mm par an sur une surface comparable à la superficie de la France. Les chercheurs, informe le Pr. Julio Gonçalvès de l’Université d’Aix-Marseille, ont fait recours aux modèles hydrogéologiques intégrant une nouvelle méthode par satellite mis en orbite en 2002, “Grace”, qui mesure les variations du champ de pesanteur terrestre.

Cela permet de déduire les variations de masse d’eau contenue dans les enveloppes superficielles. Ces données nous ont permis d’estimer les fluctuations du volume d’eau stockée sous le désert et de calculer la recharge des nappes», avance l’universitaire.

Cette quantité importante d’eau se trouvant à plusieurs centaines de mètres de profondeur, voire des milliers, était jusqu’ici considérée comme une ressource “fossile”, comme le pétrole ou le charbon. Cette ressource est surexploitée par des pays comme la Tunisie, l’Algérie et, dans une moindre mesure, par la Libye.

«Le système aquifère du Sahara septentrional est la principale ressource en eau des régions semi-arides de Tunisie, d’Algérie et d’une partie de Libye, pour lesquelles il fournit jusqu’à 90% de la demande», renseignent les scientifiques. Ils soutiennent également que la quantification de la recharge actuelle permettra l’optimisation d’outils de gestion raisonnée de cette ressource.

L’enjeu est de taille: ces nappes, d’après l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), devront pourvoir aux besoins croissants d’une population qui devrait atteindre 8 millions d’habitants, d’ici à 2030.

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