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NELSON MANDELA: Quelle Afrique du Sud après le héros de la lutte anti-apartheid?

Mandela au delà de l’au-delà? 

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages ne cessent d’affluer de la planète entière pour saluer la vie et le combat de Nelson Mandela, celui-là même que ses compatriotes appelaient affectueusement “Madiba”.

altDes responsables politiques comme Barack Obama, ou François Hollande, ou encore David Cameron, Dilma Roussef, ou le prince Charles d’Angleterre, des leaders religieux à l’image du Pape François ou du Dalaï-lama, tous rendent un hommage unanime à l’enfant de Qunu, décédé le jeudi 5 décembre 2013, à l’âge de 95 ans. Chacun de ces gens se rappelle avec beaucoup d’émotion, sa rencontre avec celui qui a consacré sa vie entière au combat contre le racisme, l’apartheid et pour l’égalité entre les hommes.

Il faut distinguer les hommages sincères des attitudes conformistes que nombre d’hommes politiques ne manquent pas de simuler, alors qu’ils mènent une vie totalement aux antipodes de l’éthique et de la morale que Madiba a prônées durant toute son existence

Les sportifs, les artistes, ou encore les réalisateurs de cinéma, rappellent à souhait comment cet homme a changé quelque chose dans leur vie. A cela, rien de plus normal pour un homme qui était devenu une icône planétaire et dont la vie a été une source d’inspiration pour les peuples en quête de liberté et surtout pour la jeunesse africaine. L’hommage que le Président Nelson Mandela reçoit aujourd’hui de ses paires du monde entier, est à la hauteur de la qualité de la vie qu’il a menée et surtout des enseignements qu’il nous laisse en héritage.

Cela dit, il faut distinguer les hommages sincères des attitudes conformistes que nombre d’hommes politiques ne manquent pas de simuler, alors qu’ils mènent une vie totalement aux antipodes de l’éthique et de la morale que Madiba a prônées durant toute son existence. Justement, alors que Mandela quitte ce monde, on ne peut manquer de se poser des questions sur son héritage, surtout sur le devenir de la nation sud- africaine, la nation arc-en-ciel dont il est le père fondateur.

A commencer par l’ANC, le parti dans lequel il a combattu l’apartheid, et qui l’a porté au pouvoir après sa sortie de prison en 1990. Il faut dire qu’ils sont nombreux, les leaders de ce parti, qui se réclament de la « morale démocratique » de Nelson Mandela, mais seulement du bout des lèvres. Comme le dénonce en effet William Gumede “L’héritage de Mandela a été en partie dilapidé par des élites avides, corrompues et intellectuellement malhonnêtes”.

Dans l’immédiat, pour le parti, il n’y a pas de menace sérieuse à la conquête du pouvoir en 2014. Cependant, il faut reconnaître que la disparition de Nelson Mandela ne manquera pas d’ébranler sérieusement les fondations de ce parti qui, naguère, régnait en maître absolu sur le terrain politique de l’Afrique du Sud post-apartheid. On s’attend donc à une redistribution en profondeur des cartes, surtout que bon nombre de Noirs ont choisi, du vivant même de Mandela, de rejoindre des formations politiques dirigées par des Blancs.

Au plan des relations sociales, les provocations du jeune et bouillant Julius Malema ne sont pas sans inquiéter la population blanche qui peut, dans une certaine mesure, craindre que la disparition de Nelson Mandela génère quelques velléités de vengeance, un retour de la violence qu’inspireraient les discours à la limite du racisme anti-blanc. On sait en effet que Mandela, par sa simple présence, empêchait certains comportements ou même certains propos. Qu’adviendrait-il alors de l’Afrique du Sud, après lui? Question sans doute pertinente, quand on sait que même Mandela n’a pas réussi à éradiquer certains travers de l’époque de l’Apartheid. Pourtant, nombre d’observateurs de la vie politique sud-africaine se veulent plutôt rassurants et pensent que la société sud- africaine a atteint un niveau de démocratie tel qu’un retour à un racisme noir ou blanc est tout à fait inimaginable.

Personne en Afrique du Sud ne pense aujourd’hui que les Blancs seront jetés à la mer après Mandela. Il faut dire d’ailleurs que Nelson Mandela, depuis 1999, en se retirant de la vie politique, a, d’une certaine manière, préparé sa relève à la tête de l’Etat sud-africain. En refusant un deuxième mandat à la tête du pays, il a permis à d’autres de faire concrètement l’expérience de la gestion du pouvoir, alors que son aura imprégnait encore la vie politique du pays. Et mieux, en n’impliquant ni son fils, ni aucun de ses proches dans la gestion du pouvoir, il évite les récurrents conflits de succession que connaissent beaucoup de pays africains. Il a opté pour une succession naturelle à la tête de l’Etat sud-africain. Et il donne à l’Afrique la preuve éclatante qu’un dirigeant peut avoir des funérailles mondiales grandioses après avoir volontairement quitté le pouvoir.

On peut donc dire que c’est un héritage politique et social sûr que Nelson Mandela laisse à la nation arc-en-ciel et, au de-là, à la terre entière.

Souhaitons que l’esprit de ce grand homme inspire tous ces chefs d’Etat africains qui aiment l’Afrique tout en méprisant leur peuple!

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