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PRÉSIDENTIELLE SÉNÉGALAISE: La note discordante des occidentaux

L’Occident semblerait avoir joué au médecin après la mort.

Les Sénégalais ont été appelés à manifester hier mardi dans la capitale contre la validation, par le Conseil constitutionnel, de la candidature du chef de l’Etat sortant, Abdoulaye Wade, à la présidentielle du 26 février prochain. Raison de ce soulèvement de l’opposition réunie au sein du M23 et soutenu par une frange de la société civile : cette troisième participation du célèbre chauve de Dakar à la course au scrutin majeur serait contraire à l’article 27 de la constitution de 2001 qui limite le nombre de mandats à deux.

 

La contestation de cette candidature a donné lieu à de nouvelles violences qui ont causé de nombreux dégâts, des blessés et la mort de deux personnes dans le Nord du pays, après celle d’un policier à Dakar quelques jours plus tôt. Plusieurs manifestants ont été arrêtés, dont Alioune Tine, défenseur des droits de l’homme et coordonnateur du M23.

La France a regretté que «toutes les sensibilités politiques ne puissent être représentées» à la présidentielle, s’inquiètant également des multiples arrestations opérées dans le rang des contestataires.

Les Etats-Unis, pour leur part, tout en respectant le processus politique et légal, ainsi que le fait qu’Abdoulaye Wade soit autorisé à briguer un nouveau mandat, ont toutefois invité “Gorgui”, vieux en wolof, à «laisser la place à la prochaine génération». Une invitation qui vient un peu tard, selon les thuriféraires du pouvoir de Dakar.

 

Pour eux en effet, «il est trop tard, parce qu’Abdoulaye Wade est candidat, sa candidature a été déclarée propre et recevable par une institution constitutionnelle qui en a la compétence». Cette haute juridiction sénégalaise a validé, le 27 janvier 2012, puis définitivement confirmé deux jours plus tard, la candidature de l’artisan du «Sopi» à l’échéance du 26 février prochain.

Elu en 2000 pour un mandat de 7 ans, Wade veut rebelotter pour un troisième bail de 7 ans encore après son quinquennat 2007-2012.

C’est que la loi fondamentale du pays de la Teranga a subi deux importantes révision en ce qui concerne la durée et le nombre de mandats présidentiels. La première en 2001 instituant un mandat de cinq ans renouvelable une fois et la seconde en 2008 restaurant le septennat.

Le moins que l’on puisse dire est que l’attitude des Occidentaux est celle du médecin après la mort. La pression intervient trop tard. Il leur fallait bien réagir avant le verdict de la haute juridiction sénégalaise pour empêcher Gorgui d’empoisonner et de détériorer le climat social dans son propre pays. Leur argument est, de toute évidence, non recevable.

Puisque le vin est tiré, il faut boire la coupe jusqu’à la lie. Avec déjà trois macchabées sur le carreau, avouons que la situation n’arrange pas l’enfant terrible de Kébémer. Mais le M23, qui a appelé à battre le macadam pour exiger le retrait de la candidature du vieux «ndombor» (lièvre en wolof, l’un des sobriquets de Wade), réussira-t-il à le faire fléchir?

 

 

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