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BURKINA FASO: Forum National des Femmes 2012 – Plus de 2000 participants

Que ce ne soit pas un… “fort homme” des Femmes!

Le 3ème Forum National des Femmes du Burkina, qui se tient du 13 au 15 septembre 2012 à Ouagadougou, se penche sur la place de la Femme dans la mise en oeuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et du développement Durable (SCADD). Quel sera l’impact de ce forum pour l’autre moitié du ciel?

La condition de la femme est, à bien des égards, difficile, surtout en zone rurale. Aux côtés de leurs époux ou seules, les femmes sont généralement au four et au moulin pour vivre dignement, nourrir et vêtir leurs enfants, les scolariser, veiller à leur santé, etc.

Ainsi, au Burkina comme presque partout en Afrique, les principaux problèmes de la femme sont connus: analphabétisme, pauvreté, difficulté d’accès aux services sociaux de base pour elles et leurs enfants. Il y a eu certes des acquis au cours de l’histoire du Burkina dont ceux de la Révolution du 4 août 1983 qui peuvent encore inspirer l’action. Mais ces problèmes demeurent si coriaces que leurs solutions commandent des actions multiformes sous-tendues par une volonté politique très forte, à même de mener à des succès durables.

De toute évidence, la résolution des problèmes rencontrés par les femmes est à la fois un élément et un facteur de développement de leur société. Ce forum devra donc être une occasion de plus pour les femmes burkinabè de traduire en leurs propres mots leurs préoccupations, de baliser le terrain de leur participation aux efforts de développement du pays.

Pour ce faire, elles doivent avoir la place qui leur revient de droit à cette tribune. Il ne faut donc pas que ce forum soit comme cela a trop souvent et malheureusement été le cas avec ce genre de grand-messes, une rencontre aux débats aseptisés, une rencontre de trop.

Il ne doit surtout pas être l’otage de certaines femmes qui prétendent parler au nom de leurs soeurs, sans traduire réellement leurs préoccupations soit par ignorance, soit par négligence ou par égoïsme. Surtout celles très nombreuses qui assimilent ce genre de rencontres à des occasions de parade où elles viennent endimanchées, se font applaudir à tout rompre, transformant de ce fait ces cadres de réflexion en des meetings politiques.

Bien entendu, lorsque de tels comportements ont droit de cité, ces rencontres qui, comme on l’a déjà dit, doivent être des cadres d’expression franche, se transforment en véritables foires. Inutile de dire que cela ne sert pas la cause de la femme.

Il importe donc de veiller à ce que ce forum ne serve pas de cadre à la politique politicienne en cette période de précampagne, que celles qui auront la parole soient effectivement représentatives de la majorité silencieuse des femmes du pays. Et le pari est loin d’être gagné. Déjà, le choix du pagne à l’effigie du chef de l’Etat n’est pas une idée lumineuse si tant est que ce forum devrait concerner toutes les femmes burkinabè de toute obédience, sans a priori. On aurait pu trouver des motifs plus rassembleurs.

Ceci dit, il faut espérer que les lignes bougent pour que ce cadre de concertation soit le plus productif possible, que les conclusions de ce forum n’aillent pas dormir dans des tiroirs que l’on prendra le soin de fermer à double tour.

Pour ce faire, il serait bien utile qu’un comité de suivi de la mise en oeuvre de ces résolutions et recommandations soit mis en place en vue de veiller à la traduction effective de ces engagements sur le terrain.

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