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STAFF BENDA BILILI: Nouvel album “Bouger le monde” et tournée internationale

Les paralympiens du groove congolais!

À base de rumba congolaise, la pop explosive de Staff Benda Bilili intègre plusieurs styles connus en Occident, sans compter une variété de rythmes nationaux. Atteints de poliomyélite, ces musiciens de Kinshasa ont fait leur petit bonhomme de chemin. Petit bonhomme de rue, en fait. Ces artistes handicapés en proviennent pour de vrai et s’en sont extirpés pour de vrai lorsque leur groupe a obtenu un premier tube en 2005.

altÀ l’aide d’instruments artisanaux, guitares et tambours bon marché, ils avaient créé la chanson On va voter à l’occasion des premières élections démocratiques au Congo. Cet immense succès de diffusion nationale leur a taillé une réputation au-delà de l’Afrique.
Réalisé par les documentaristes Florent de La Tullaye et Renaud Barret, un film leur fut ensuite consacré: Benda Bilili! Au cours de ce tournage, rappelle le profil biographique du groupe, on avait présenté les nouvelles stars congolaises à Vincent Kenis, à qui l’on doit l’excellente série Congotronics et le succès international du groupe Konono #1 – autre band de Kinshasa qui a fait boum sur les scènes du monde, bien au-delà des publics «naturels» de la musique africaine moderne. 

Associé à l’étiquette belge Crammed, haut cotée dans les oreilles alternatives depuis les années 80, Kenis a réalisé en 2009 “Très très fort”, premier album de Staff Benda Bilili qui valut à la formation le respect des tourneurs et programmateurs de festivals. Dans cette foulée, la formation s’est produite une première fois au Québec à l’été 2010.

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Créé dans le même esprit que le précédent, l’album “Bouger le monde” précède une nouvelle tournée internationale de Staff Benda Bilili.
«C’est une longue aventure! Nous avons encore beaucoup d’inspiration à la suite de nombreuses rencontres avec des artistes du monde entier. Nous avons été exposés à beaucoup de cultures, c’est pourquoi nous sommes encore plus forts aujourd’hui. Il renchérit, s’exclame: «Le groupe va très bien, le nouvel album est là. Tout est nouveau dans cet album! Nouvelles musiques, nouveaux messages, nouvelles rythmiques, nouveaux grooves. On va bouger le monde avec ça!», estime Montana Kinunu Ntunu, batteur de la formation joint en Belgique.

À base de la rumba congolaise, soit l’une des premières formes de musique populaire en Afrique moderne (très influencée par la rumba cubaine des années 40 et 50), la pop explosive de Staff Benda Bilili intègre plusieurs styles connus en Occident sans compter une variété de rythmes nationaux. Le dynamisme de ces musiciens handicapés et l’instrumentation atypique de leur formation ajoutent à la singularité de la facture.
«Nous sommes des enfants de la rumba congolaise, c’est notre identité première, corrobore Montana. Le mélange d’instruments artisanaux, d’instruments «normaux» et de musiques diverses à base de rumba congolaise, c’est le style de Staff Benda Bilili. Une sorte de rumba blues mélangée avec jazz, reggae, funk et genres populaires du Congo comme le zebola. Vous savez, nous pouvons compter sur une grande richesse culturelle au Congo: plus de 450 ethnies y produisent des styles très variés et qui sont exprimés dans plusieurs langues dont les langues officielles- lingala, swahili, français, kikongo, tshiluba».

Encore sur leur lancée, les membres de Staff Benda Bilili savourent encore la mutation spectaculaire de leur statut et, par voie de conséquence, de leurs conditions de vie: «La vie est bonne pour nous à Kinshasa. Chacun d’entre nous a sa maison et sa voiture, nos enfants vont à l’école, nos familles se portent bien. Nous sommes devenus des ambassadeurs de la culture congolaise, nous sommes enfin reconnus! Et la vie en général au pays, petit à petit s’améliore après tant d’années de souffrance. Nous avons maintenant des autoroutes, de nouvelles constructions. Dans 2 ou 3 ans, j’ai confiance que tout se soit calmé et que nous pourrons encore mieux reconstruire notre pays dans la paix, l’amour et l’unité. Pas question, donc de quitter Kinshasa. On serait foutus! La source de notre inspiration, c’est chez nous», soutient Montana.

Vient cette question difficile à éviter: le handicap physique dont les membres de Staff Benda Bilili sont affligés est-il devenu paradoxalement un facteur de leur succès?
«Non, tranche l’interviewé, ce n’est pas un avantage. Dieu a décidé de notre destinée et nous préférons voir les choses du bon côté: nous avons joué partout dans le monde, nous sommes heureux, ça continue. Nous serons de nouveau au Canada, je suis sûr que nous allons y mettre le feu! Ce n’est pas encore trop froid chez vous? On va chauffer quand même!»

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