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RWANDA – FRANCE: La visite de Paul Kagamé à Paris

Le chemin escarpé de la réconciliation.
L’homme mince de Kigali entend rebâtir une relation entre les deux pays, toujours marquée du sceau du contentieux autour du rôle joué par Paris avant et pendant les massacres d’environ un million de personnes. Il n’est un secret pour personne que la France est un pays que Kagamé excècre beaucoup et qu’il n’a cessé de vilipender, de combattre et de couvrir d’opprobres depuis qu’il est au pouvoir.

C’est ce qui explique qu’il ait “défrancophonisé” son pays au profit de la langue de Shakespeare ; ainsi, sous Kagamé, le Rwandais, qui était francophone, a progressivement abandonné cette langue, et on n’y parle plus que l’anglais à l’école tout comme dans l’Administration.

Pour mémoire, cette première visite de l’homme fort de Kigali répond à celle du président français, effectuée en février 2010 à Kigali. Au cours de sa tournée, on s’en souvient, le successeur de Jacques Chirac avait battu sa coulpe pour reconnaître, à la stupéfaction générale, une forme “d’aveuglement” de la France pour n’avoir pas vu la dimension génocidaire du régime hutu rwandais que Paris soutenait à l’époque ; des propos que Kagamé avait applaudis des deux mains. La venue du successeur de Juvenal Habyarimana à Paris est censée parachever cette réconciliation.

«Je suis venu pour parler du futur, pas du passé. J’ai demandé plus de commerces, plus de partenariats. Les Français sont libres de venir investir au Rwanda dans le tourisme, l’énergie, les infrastructures», a-t-il assuré.

Plus tôt, le matin, le président rwandais s’était fendu d’une visite à l’Institut français des relations internationales (IFRI) où il a été particulièrement question d’économie africaine.

«Le monde a changé», a déclaré Paul Kagame qui a évoqué la croissance économique en Afrique, celle des classes moyennes, et a appelé à de nouvelles relations avec l’Occident: plus de commerces et moins de dépendances à l’aide internationale. Moins de leçons de morale aussi. 

Pour une relation mutuellement bénéfique entre l’Europe et l’Afrique, il est vital que le monde développé commence à comprendre que le contexte des pays africains est différent et qu’il respecte les choix des peuples.. 

Le chef de l’Etat rwandais Paul Kagame s’est dit prêt à tourner la page des «différends du passé» entre son pays et la France, exprimant cette détermination au deuxième jour de sa visite controversée en France où il a été interpellé sur les droits de l’Homme. 

«En venant ici, nous regardons vers l’avenir plutôt que vers le passé, je suis ici pour construire l’avenir, pas le passé. Tous les sujets dont nous avons parlé ont été abordés dans le contexte de l’avenir. J’ai plaidé (auprès de Nicolas Sarkozy) pour plus de commerce, plus de partenariat», a martelé le président rwandais à l’issue d’un déjeuner avec son homologue au palais de l’Elysée.

Le président français n’a, lui, fait aucune déclaration à l’issue du déjeuner, mais l’Elysée a ensuite salué dans un communiqué cette rencontre comme “une nouvelle étape dans le processus de normalisation entre les deux pays”. 

Reste que ces déclarations se traduisent en acte pour réchauffer davantage les relations franco- rwandaises.

 

S. Mabiala

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