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LIBYE: Qui est qui dans le nouveau gouvernement?

Deux ministères de taille aux ex-rebelles ayant combattu Kadhafi.

Le Gouvernement est composé essentiellement de technocrates, avec d’un côté des libéraux laïcs en grand nombre et de l’autre les islamistes qui sont en minorité.

Difficile de contenter tout le monde malgré l’assurance du Premier ministre Abdel Rahim al-Kib qui a affirmé que «toute la Libye» était «représentée dans ce gouvernement». Celui-ci compte 24 ministères et une soixantaine de secrétaires d’Etat.

Certains ministères ont été créés pour la première fois, comme le ministère des Martyrs, des blessés et des personnes disparues, ainsi que le ministère de la Société civile.

Coïncidence ou pas, le portefeuille de la Défense revient à Oussama al-Jouili, le chef de la brigade de la ville de Zenten qui a arrêté Seif al-Islam, la semaine dernière, le 19 novembre 2011 et où il est détenu.

L’autre ministère stratégique – celui de l’Intérieur – a été confié à Faouzi Abdelal, ex-rebelle de la ville de Misrata. Les combattants de Misrata se voient ainsi récompensés en retour de leurs efforts de guerre. Misrata est une des villes où les rebelles ont constitué les forces les plus nombreuses, les mieux organisées et les plus armées.

Les nouveaux ministres de la Défense et de l’Intérieur auront à faire face à des défis urgents: l’intégration des combattants dans une armée nationale ainsi que la récupération des quantités phénoménales d’armes en circulation.

Dans l’ensemble, les libéraux laïcs dominent la nouvelle équipe ; les islamistes sont, quant à eux, en minorité. Les femmes le sont aussi. Deux femmes occupent deux des 24 ministères. Mabrouka al-Chérif Jibril est ministre des Affaires sociales et Fatma al-Hamrouch est ministre de la Santé.

C’est un technocrate qui hérite du portefeuille convoité des hydrocarbures. Abdelrahmane ben Yazza, ancien responsable de la compagnie pétrolière italienne ENI, se voit confier le portefeuille crucial du Pétrole et du Gaz. Et c’est un autre spécialiste du pétrole, Hassan Zoglem, qui obtient le portefeuille des Finances.

Le ministère des Affaires étrangères revient à un inconnu, Achour Ben Khayal, ancien ambassadeur du régime libyen au Canada, avant de rallier l’opposition, en exil, dans les années 2000.

A côté des technocrates, il y a l’avocat Fethi Tarbel. Il hérite du portefeuille de la Jeunesse et des Sports. On se souvient que l’arrestation de Tarbel, l’avocat des familles des victimes du massacre de la prison d’Abu Salim en 1996, avait été l’étincelle de l’insurrection en février. Sa détention provisoire, le 15 février 2011, avait déclenché une insurrection populaire à Benghazi, dans l’est de la Libye, qui s’était ensuite étendue au reste du pays.

Le nouveau gouvernement aura pour mission de préparer des élections constituantes dans un délai de 8 mois maximum, suivies d’élections générales, un an plus tard.

Au lendemain de l’annonce du nouveau gouvernement, des tribus libyennes ont protesté, affichant leur intention de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement.

Les Amazighs ou Berbères ont dénoncé leur «marginalisation», estimant avoir été exclus des ministères importants. Ils représentent un peu moins de 10% de la population et ils ont joué un rôle important face aux hommes de Kadhafi dans le Djebel Nefoussa, dans le sud-ouest du pays.

Les Berbères demandent un ministre ou vice-ministre supplémentaire.

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