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DIYE NDIAYE: Interview à la Présidente de la Coordination de la FASI (Fédération des Associations Sénégalaises en Italie)

La FASI en de bonnes mains!

Présidente de la Commission promotrice de la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie (FASI), officiellement baptisée, lors des “Trois Journées” (13-15 décembre 2013), à Firenze. Honneur et fierté pour cette sœur africaine, choisie par ses compatriotes de la Diaspora sénégalaise, dans cette seconde patrie qui nous accueille.

Diye Ndiaye est la promaltotrice et coordinatrice de la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie (FASI): le réseau qui relève le défi de rassembler et de valoriser les immenses potentialités de la Diaspora sénégalaise. 

Les Sénégalais d’Italie ont assis leur réseau de coordination. En effet, (Africa Nouvelles – janvier 2014), du 12 au 14 décembre, à Firenze, se sont déroulées les “Trois Journées” qui ont  officialisé la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie (FASI). A l’occasion, a été constitué le Bureau de Coordination, à la présidence duquel a été élue Diye Ndiaye ainsi que 4 Responsables de Commissions.  
La FASI est la première fédération d’immigrés africains dont la constitution a été précédée par une minutieuse étude de faisabilité: une méthode scientifique appliquée propédeutique, qui lui assure une fondation solide, élément essentiel
qui a malheureusement fait défaut à tant d’autres tentatives d’agrégation du genre, ayant connu moins de fortunes, voire de cuisants fiascos.
alt Nous voulons reconnaitre le grand mérite de l’intuition et de l’engagement de notre sœur Diye Ndiaye, qui, avec ses compatriotes, ont œuvré à l’aboutissement de ce projet qui, comme un train qui s’est ébranlé, a l’ambition, à ses diverses étapes, d’y faire monter et prendre place tous les frères de la Diaspora Sénégalaise en Italie, désireux de “pagayer” dans la même direction tracée, pour assurer la prospérité de leur communauté en Italie et leur précieuse contribution au développement de leur pays, le Sénégal.  
Cette méthode de l’étude de faisabilité devrait être un exemple à émuler, de la part des autres communautés africaines en I
talie, pour asseoir, elles aussi, les fédérations de leurs associations, comme agrégations effectives, fondées sur des bases solides, fonctionnantes et performantes au niveau national italien.
Votre journal
Africa Nouvelles a rencontré Diye Ndiaye, qui a brillamment illustré le laborieux (et ajouterons-nous “génial”) parcours qui a abouti à la naissance de la FASI (Fédération des Associations Sénégalaises en Italie.

Quel est le parcours qui a porté à la création de la FASI? 

Le parcours qui a porté à la création de la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie (F.A.S.I.) a été long et très élaboré.  La naissante coordination a pu se faire notamment grâce à une idée de CASTO (Coordination des Associations des Sénégalais de la Toscane) appuyée par l’Ong COSPE, dans le cadre de l’initiative “Fondazioni4Africa-Sénégal”.
Ainsi, L’étude de faisabilité est née après 4 ans, à l’intérieur d’un projet qui a duré 5 ans, intitulé «Fondazioni4Africa/Senegal» (Fondations 4 Afrique/Sénégal).  
Les deux  premières années,  avec l’Ong COSPE, on s’est focalisé sur l’accompagnement et la formation des  associations sénégalaises, en Toscane (CASTO, Association des Sénégalais de Poggibonsi) et Emilie Romagne (Association Sénégalaise Insieme de Faenza  et la Communauté Sénégalaise de Parma).
C’est à la 4ème et dernière année du projet que nous avons réfléchi sur l’utilité du réseau et avons créé un projet qui puisse porter à un résultat qui nous reste comme  héritage.

Quels sont les objectifs visés par  le projet de la FASI?

Les objectifs étaient de réaliser un Réseau des Associations Sénégalaises au niveau national, mais partant d’une étude de faisabilité.  Car il y a 20 ans, il y a déjà eu une  tentative de créer le CASI (Coordination des Associations Sénégalaise en Italie) qui, pour diverses raisons n’a pas marché comme on le souhaitait.  
Forts de cette expérience passée, on a pensé prendre le temps nécessaire à faire les choses, d’où l’étude spécifique, qui est partie avec des objectifs ciblés:
●  réalisation de l’étude partant  de l’écoute directe des principaux intéressés, avec les instruments de relevés participés;
●  création d’un comité d’orientation capable de fournir des lignes directrices de gouvernance;
●  organisation de deux workshops du comité scientifique (21/22 juin et 9/10 novembre 2013)
●  présentation publique de la proposition de coordination à l’assemblée;
●  publication de l’idée du réseau.

Qui sont les destinataires du projet de la FASI?

