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LIBERTE DE PRESSE: Journée mondiale – Le journalisme serait le pire des jobs!

La presse sous la presse? 

Selon le classement 2013 publié par le site américain Careercast, le pire des jobs n’est ni plus ni moins que le journalisme.

altNe riez pas, c’est sérieux! Pour réaliser ce classement, Careercast a évalué différents facteurs comme le salaire, l’effort physique fourni, le stress occasionné, l’environnement de travail ainsi que les perspectives professionnelles. Et le verdict est sans appel: il n’y a pas pire métier que celui de journaliste. La profession de journaliste arrive, en effet, à la toute dernière place de ce classement, qui répertorie pas moins de 200 métiers différents.

En cause, les heures de travail, qui ne cessent d’augmenter, un environnement de travail stressant et un salaire qui n’est pas à la hauteur du sacrifice demandé. Mais c’est surtout le manque de perspectives d’avenir et la difficulté à trouver du travail qui en font le pire métier cette année.

Il y a sans doute du vrai dans ce who’s who des jobs les plus «chiants» au monde. Et on ne peut s’empêcher d’y penser en cette journée mondiale de la liberté de la presse, commémorée le 3 mai de chaque année.

Non seulement le métier n’est pas particulièrement gratifiant, mais en plus il est dangereux, dans la mesure où ses risques professionnels sont des plus redoutables: la prison, dans le meilleur des cas, ou l’assassinat pur et simple, dans le pire des cas.

La liberté étant une quête perpétuelle même dans les pays les plus développés, chaque jour que Dieu fait, de nouveaux espaces se conquièrent, même si de nombreux points noirs continuent d’assombrir le tableau comme le fait ressortir le Classement mondial de la liberté de la presse 2013 de “Reporters Sans Frontières”.

Selon ce rapport, difficile de faire pire que les régimes totalitaires comme ceux de la Corée du Nord et de l’Erythrée même si certaines organisations mènent également ce bal macabre.

S’agissant particulièrement de l’Afrique, on ne peut que se réjouir de la récente libération de notre confrère malien du journal Le Républicain Boukary Daou, embastillé pour avoir publié une lettre ouverte anti- Sanogo, et du bon classement de certains pays africains comme la Namibie (19e), le Cap-Vert (25e) et le Ghana (30e).

Mais pour un élargi combien croupissent encore dans les geôles de l’Erythrée (NLDR : qui tient la dernière place de ce classement pour la sixième année consécutive avec près d’une trentaine de journalistes emprisonnés) de l’Ethiopie, du Burundi ou encore du Zimbabwe?

L’Afrique de l’Est se révèle être un véritable cimetière pour les journalistes, avec en tête la Somalie où, tenez-vous bien, 18 hommes et femmes de média ont été tués en 2012, et les prédateurs africains de la liberté de la presse sont Yahya Jammeh (Gambie), le roi Mswati III (Swaziland), Paul Kagamé (Rwanda), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), Issaias Afeworki (Érythrée) et Ismaël Omar Guelleh (Djibouti).

Même au Burkina Faso, classé 46e sur 179 sur l’échelle Richter de la liberté de la presse, on ne peut pas ne pas se rappeler que le directeur de publication de L’Ouragan, Issa Lohé Konaté, convaincu de diffamation sur la personne du procureur du Faso Placide Nikièma, est toujours détenu à la MACO. Lors de la récente audience que leur confrère de Premier ministre leur a accordée le 18 avril dernier, les membres de la Société des Editeurs de la Presse Privée (SEP) n’ont pas manqué de revenir sur le cas du détenu.

L’occasion de reposer une fois de plus le problème de la dépénalisation des délits de presse, entendue au sens de la suppression des peines privatives de liberté des journalistes pour des fautes commises dans l’exercice de leur fonction.

Hélas! Le sujet, qui est sur le tapis depuis maintenant quelques années, n’a encore pas abouti, certains freinant des quatre fers pour ne pas, disent-ils, faire des journalistes des justiciables à part.

Il faut dire que la liberté ne va jamais sans son pendant de responsabilité, à laquelle fait d’ailleurs référence le thème national de la journée mondiale de la liberté de la presse 2013 :

«Du droit de dire à la responsabilité sociale du journaliste !» même si la sacro-sainte responsabilité sociale est un argument facile trop souvent brandi par les empêcheurs de tourner rond.

Une chose est sûre, on ne cessera jamais de célébrer cette journée tant que des journalistes seront au frais ou boucanés.

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