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MAROC: La Guardia civil espagnole épinglée pour ses atteintes aux droits des migrants

Guardia in…civil?

Huit ONG marocaines interpellent l’ambassadeur d’Espagne à Rabat.

altLa Guardia civil est sur le banc des accusés. Il lui est reproché d’attenter violemment aux droits des migrants lors des contrôles qu’elle effectue aux points de passage entre les enclaves occupées de Sebta et Mellilia et le reste du Maroc. Notamment son recours régulier aux expulsions illégales, à l’emploi de la force et aux arrestations massives en dehors de tout cadre légal.

Une lettre ouverte adressée à l’ambassadeur d’Espagne à Rabat par huit associations marocaines œuvrant dans le domaine de la défense des droits des migrants irréguliers, indique que depuis décembre 2013, «les migrants arrêtés dans les environs des enclaves espagnoles ou qui sont régulièrement “remis” aux autorités marocaines par la Guardia civil après avoir pénétré à Sebta ou Mellilia, ne sont plus refoulés vers la frontière algérienne mais déplacés vers les villes de l’intérieur du pays, en dehors de tout cadre légal».

Selon certains témoignages, plusieurs migrants irréguliers ont indiqué avoir été arrêtés dans ces deux enclaves avant d’être remis aux Forces auxiliaires marocaines à travers le grillage peu de temps après leur arrestation. Ces personnes sont ensuite « déplacées » par bus à des centaines de kilomètres vers l’intérieur du pays. Une pratique jugée illégale par ces ONG puisqu’elle n’est référencée nulle part dans le droit marocain.

Pourtant, cette pratique semble devenir la norme comme en témoigne le nombre de personnes déplacées en l’espace de deux mois. Pour le seul centre de Caritas à Rabat, un recensement partiel a fait état de 159 personnes reçues entre le 26 novembre et le 26 janvier. Parmi elles, un nombre significatif (38 personnes) présente des fractures et divers traumatismes que 24 d’entre eux attribuent clairement à des violences exercées contre elles lors de leur arrestation.

A ce propos, la lettre a fait état des témoignages de plusieurs dizaines de personnes ayant fait partie du groupe de migrants entrés à Sebta le 6 février au matin et qui ont rapporté que «les forces de l’ordre espagnoles ont visé leurs embarcations et elles-mêmes avec des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes alors qu’ils appelaient au secours, ce qui aurait causé plusieurs décès par noyade ».

Plusieurs d’entre eux témoignent par ailleurs de diverses maltraitances tout au long de cet épisode : vol d’argent, d’effets personnels et de documents d’identité, privation d’eau ou de nourriture, exposition au froid, abandon dans des lieux isolés.

Des violations du droit qui n’ont même pas épargné les mineurs. A l’instar des adultes, certains d’entre eux présentaient des traumatismes allant jusqu’à des fractures qu’ils attribuent à un passage à tabac par les supplétifs en faction des deux côtés des barrières séparant les deux présides occupés du reste du Maroc.

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