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LAURENT POKOU: Un destin de foot

33 ans après, Rennes a rendu hommage au grand footballeur ivoirien.

Nul n’est prophète chez soi. Cet adage sied bien à Laurent Pokou (66 ans). En effet, la légende vivante du football ivoirien a été à l’honneur, à Rennes en France. Durant une semaine, un hommage bien mérité a été chaleureusement rendu à ce joueur légendaire dont les prouesses resteront gravées dans les annales du foot africain.

 

Le choix de la ville de Rennes n’est pas fortuit, car c’est au Stade Rennais que «l’homme d’Asmara» a débuté sa carrière professionnelle en 1973, marquant, de par ses exploits, toute une génération de supporters rennais à qui l’Association Laurent Pokou (A.L.P), en partenariat avec l’ancien club de la gloire Ivoirienne, a fait revivre le passage remarquable de Pokou dans leur club, dans une fête meublée de nombreuses animations.

On peut noter entre autres la sortie officielle du livre sur sa biographie (préface signée Didier Drogba) suivie des séances de dédicaces, rencontre avec les anciens joueurs, diner et concert.

 

«Laurent Pokou est a été un grand joueur, il a marqué son époque, nous avons décidé lui rendre hommage», dit Jean Yves Auguel, Président de A.P.L et auteur de la biographie «Laurent Pokou, un destin de foot».

Les sommités du foot comme Salif Keïta, Basile Boli, Pierrick Hiard , Raymond Keruzoré, Hervé Guermeur étaient là.

Le coup d’envoi du match Stade Rennais – AS Nancy (clôture de la saison de la Ligue 1) avait été donné par “l’Empereur Baoulé”, comme était surnommé Laurent Pokou par les supporters de son ex équipe.

 

Laurent Pokou, la “Perle noire” (autre surnom), rejoint le Stade Rennais en décembre 1973 en provenance de l’ASEC Abidjan, malgré des sollicitations de grands clubs français tels que Marseille, Monaco ou Nantes.

Tout premier joueur ivoirien à évoluer en professionnel à l’étranger, Laurent Pokou ne mettra pas longtemps à étendre tout son talent, inscrivant un but dès son premier match et contribuant très fortement au maintien du club en première division en 1974.

Le début de l’histoire d’amour avec le club breton commence et très rapidement, les supporters rennais sont conscients d’avoir affaire à un joueur d’exceptionnelle qualité. Son ascension fulgurante en fait de lui, l’un des meilleurs joueurs africains de l’époque.

 

Présent à la Piverdière, Pokou réaffirme son attachement au club breton, 33 ans après son départ:

«Le Stade Rennais est une partie de moi. Quand je suis arrivé en 1973, j’ai été directement adopté par les Bretons. La Bretagne est ma seconde patrie, j’ai été très heureux pendant ma carrière à Rennes. J’ai partagé beaucoup de joie et rencontré beaucoup de personnes formidables. Je suis à Rennes pour fêter mes années rennaises. C’est un signe de reconnaissance. J’ai apporté ce que je pouvais au club, j’ai tout donné. Je suis toujours l’équipe depuis la Côte d’Ivoire. Je remarque que pour mon retour en Bretagne, l’équipe s’est imposée contre St Etienne ! C’est un bon signe pour le futur».

Pokou ne cache pas quelque regret relativement au destin de sa carrière footballistique:

«Si j’étais parti plus tôt de mon pays, j’aurais peut-être fait une plus grande carrière en Europe. J’aurais peut-être pu être Ballon d’Or… au lieu de finir deuxième. Mais c’est la vie, c’est comme ça… », dit-il.

 

L’homme d’Asmara affiche une pointe de nostalgie sur le football d’aujourdhui. Pour lui, le foot actuel «est du business. Au niveau des attaquants, ils sont très protégés. A mon époque, on prenait des coups. C’était quelque chose. Les tibias ils étaient bien écorchés. Mais ce que je regrette le plus c’est que le foot d’instinct a disparu. Aujourd’hui, c’est la tactique qui prime».

Et sur la politique des quotas lancée par l’équipe nationale française, il ne fait pas en tout cas pas de cadeau.

«Je m’étonne des propos de Laurent Blanc. On n’a pas besoin de ce genre de propos dans le foot, ni ailleurs. Ce qui compte pour moi, c’est la valeur intrinsèque de l’homme. Ce genre de propos ne doit pas faire partie des échanges d’aujourd’hui».

 

Milton Kwami

 

 

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