Les destinataires du projet  sont toutes les Associations Sénégalaises présentes au niveau national: organismes locaux, institutions telles que l’Ambassade à Rome, les divers consulats, les travailleurs professionnels, les commerçants…
Dans les 20 régions d’Italie, on a réussi à interviewer 55 associations dans 18 régions, exceptées la Basilicate et le Molise, où il n’y a pas une grande présence de Sénégalais.
L’objectif de départ était de trouver, dans chaque région, au moins 3 types d’associations: une au niveau régional, une au niveau provincial et une au niveau communal.  Cette distinction n’a pas a été possible dans certaines régions, mais néanmoins partout 3 associations ont de toute façon été assurées.  Certaines régions comptaient plus d’associations.

Quelle a été la méthodologie appliquée?

Des questionnaires ont été réalisés et l’enquête pour l’étude de faisabilité a été menée auprès des associations et des témoins privilégiés.
Les interviews ont été faites par la Coordination CASTO qui y a destiné 6 personnes: 5 aux associations et 1 aux témoins privilégiés.
Pour les premières, l’enquête  a été faite généralement au téléphone tandis que pour les seconds, ça a été des entretiens en personne.
Au total, il y a donc eu 55 interviews des associations et 11 des  témoins privilégiés pour lesquels il en était prévues 15 au départ.

Et quels ont été les résultats de l’enquête?

Les résultats de l’enquête ont été les suivants:
● Toutes les associations sont composées de membres exclusivement sénégalais sauf 5 qui sont mixtes;  
●  4 associations sont en  prévalence féminines (plus de femmes que d’hommes) dont deux exclusivement féminines;
●  Le fait que les 55 associations soient en prévalence masculines reflète la typologie de l’immigration en Italie, qui est en majorité faite par les hommes.  
Les femmes d’habitude font partie de l’association de leurs maris. C’est maintenant que peu à peu, sont en train d’émerger les associations féminines.
● Toutes les structures  que nous avons interviewées sont juridiquement constituées: elles ont un statut et sont toutes enregistrées.
La nature juridique est sans but lucratif et la coopération sociale confirme la base de volontariat qui a précédé leur formation.
● Au niveau des agrégations, on compte les trois majeures fédérations sénégalaises existantes (FASNI, FAST Triveneto et CASTO).
Au total on a interviewé 42 présidents, 5 vice-présidents, 7 secrétaires généraux et 1 responsable économique.

Quels critères ont été relevés pour le recensement des associations?

L’étude de faisabilité de la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie a tenu compte de divers critères tels que:
●  l’âge des membres;
●  les dimensions du point de vue des effectifs;
●  l’année de création;
●  les activités menées;

Qu’est-ce qui est ressorti de ces analyses?

L’âge est un critère important parce qu’il fait comprendre la durée de l’association et l’éventuelle évolution générationnelle.  Contrairement aux stéréotypes selon lesquels les associations  des immigrés ont un leader fixe depuis leur création, ces réalités ont au contraire fait comprendre qu’il y a eu des changements.
Par exemple, une association qui a 30 ans d’activités et se retrouve avec un figure de 40 ans, témoigne le fait qu’il y a eu un changement.

Quelles sont en grandes lignes les dimensions des associations sénégalaises en Italie?

En ce qui concerne les dimensions des effectifs des membres, on a recensé :
● 31 associations de  100 à  500 associés;
● 3 associations de 3000 à  7000 associés: il s’agit notamment des fédérations  vu qu’elles réunissent plusieurs associations en leur sein.

Et en ce qui concerne les années d’activités des associations?

Les années d’activités font comprendre la présence de la communauté sénégalaise en Italie:
● 29 associations ont été créées dans la dernière décennie, ce qui  dénote un système associatif plutôt jeune;
● 7 associations ont été créé il y a entre 20 et 30 ans: elles reflètent les premières vagues d’immigration vers l’Italie;  
● la plus vieille des associations  date de 1986.

Quelle est enfin la géographie des activités des associations recensées au sein de la FASI?

Les activités des associations sont de caractère gestionnaire, d’assistance, culturel, récréatif et de  coopération.  
Certaines associations soutiennent faire coopération, en se basant seulement sur le fait de  récolter les fonds et de les envoyer au Sénégal, mais, selon ma conception, la coopération va outre: c’est travailler et participer directement aux processus.

Quel jugement peut-on donner sur  la perception du réseau? 

On dénote une substantielle hétérogénéité entre les associations et une forte dynamique dans la perception de l’utilité du réseau.
Les points qui ont émergé ont été:  l’opportunité pour améliorer la communication entre les  associations, la possibilité d’un renforcement des liens entre les associations, la nature d’instrument de représentation institutionnelle au niveau national et international, outre à être une structure de soutien aux associations locales ainsi qu’une occasion pour favoriser une amélioration des modalités de travail des associations et favoriser la participation à des projets nationaux et internationaux.

