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BURKINA FASO: Quand les prostituées font la «brigade mobile» à Ouagadougou

Prostitution en substitution… au trottoir!

A Ouagadougou, les prostituées ont développé une nouvelle stratégie de racolage dénommée «la brigade mobile». Il n’est donc pas rare de voir, à des heures tardives, dans les artères de la capitale burkinabè, des jeunes filles, aux tenues suggestives, errer sur leurs motos, sans but précis sinon aguicher les usagers et rallier les points chauds de la ville.

altIl y a quelques temps, la prostitution avait pignon sur rue dans certains quartiers de Ouagadougou comme Koulouba et Dapoya, où la concentration de maquis est l’une des plus fortes de la ville. Il fallait donc s’y rendre pour voir ces filles alignées au bord de la route, attendant un éventuel client.

Aujourd’hui, plus besoin de se rendre nécessairement dans ces quartiers pour «rencontrer» les prostituées. Ce sont elles qui viennent à vous. En effet, depuis quelques temps, les prostituées, paradent dans la capitale sur leurs motos à partir de minuit à la recherche de «clients» d’où le nom «brigade mobile» qui fait allusion au fait qu’elles sillonnent la ville comme la patrouille des forces de l’ordre.

Selon une jeune prostituée surnommée Dalia, rencontrée dans une boite de nuit et qui a accepter s’exprimer moyennant quelques bouteilles d’alcool, faire la «brigade mobile» est doublement bénéfique. Non seulement, elle ne se fait plus embarquée par la police au cours des rafles, mais elle dit prendre les choses en main en allant d’une boite de nuit à une autre plus facilement avec sa moto, à la quête de « clients ».

« Quand j’ai commencé ce métier, il y a 7 ans, je m’arrêtais au bord de la route comme les autres filles. C’est vrai que les clients nous y retrouvaient mais on était beaucoup emmerdés par les passants et quelques fois par les habitants du quartier Dapoya, où on se trouvait. Sans oublier qu’il fallait aussi se disputer les clients avec les autres filles et on risquait chaque fois d’être raflée par la police. Malgré tout, on faisait avec et on s’en sortait un peu. Mais, depuis quelques mois les clients ne viennent plus comme avant. Il préfère rester dans les boites, les maquis et autres coins chauds. C’est ainsi que nous avons commencé à aller à leur dans ces coins pour se faire remarquer. On s’est alors aperçu que beaucoup de gens nous accostait en pleine circulation. C’est ainsi que le phénomène s’est répandu et beaucoup de filles font la «brigade mobile», explique la travailleuse du sexe.

Pour sa camarade, qui dit se prénommée Jolie, il fallait se conformer à la nouvelle génération de jeune. « Ils n’aiment pas venir dans les quartiers où les filles sont alignées. Ils se contentent de faire le tour des boites de nuit et d’accoster les filles en circulation. Nous jouons à leur jeu et ca marche bien car beaucoup de gens nous interpelle dans nos virées nocturnes et souvent nous font des propositions inespérées« , explique-t-elle.

«Quant les gens venaient nous voir au quartier, sachant que la passe se négocie entre 3000 et 5000 F CFA, ils nous donnaient juste le minimum. Mais avec ceux que nous amenons à nous accoster en roulant sur nos motos à travers la ville et qui ignorent souvent que nous sommes des prostituées, ils nous font de fortes propositions qu’on s’empresse d’accepter d’ailleurs. Ce qui nous permet de gagner mieux et de passer en plus d’agréables soirées dans des lieux huppés contrairement à celles ennuyeuses au bord des trottoirs», poursuit-elle dans un fou rire.

«Ce qui me plait le plus dans la «brigade mobile» c’est que les policiers qui patrouillent dans la ville ne peuvent rien contre nous. Plus de rafle ! S’ils nous voient sur nos motos en tenue affriolantes, on leur dit qu’on va en boite ou qu’on en revient et le tour est joué. Ils se doutent qu’on fait du racolage mais comment le prouver. Ils nous laissent alors et nous prient souvent même de rentrer le plus vite pour ne pas se faire agresser», renchérit Dalia, préoccupée entretemps à «séduire» un jeune sur la piste de danse.

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