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R. D. CONGO – Gouvernement de transition – Samy Bandibanga est le nouveau Premier ministre

Dans le cadre des accords issus du dialogue politique, le président du groupe parlementaire UDPS et alliés a été nommé, sur décret présidentiel, par le président de la République qui a, une fois de plus, confirmé sa réputation d’homme imprévisible en matière de nomination, en portant son choix sur Samy Badibanga pour succéder à Matata Ponyo à la primature. 

 

Quarante-huit heures après son discours sur l’état de la nation, Joseph Kabila est passé à l’acte en confondant toutes les prédictions qui voyaient en Vital Kamerhe un virtuel Premier ministre. L’ordonnance présidentielle annonçant cette nomination lue à la télévision publique avait créé un effet de surprise dans la population. C’est à peine que le nom du président du groupe parlementaire UDPS et alliés était cité comme probable successeur de Matata Ponyo. 

Le nouveau promu, faut-il le rappeler, avait maille à partir avec ses collègues députés membres du groupe qui n’avaient pas apprécié sa participation au dialogue de la Cité de l’Union africaine, en violation de la consigne officielle de boycott prise de commun accord, a bien tiré son épingle du jeu. Ainsi, Samy Badibanga et le rapporteur adjoint Amy Ambatobe ont été déchus de leurs postes par des collègues qui les tenaient pour des traîtres. C’était sans compter avec l’obstination de ces derniers à demeurer en poste, envers et contre tout. Évoquant un vice de procédure tout en contestant la qualité des signataires de la déclaration le démettant, Samy Badibanga ne s’est pas laissé prendre au piège et son ardeur à participer au forum national n’a pas été du tout écorné. 

À la Cité de l’Union africaine, il a fait partie des leaders de l’opposition dont la présence avait suffit pour donner une caution de crédibilité à un forum qui était boudé par une large frange de l’opposition représentée par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. À l’entame des travaux, ses chances d’accéder au perchoir de la primature paraissaient bien minces, face à un Vital Kamerhe politiquement bien en place et à la tête d’un parti venant en ordre utile au Parlement en termes du nombre des députés. Le tournant a sans doute été la fin de non recevoir réservée aux dernières consultations menées par les évêques catholiques dans la perspective d’arracher l’adhésion du Rassemblement à l’accord politique issu du dialogue.

N’ayant pas réussi à piocher du côté du Rassemblement, ce qui allait entraîner un remue-ménage en hypothéquant certaines ambitions dans l’hypothèse d’un nouveau round de consultations entre cette frange de l’opposition et la majorité présidentielle en vue d’une harmonisation de vues susceptible de remettre en cause ce qui a été fait, Joseph Kabila a dû faire marche en arrière. Le refus d’Étienne Tshisekedi et de ses affidés à saisir la main tendue du chef de l’État a permis de remettre sur son piédestal l’accord issu du dialogue qui fait de la primature de la transition la chasse-gardée de l’opposition ayant pris part au dialogue. La perspective d’un deuxième dialogue inclusif étant écartée, il ne restait plus qu’à appliquer l’accord au grand désenchantement du Rassemblement laissé sur les carreaux.

Dans les rangs des “primaturables”, Samy Badibanga présentait un meilleur profil en plus du fait qu’il continue à se revendiquer de l’UDPS, le parti-phare du Rassemblement d’où pourtant il avait été exclu avec 33 autres députés élus à la suite des législatives contestées de novembre 2011, pour avoir accepté siéger à l’Assemblée nationale. Étant du centre, l’équilibre géopolitique a sans doute joué en sa faveur, notent des analystes pour qui Joseph Kabila avait tout intérêt à approcher, au nom de la cohésion nationale, un originaire du Kasaï dans la perspective de ramener dans son giron cette province réputée être à la solde du vieil opposant Étienne Tshisekedi.

«C’est un recadrage très important sur le plan de la géopolitique, avec un président de l’Est et un Premier ministre du centre», dixit un acteur politique. Et un autre d’ajouter: «Samy est resté très proche du président de son parti, sa nomination peut être considérée comme un nouvel appel du pied à Étienne Tshisekedi». Il croit que le nouveau promu pourrait être un pont entre les deux hommes que le nonce apostolique voudrait voir se rencontrer, avec Moise Katumbi. 

Qui est Samy Badibanga? 

 

Né en 1962, il est actuellement président du groupe parlementaire UDPS et alliés (opposition) à l’Assemblée et membre fondateur de l’IPDD (Initiative panafricaine pour la défense de la démocratie. Diplômé de l’Institut supérieur des sciences humaines de Genève en 1986, ensuite de l’école du Haut Conseil du Diamant d’Anvers (Hoge Raad voor Diamant) et de l’International Gemological Institute d’Anvers, Samy Badibanga est un ancien bras droit d’Étienne Tshisekedi. Il était membre d’honneur depuis 1994 de l’UDPS et est élu député en 2011, également conseiller spécial d’Étienne Tshisekedi de 2001 à 2009.

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