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MOUVEMENT DES AFRICAINS: Lettre ouverte au Président Wade!

Le Mouvement des Africains s’indigne des atermoiements politiques qui pourraient ramener le Sénégal, pays de noble et ancienne tradition démocratique, au rang des républiques bananières africaines de toujours.         
Nous saluons la maturité du Peuple sénégalais qui, en diverses circonstances ces dernières années, a su exprimer son opposition à travers des manifestations pacifiques  dans la rue pour dire son « non » aux manœuvres politiciennes et à toutes les tactiques dont la mise en application n’aboutirait qu’à retarder la marche du développement dans  lharmonie.  C’est pourquoi nous saluons aussi, avec hauteur et dignité, la mémoire de toutes les personnes tombées, hier comme aujourd’hui, au champ d’honneur de la démocratie, quels qu’en soient les détails.

La validation, Me Abdoulaye Wade, de votre candidature pour un 3è mandat effectif à la présidence de la République a suscité le désenchantement de la population et d’une partie de la communauté internationale.
Nous vous invitons, Monsieur  le Président de la République, à savoir raison garder. Nous avons tous en mémoire les appels que vous lanciez hier à la jeunesse du « Sopi » ; vos critiques éclairées contre l’incrustation au pouvoir ; vos promesses véhémentes de ne jamais altérer la constitution dans son droit et dans son essence. Nous en sommes aujourd’hui, Monsieur le Président, à l’heure de vérité ; l’heure où il ne s’agit plus d’habiller les mots de subterfuges si le résultat doit demeurer le même et, surtout, si ce que vous comptez faire rencontre l’opposition de votre peuple.    
Le Mouvement des Africains prend acte des faits que votre candidature a été validée et celle de la vedette Youssou Ndour rejetée. Le Conseil a peut-être dit le droit; à vous de dire la sagesse.        
Vous avez été un acteur majeur de la recherche d’une solution apaisée à la crise suscitée en Côte d’Ivoire par le refus, d’abord du général Robert Guei de se plier aux obligations démocratiques et par celui, ensuite de Laurent Gbagbo d’admettre une défaite. L’une et l’autre attitude vous ont trouvé debout pour réaffirmer que même en politique la raison ne saurait s’accommoder des morts évitables.
Au Sénégal, nous en sommes à trois morts alléguées aujourd’hui ou plus, du fait de votre persistance à aller au bout d’une aventure qui vous verra résolument perdant quels que soient les résultats de la présidentielle de fin février du fait d’une non-adhésion de votre propre peuple à cette ambition.         

Monsieur le Président, pensez à la Côte d’Ivoire et ménagez-vous une sortie digne de la scène politique. Aucune victoire, même à 90% des suffrages exprimés, ne vous vaudra les acclamations qui devraient vous accompagner vers un repos politique mérité. Il y a quelques mois, vous disiez au Colonel Kadhafi qu’il était temps de partir du pouvoir. Puisse Dieu vous illuminer à en faire de même car il est encore temps de vous ressaisir pour le bien du Sénégal, pour le bien de la démocratie africaine.


Gaoussou Ouattara,

Président du Mouvement des Africains

CAN 2012 (Ici Zambie): “Nous lutterons jusqu’au bout”

COSTA D’AVORIO: Cpi! Cpi! Urrà!