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R.D. CONGO: Manifestation anti-révision constitutionnelle

Hum…!

Les principaux partis de l’opposition s’inscrivent contre la révision de la Constitution, qu’ils accusent de n’avoir d’autre but que de permettre au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au delà du terme de son mandat expirant fin 2016.

altLes principaux partis de l’opposition s’inscrivent contre la révision de la Constitution, qu’ils accusent de n’avoir d’autre but que de permettre au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au delà du terme de son mandat expirant fin 2016

La police congolaise a dispersé, lundi 12 janvier matin, plus de 300 opposants réunis près du Parlement à Kinshasa pour protester contre un projet de loi électorale que les élus devaient commencer à examiner dans la journée. Une trentaine de policiers antiémeutes ont lancé des grenades lacrymogènes contre les manifestants qui se sont refugiés dans les bureaux de partis politiques d’opposition voisins. Vers midi, des affrontements avaient lieu devant le siège de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), 3ème force de l’opposition.

Des jeunes avaient mis le feu à 5 pneus et des policiers tiraient des grenades lacrymogènes contre eux et à l’intérieur de la parcelle de l’UNC. Le général Célestin Kanyama, chef de la police pour la capitale, est arrivé peu après à proximité avec un renfort d’une dizaine de jeeps remplies de policiers. Les forces de l’ordre avaient bouclé dans la matinée les abords du Palais du Peuple, le Parlement, où le projet de modification de la loi électorale présenté une semaine plus tôt par le gouvernement devait être examiné par les députés en séance plénière.

De son côté, la presse congolaise n’a pas manqué de donner écho à la protestation. “Le Phare” a ainsi titré à propos du meeting avorté d’une plateforme de l’opposition, «Le meeting de “Sauvons la RDC” étouffé dans l’œuf». Le journal rapporte que ce meeting contre la révision constitutionnelle et la modification de la loi électorale prévu, lundi à l’esplanade du stade des Martyrs, a été empêché avant même qu’il ne se tienne. Des militants et cadres de ce regroupement politique qui ont tenté de se rendre au lieu du meeting ont ainsi été violemment dispersés par la police, avec des matraques et des gaz lacrymogènes. “La Tempête des Tropiques” estime pour sa part que la répression policière pour museler l’opposition afin de l’empêcher de s’exprimer, n’est ni plus ni moins qu’un retour à la dictature.

Samedi 10 janvier, les principaux partis de l’opposition en RDC avaient appelé à une «mobilisation» populaire contre la révision de la Constitution, qu’ils accusent de n’avoir d’autre but que de retarder la prochaine présidentielle afin de permettre au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir en place au delà du terme de son mandat expirant fin 2016. Car, selon la Constitution en vigueur, M. Kabila ne pourra pas se représenter à sa succession à l’issue de ce mandat. Le texte du gouvernement conditionne la tenue des prochaines élections législatives et présidentielle, censées avoir lieu fin 2016, aux résultats du recensement général de la population devant commencer cette année. Certains diplomates et analystes estiment qu’un recensement général de la population dans un pays grand comme près de 5 fois la France, pratiquement dépourvu d’infrastructures et où pullulent encore une cinquantaine de groupes armés dans la partie Est, pourrait prendre jusqu’à 3 ans. Pour certains politiques, le recensement proposé avant la tenue des élections, avec la création d’une nouvelle structure gouvernementale, l’Office national d’identification de la population (Onip) favoriserait le glissement du mandat du président Kabila.

Le directeur général de l’Onip, M. Lumanu, répond aux critiques des politiques, des diplomates et des analystes en affirmant que le recensement n’a «pas d’agenda caché». Dénonçant l’intox, la manipulation et l’amalgame savamment distillés autour de missions assignées à son institution, le responsable explique la différence entre le recensement administratif que devra réaliser, dès le début du mois de mars prochain, son institution, le recensement scientifique du BCR relevant de la tutelle du ministère du Plan et qui vise les orientations sur des questions de développement, de la lutte contre la pauvreté et celui relatif aux données de l’Institut national des statistiques (INS). Ça ne convainc par le Forum des as pour qui, au seuil de 2015, le Président annonce les couleurs, avec la nomination des nouveaux commissaires provinciaux de la Police nationale et du patron de la Direction générale de migrations/Katanga.

Le bras de fer est engagé, et aucune des deux parties ne semble prête à faire des concessions, ce qui n’est pas de bon augure. Les tensions risquent de monter d’un cran les prochains jours, alors que le pays est déjà confronté à des problèmes plus graves dont les violences armées à l’Est, qui nécessitent la mobilisation de toute la nation congolaise pour y faire face.

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