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ISIS: La menace djihadiste plane sur l’Italie et l’Afrique

Isis is crisis?   

Il y a encore 4 ans, l’Afrique Centrale dormait tranquille et suivait sur les écrans de télévision les sanglantes attaques menées par des groupes intégristes au Kenya ou en Somalie. Autant dire au loin! Les images de l’avancée d’un nouveau mouvement en Irak, l’Etat Islamique, brutal et impitoyable pour les chrétiens et les minorités, donnaient l’impression d’être circonscrites à des pays sans commune mesure avec l’exubérante Afrique Centrale, toute à ses propres préoccupations de lutte pour le quotidien. Pour l’Irak surtout, l’opinion était unanime à soutenir que ce pays payait l’interventionnisme américain, venu pour labourer le sol à coup de bombes, à la recherche de Saddam Hussein et/ou de ses hypothétiques armes de destruction massive. De l’histoire ancienne, en somme! 

altPratiquement au cœur de l’Afrique Centrale qui ne s’était nullement préoccupée de terrorisme jusqu’ici, les éruptions de la nouvelle fièvre se font de moins en moins urticantes, de plus en plus purulentes. Si tous les leaders en Centrafrique se sont employés à ce jour à repousser l’idée que les violences qui ont éventré ce pays, il y a 2 ans, sont de nature confessionnelle, la réalité impose de reconnaître qu’à quelques kilomètres au sud de Bangui, les Séléka ont représenté une nouveauté. Et leur contrepartie, les Anti-Balakas, leur ombre chinoise portée. Les uns et les autres venaient camper l’image d’une Centrafrique musulmane et d’une Centrafrique chrétienne jusque-là insoupçonnée!

La nébuleuse djihadiste semble aujourd’hui se concrétiser et ne plus laisser la place au doute. De la Corne de l’Afrique à l’Afrique Centrale; de l’Afrique de l’Ouest aux bords de la Méditerranée, il s’agit de faire le constat et de se préparer à la riposte même de la part des Etats de la CEAAC (Communauté économique des Etats d’Afrique Centrale) «qui ne sont pas encore touchés», a insisté le président Idriss Deby, il y a une semaine à Yaoundé. A ses côtés, le président tchadien avait ses homologues Paul Biya, hôte camerounais d’un sommet exceptionnel, Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Equatoriale), Ali Bongo Ondimba (Gabon) et Catherine Samba Panza (Centrafrique). Preuve de la gravité de l’instant, la République démocratique du Congo, Sao Tome, le Burundi et l’Angola ont envoyé des délégations à Yaoundé, quoique ne faisant pas partie de la CEAAC.

Tous ont pris la mesure du danger que représente à leurs flancs ou dans une bonne portion de leurs territoires, déjà, le groupe extrémiste Boko Haram. Né en 2009 au nord du Nigeria, le mouvement djihadiste qui prône un islam sans concession, affiche un bilan négativement impressionnant: 13.000 morts, 1,5 millions de déplacés (150.000 au Niger, 40.000 au Cameroun et 17.000 au Tchad). Au Nigéria où son nom est désormais synonyme de terreur, il occupe une partie ou la presque totalité des 3 Etats fédérés du Nord du pays autour de la grande métropole de Maiduguri, son fief, dans l’Etat du Borno.

La zone qu’il contrôle est aujourd’hui aussi vaste que le Congo et la République centrafricaine jumelés. Un territoire appelé à croître puisque le mouvement veut restaurer sa « juridiction » sur les contours de l’ancien califat de Sokoto (19è siècle) à l’extrême nord, frontalier du Niger (où le mouvement a déjà posé pied). « Il nous faut éradiquer Boko Haram », a martelé le président Biya lundi 16 février à la Conférence de l’Afrique centrale à Yaoundé. Car de nébuleuse, le mouvement devient une réelle métastase pour reprendre une image médicale.

Plus de 200 jeunes lycéennes nigérianes enlevées, depuis près d’un an, pour les offrir en mariage à des guerriers; des villages saccagés; des villes tenues sous le feu et la férule des islamistes: Boko Haram a réussi le tour de force de donner l’impression que l’islam n’est que cela. D’autant que, dans le même temps où il attaque les postes de police, les casernes militaires et les stations de bus symboles, si l’on veut de l’autorité, le mouvement s’attaque aussi aux édifices musulmans et aux personnalités islamiques de premier plan.

Le 28 novembre 2014, la grande mosquée de Kano, plus grande ville au nord du Nigéria et poumon spirituel du pays, a été soufflée par une attaque géante de Boko Haram: 120 morts, 270 blessés. Mais la cible visée, c’était le sultan, Mohammed Sanusi II, 2ème plus importante personnalité de l’Islam nigérian, heureusement absent de la cérémonie (la grande prière du vendredi) ce jour-là.

Et l’Afrique Centrale? «Il nous faut éradiquer Boko Haram»: la ferme volonté du président Biya a vite fait de quitter, au vu de la réalité, le champ des simples incantations. Le journal Les Coulisses paraissant dans des conditions héroïques à Béni, en RD Congo (et imprimé en Ouganda), n’a aucun doute: la menace djihadiste est déjà une réalité dans le Nord-Kivu, «une réalité incontestable et un dangerLe Ruwenzori puis Beni se sont islamisés entre 2003 et 2006. Butembo puis Goma ont suivi pour enfin voir le Nord-Kivu se “djihadiser”, sous les coups de boutoir des ADF-Nalu, mouvement intégriste musulman basé en Ouganda».

 

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