Un projet aussi ambitieux doit se confronter à des difficultés…

Les difficultés que peut avoir le réseau sont dues à la distance physique entre les membres.  En effet, la première phase a bénéficié des ressources mises à disposition par les 4 fondations.  
Cela a aidé les rencontres, permettant de travailler de personne à personne. Le problème est comment soutenir ces distances.
Pourraient surgir des problèmes  de communication interne à la coordination, l’éventuelle émersion  de personnalismes, de situations d’incompétence, éventuel manque de ressources non seulement économiques financières mais aussi humaines et structurelles, ce qu’on peut dire avoir surmonté puisqu’il y a eu tous les représentants des associations, qui ont montré leur fervente volonté et détermination.
Le manque de transparence et de démocratie de la gestion interne de la coordination est un aspect sur lequel nous travaillons et qui nous passionne car ça nous rappelle les faits  du passé.  
Il y a aussi les possibles contrastes créés par des divergences de pensées, dues à des différences générationnelles qui existent entre les membres, dans  un éventuel processus de politisation de la coordination.
Il est intéressant de souligner les divergences de vue qui ont été soulevées sur un thème aussi délicat qu’important comme le fait d’avoir fait participer au réseau les associations religieuses aussi. Il y a eu une fracture nette entre les favorables (28) et les contraires (21) à cette idée d’ouverture.
On pourrait se poser la question de savoir pourquoi avoir introduit cette perspective vu que les «dahiras», les  associations religieuses, ont un impact très important pour le Sénégal et la communauté sénégalaise.
Le choix a été dû au fait que, vu qu’on parlait de quelque chose qui est à peine née, c’est important de partir avec les idées claires, dans le sens que la Fédération des Associations Sénégalaises en Italie (F.A.S.I.) est une structure laïque, où tous peuvent être représentés, mais c’est une agrégation associative où les idées doivent être  libres, où chacun peut exprimer son opinion, sans le poids et le frein de l’hypocrisie de penser qu’il vexe quelqu’un. C’est ce qui nous fera grandir et donnera force à la coordination.

Comment a été menée l’enquête de l’étude de faisabilité? 

L’enquête a eu comme protagonistes des témoins privilégiés.  Nous avons interviewé 11.
Nous avons eu l’honneur de parler avec Son Excellence l’Ambassadeur du Sénégal en Italie, Mme Seynabou Badiane, qui nous a reçus dans son bureau et nous a écoutés. Nous lui avons illustré le programme du réseau.  
La première chose que nous a dit Son Excellence, c’est qu’elle était contente de cette approche scientifique du programme de la FASI.
Et elle nous a rappelé qu’on était dans la maison où tous pouvaient venir et que le conseil qu’elle pouvait nous donner était de faire en sorte que tous se joignent à nous, de procéder avec sérénité et expliquer à tous ce dont il s’agit. Elle a ajouté que sa porte serait toujours ouverte parce que nous sommes en train de parler du Sénégal. Et quand nous sommes sortis de là, nous étions encore  plus motivés et nous sommes retournés encore plus convaincus.  
La même chose s’est passée également chez le Consul général, M. Kouyaté, une figure très forte qui a apporté des modifications. Pour la première fois, il a réussi à nous faire comprendre les difficultés qui peuvent naitre, que nous trouverons sur le parcours  pour la naissance de ce réseau des Sénégalais.
Mais il nous a aussi donné des instruments, nous invitant à approcher les fédérations majeures existantes et réfléchir ensemble.
Nous avons interviewé aussi le Consul honoraire du Sénégal à Florence, Eraldo Stefani, les assesseurs et ex assesseurs et aussi notamment un commerçant italien converti à l’Islam, Salim Mbacké, (qui a été inséré dans la liste parce que, outre à connaitre la culture sénégalaise et à fréquenter les Sénégalais, il pouvait ajouter un input majeur) ainsi que le représentant de la Chambre de Commerce Italie – Sénégal.
En ce qui concerne les fondations, à la place des interviews, nous avons demandé au Projet Manager, Marzia Sica, de faire une introduction de manière à laisser, elles aussi, leur trace.
Comme l’a souligné par exemple le Consul Stefani, la coordination doit avoir un rapport privilégié avec la Présidence de la République, le Gouvernement, les Régions, les Maires ainsi que les Chefs des villages et des Communautés du Sénégal. Dans la coordination, il doit y avoir des Sénégalais ayant à cœur le désir de coopération, choix important pour qu’ils soient motivés à faire avancer ces initiatives.
Tous les interviewés ont démontré que les temps étaient murs et ont manifesté le fervent désir d’accompagner la structure. 

Comment est structuré le Bureau de la FASI?

Actuellement, le Bureau de la Coordination de FASI est composé d’une Comité promoteur installé jusqu’au 30 septembre 2014, moment où, à travers une Assemblée constituante naitra l’Association Nationale qui formalisera le premier Réseau National des Associations des Sénégalais en Italie.
Le statut du Comité, signé le 13 décembre 2013 par 13 associations sénégalaises locales, régionales et sous-régionales, prévoit un Conseil Directeur composé de 5 personnes déléguées par l’Assemblée.
Les rôles définis sont la Présidence et 4 Commissions.

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