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Lutte au Sida: Anti-rétroviraux “made in Cameroun”

Pour 2010, le Cameroun dépensera quelque 490,9 millions CFA pour les soins des enfants et adultes malades du SIDA.

Face aux dépenses considérables consacrées à l’achat des médicaments pour soigner le SIDA, un nouvel espoir est venu de l’inauguration, à Douala, du laboratoire de la CINPHARM (Compagnie Industrielle Pharmaceutique), d’une valeur de 11 milliards CFA.

La CINPHARM fabriquera, dès juin, des médicaments génériques dont les anti-rétroviraux (ARV) 30 à 40%  moins chers (et d’égale qualité) que ceux actuellement sur le marché national.
Hilarion Fortuné Manga, président du RAPAIC (Réseau des Associations des Personnes Affectées ou Infectées par le Sida au Cameroun) explique:

«Le gouvernement ne subventionne que les anti-rétroviraux de 1ère ligne et de 2ème ligne. Les malades qui sont sous les couteux ARV de 3ème ligne doivent se prendre en charge eux-mêmes» mais ils seront également subventionnés dès qu’ils seront disponibles au laboratoire de la CINPHARM, a affirmé Dr Ibilié Abessouguié, secrétaire exécutif du CNLS (Comité National de Lutte contre le SIDA).

La fabrication des ARV de 3ème ligne soulagera les malades, leur évitant l’évacuation vers les pays développés.
En 2009, seuls 76.228 personnes étaient sous ARV sur un total de 164.070 infectés, soit 46,6% seulement des personnes qui étaient potentiellement dans le besoin de ce traitement, selon le CNLS.

Le RAIPAC exprime toutefois quelques inquiétudes par rapport aux ARV qui seront produits par la CINPHARM.
«Est-on vraiment sûr que ces génériques seront certifiés et de bonne qualité? En outre, est-ce certain qu’ils seront moins chers? Car si les comprimés sont fabriqués à 10 CFA par exemple et sont taxés à 20 CFA, ils reviendront chers. Donc, il faut accorder des facilités fiscales à cette compagnie», explique le président du RAIPAC.

Le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, a exprimé le soutien du gouvernement camerounais à cette initiative du CINPHARM. «Plus la chaîne de distribution des médicaments est courte, moins il y a des risques de trafics», avait-il déclaré à l’inauguration du laboratoire.

Mais les patients ont une autre inquiétude: la mise sous ARV nécessite au préalable la réalisation d’un bilan thérapeutique pour les malades, facturé à 3.000 CFA au patient à rembourser plus tard par le gouvernement.
Tous les patients n’ont pas toujours cette somme et il est même parfois demandé à certains de débourser 14.800 CFA au lieu de 3.000 CFA. Ce qui complique davantage la situation.

«Je ne sais pas pourquoi ils le font, mais nous avons reçu les plaintes de certains malades et nous avons déjà attiré l’attention des autorités là-dessus, et nous sommes en train de mener nos enquêtes», ajoute le président du RAIPAC, Hilarion Fortuné Manga.

Fodé B.

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