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AFRIQUE – FRANCE: François Hollande, une nouvelle relation avec le continent?

Vivement un virement!

François Hollande, élu président de la République Française face à Nicolas Sarkozy au second tour, changera-t-il la politique Africaine de la France? Pour cette question qui interpelle toute l’Afrique, une évidence semble se dégager. Faire bouger les choses ou continuer avec la “rupture” à la Sarkozy?


Comprendre ce que sera la politique Africaine de la France de l’Elysée, suggère avant tout de se pencher sur le passé africain de la France mais aussi, sur le marché qui consiste au soutien de la France dans les instances internationales en échange du maintien d’une influence économique, politique et diplomatique.
Les hommes d’Etat français, qu’ils soient de la droite ou de la gauche, ont tous suivi depuis les indépendances, la même politique dont le coeur de l’intérêt jusqu’ici a été motivé par l’approvisionnement énergétique de la France et la recherche de nouveaux débouchés pour son industrie.
Comment renoncer à comprendre lorsqu’on sait que les attentes du continent n’ont pas été satisfaites et que l’Afrique, aujourd’hui encore, continue d’en dénoncer les travers?

L’élection présidentielle française vue sous l’angle des perspectives futures des relations franco-africaines suscite de nombreuses questions sur l’ensemble du continent. Tout comme celle de 2007 entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royale, celle du dimanche 6 mai 2012 opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy a fait naîetre l’espoir d’une nouvelle politique africaine de l’Elysée. Si cette question retient autant d’attention, une question mérite d’être posée: pourquoi?

Trois ans après avoir promis l’avènement d’une relation nouvelle entre la France et ses partenaires africains, Nicolas Sarkozy, se retrouve pris au piège de l’opacité des relations de la Françafrique postcoloniale. Des réseaux qui oeuvrent pour la poursuite des relations privilégiées entre la France, le continent africain et les «vieux amis» du continent.
Très vite, il n’est plus question de “rupture” avec les anciennes colonies, mais de la préservation des amitiés et des secrets de la vieille Françafrique conduite par les professionnels de la diplomatie parallèle. Alors, l’avènement de François Hollande un nouvel espoir pour l’Afrique? Tout reste à voir.

Dès son arrivée au pouvoir, en 2007, le président français Nicolas Sarkozy s’était engagé à une refondation des relations franco-africaines qui a soulevé bien des espérances. Mais ces espoirs vont très vite s’envoler car la rupture annoncée à grand fracas ne suivra pas. La même politique présentant les mêmes similitudes que par le passé va être appliquée au détriment des intérêts des populations africaines et du développement de l’Afrique.
Des présidents contestés, restent en poste et bénéficient du soutien de Paris. La politique paternaliste basée sur des relations trop personnalisées avec des dirigeants africains et décriée par tous continue de plus belle. Les relations franco-africaines semblent alors dépendre de la qualité des relations personnelles entre les chefs d’État, les réseaux d’influences et les émissaires officieux. Nombre d’entre eux vont continuer à bénéficier du soutien et d’un silence complice de la France sur la gouvernance contestée des ces «vieux amis» à qui aucune démocratisation des régimes n’est jusqu’ici pas exigé.

Le discours polémique prononcé le 26 juillet 2007 par Nicolas sarkozy, dans l’amphithéâtre de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et vécu par les africains comme une gifle ne vient pas arranger les choses.
Au final, des dirigeants africains riches de nombreux milliards détournés à leurs peuples et gardés dans des banques Occidentales, des populations opprimées qui meurent de faim, de maladie et souffrent d’ignorance. Mais aussi des échanges toujours aussi déséquilibrés que faussés comme jadis.  Les interpellations africaines faites à la France restent légitimes. La France pour effacer le désamour croissant accentué sous Sarkozy devrait parler avec tout le monde et tenir un discours différent.

L’Afrique attend de François Hollande, une véritable rupture. Des relations franco-africaines plus transparentes construites dans le respect mutuel et des engagements pris. L’amélioration de rapports bilatéraux pourrait trouver des raisons dans le retour des Etats-Unis et l’offensive de la Chine en Afrique. Mais pourra-t-elle s’opérer en marge de la nébuleuse d’acteurs d’intérêts franco-africains soucieuse avant tout de ne rien changer au profit de leurs propres intérêts? Là est toute la question.

Tout semble donc tenir à l’influence de ces réseaux qui jusqu’ici semblent résister avec succès aux idées réformatrices et à laquelle aucun régime de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy n’a pu résister. Qu’en sera-t-il des nouvelles initiatives? On le saura assez tôt.

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