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MALI: La destruction des sanctuaires suscite une forte réprobation

C’est juste qu’agisse la justice!

Les islamistes radicaux qui occupent Tombouctou détruisent les sanctuaires, en représailles à la résolution adoptée par les Nations unies. Les derniers mausolées ont été détruits, dimanche 23 décembre.

altCes destructions sont intervenues 3 jours après que le Conseil de sécurité des Nations unies eut adopté à l’unanimité une résolution autorisant une intervention militaire internationale destinée à chasser les terroristes et les autres islamistes armés qui occupent le nord du Mali. Cela se produit “chaque fois que leurs actions envers les populations locales sont l’objet de critiques ou de condamnations de la part des institutions régionales ou internationales“, a-t-il ajouté.

Ansar al-Din, le mouvement dominant à Tombouctou, a détruit près de 333 mausolées, notamment 18 inscrits au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO, selon l’agence Sahara Media.

Les instances du patrimoine de l’humanité ont condamné les attaques de mardi, la directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova se disant “profondément choquée“. (Nous aussi on est tous choqués que… vous soyez choquée, mais vous n’agissez pas – ndlr)

Attay Ag Elweli, un jeune de Tombouctou, a expliqué que cette démolition avait été orchestrée par un homme se faisant appeler Abu al-Walid, commandant le groupe pour la Promotion de la vertu et la prévention du vice, historiquement connu sous le nom d’al-Hisbah, et qui avec son groupe, “s’en sont pris aux deux derniers mausolées dans le quartier de Sankore, à une troisième tombe proche du grand marché, et à une quatrième située dans le quartier de Sheikh Sayed Ahmed Bakaa. “

Sur le lien entre la démolition de ces sanctuaires et la résolution des Nations unies, Ag Elwelli a répondu: “La population locale avait déjà perçu ce lien lorsqu’Abu al-Walid avait répété, pendant qu’ils détruisaient les tombeaux, que personne d’autre que Dieu ne devait diriger la ville de Tombouctou.”

Mais al-Walid lui-même a tenté de justifier la destruction de ces tombeaux en déclarant à l’agence Sahara Media que son groupe islamiste ne connaissait pas ces mausolées auparavant.

Ces sanctuaires sont une manifestation d’incroyance et de sorcellerie, un lieu de prière et de bénédiction sans Dieu. Leur hauteur est trop importante par rapport au sol, et nous devons les supprimer“, a-t-il déclaré, se justifiant que son groupe a “confirmé la présence des dômes et des symboles de l’incroyance, et ils ont décidé de les aplanir pour les rendre similaires au reste des tombes des Musulmans, en réponse au commandement du Prophète, que la paix soit sur Lui.”

Mais le chercheur mauritanien Yahya Ould Sidi Ahmed, spécialiste de l’histoire et de la littérature du Sahara et du Soudan occidental, a expliqué que toutes les démolitions antérieures avaient eu lieu à la veille d’une décision ou d’une intervention militaire planifiée dans le nord du Mali.

Cela signifie que l’affaire est avant tout politique, à l’instar de ce qui s’est passé vendredi dernier à Gao. Le Mouvement pour l’unité et le djihad en Afrique de l’Ouest [MUJAO] y a amputé la main de plusieurs habitants“, a rappelé ce chercheur, qui  explique que ces sanctuaires dataient de l’époque de l’empire malien, qui s’étendait sur la région au XIVème siècle. “Les gens demandent seulement la bénédiction de leurs âmes. Cela ne saurait justifier la démolition ou la destruction de ces tombeaux“, a-t-il ajouté.

Quant à l’aspect religieux de cette affaire, l’érudit Ahmed Ould Ehel Daoud a expliqué que la destruction de ces tombeaux était “inacceptable. En tant que scientifiques et érudits, nous rejetons de tels actes et déclarons qu’ils ne sont pas légitimes au sens religieux, parce qu’il s’agit de tombeaux de savants de renom, que nous considérons être des martyrs de Dieu“, a-t-il souligné.

Ould Ehel Daoud, ancien conseiller au ministère mauritanien des Affaires religieuses et spécialiste de la lutte contre l’Islam radical, a ajouté : “La tombe d’une personne quelconque ne peut être démolie, parce que le respect lui est dû. Les tombes des hommes de science sont respectées par tous les Musulmans, et elles doivent être connues en soulignant leurs actes.”

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