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SOMALIE: Dans les coulisses de la première banque à Mogadiscio

Mogadi…sous!

La première banque à Mogadiscio a ouvert ses portes en mai dernier, dans la capitale de la Somalie, ravagée par la guerre civile. Un pays sans Etat viable depuis plus de 20 ans.


Les sommes d’argent n’étaient plus déposées sur un compte en banque, mais plutôt chez soi ou dans d’autres abris. Cette banque a été lancée par un Somalien de la diaspora, qui a quitté les Etats-Unis pour tenter sa chance dans la capitale somalienne où il est né.

Les clients somaliens ne se bousculent pas encore à la caisse, mais Emrah Erbas, homme d’affaires turc, est venu ici car il cherche à investir à Mogadiscio.

«C’est un peu risqué, certes. Mais avant j’étais en Irak. Ici, désormais c’est moins dangereux que l’Irak!». Il a pris rendez-vous avec Liban Egal, le directeur de la First Somali Bank (FSB), dont les locaux sont situés près du carrefour Banadir, dans le quartier Hodan.

Liban a vécu aux Etats-Unis pendant toute la guerre civile. Maintenant qu’un semblant de paix est revenu à Mogadiscio, il veut saisir sa chance. Avant d’ouvrir un compte ici, les clients doivent prouver qui ils sont.

«Comme il n’y a pas de véritable système de cartes d’identité ici, nous demandons aux clients d’amener deux personnes qui les connaissent bien. Ils doivent rentrer dans une des deux catégories, des chefs reconnus et respectés en ville ou des gens venant de l’école ou l’université qu’ils ont fréquentée».

Samuel Gattiuci, Kényan, travaillait dans une grande banque à Nairobi. Il a décidé de tenter cette aventure en Somalie. Sa famille est très inquiète pour lui, mais Samuel pense d’abord à sa carrière. «Ca a vraiment amélioré mon CV. Si je parle à des gens qui n’ont jamais été à Mogadiscio, tout le monde arrête de se soucier de mon parcours, de mes diplômes. On me dit: “raconte comment c’est”».

En Somalie, le secteur financier se réduit à des sociétés de transfert d’argent, les “Hawalas”. En l’absence de régulations, le taux de change est fixé chaque jour au marché de Bakara. Liban sait que le système informel a encore de beaux jours devant lui à Mogadiscio.

 

 

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