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ITALIE – Encore d’autres lapidations contre les ouvriers agricoles migrants se rendant au boulot, à Foggia

Les agressions ne semblent plus s’arrêter: après la Capitanata, cette fois, c’est à Foggia: toujours des attaques contre les travailleurs migrants victimes de lapidations alors, qu’à bicyclette, ils vont au travail dans les champs. Il s’agit de l’énième ignoble épisode en peu de jours.

 

Toujours d’une voiture en course, toujours des pierres qui sont lancées, et toujours contre des jeunes migrants se rendant au travail dans les champs, toujours tôt le matin, toujours sur leurs vélos: sauf que cette fois, les agressés sont au nombre de trois au lieu de deux. L’attaque a eu lieu à l’aube du mardi 23 juillet et n’est pas isolée. Même scénario que celui de l’épisode du 15 juillet dernier, lorsque deux autres migrants furent lapidés et blessés à la tête, alors qu’eux aussi se rendaient au travail, dans les champs de la Capitanata. 

Un des trois jeunes blessés est un gambien de 22 ans qui a été trouvé par la police avec une coupure à la tête et, après l’urgence, il a été transporté à l’hôpital, où il est toujours hospitalisé. ASGI (Association pour les Etudes Juridiques sur l’Immigration) s’occupe de sa couverture juridique et il est assisté par les médecins de l’Organisation humanitaire INTERSOS. Le rapport médical indique une fracture décomposée de l’orbite droite avec lésion cutanée évidente et œdème des paupières devra être opérée et l’évaluation ophtalmologique devra être effectuée. 

Les deux autres, âgés de 23 et 30 ans, ont des blessures au crane. Toutes trois les victimes vivent à Via Manfredonia, dans une ancienne usine abandonnée: le même endroit où d’ailleurs vivent également les migrants attaqués le 15 juillet.

Une autre agression a eu lieu le 17 juillet, toujours à l’aube et dans le même quartier aux abords de Foggia: là, un travailleur a été éperonné par une bagnole alors que lui aussi se rendait au travail, sur un scooter. La victime qui, dans l’impact, a perdu une dent et s’est blessé à la lèvre inférieure, a raconté avoir entendu, alors qu’il était allongé sur le sol, quelqu’un sortir de la voiture et cogner violemment contre le cyclomoteur.

Cette attaque fut précédée par une autre encore qui a eu lieu le 13 juillet, toujours selon le même macabre schéma: deux migrants lapidés à la tête avec des pierres.

«Ça fait des mois que les travailleurs, pour la plupart des migrants d’Afrique subsaharienne, que nous aidons dans le cadre de notre projet de santé mobile dans les ghettos de la province de Foggia, nous signalent de croissantes actions intimidatrices de la part des Italiens», a dénoncé Alessandro Verona, directeur médical de l’unité INTERSOS Migration qui a assisté les travailleurs, tandis que le syndicat CGIL (Confédération Générale Italienne des Travailleurs) s’est chargé du suivi de l’aspect juridique. INTERSOS opère à Capitanata depuis l’été 2018, fournissant une assistance sociale et sanitaire à travers des interventions médicales directes avec deux unités mobiles travaillant dans sept établissements. Avec les deux médecins, opèrent également deux médiateurs culturels. 

«Ils rapportent des menaces verbales de violence et même de mort, dont ils sont souvent victimes lorsqu’ils traversent Foggia pour aller au boulot, à pied ou à vélo: “Le climat a muté, on va tous vous tuer”, nous ont-ils dit d’avoir entendu prononcer, ces mois-ci», poursuit Verona, ajoutant: «Ils sont terriblement secoués et, comme le reste de la communauté des travailleurs, ils vivent dans l’inquiétude de ce climat de persécution, qui s’ajoute à la précarité de l’exploitation professionnelle et aux pénibles conditions de logement, sans alternatives valables de la part des institutions».  

Et de rappeler que cette situation n’est pas nouvelle puisque les intimidations furent à l’ordre du jour, même l’été dernier. «L’année dernière déjà, il y a eu des attaques similaires, avec le lancement de bouteilles d’eau, depuis une voiture en course, systématiquement dénoncées par les victimes. Et toujours au point du jour et toujours et seulement avec les travailleurs africains comme cibles», conclut Verona. 

Sans oublier que le 28 mars, Daniel Nyarko, un ghanéen de 51 ans, a été abattu par deux coups de feu tirés par inconnus à quelques kilomètres à est de Borgo Mezzanone, alors qu’il rentrait chez lui à vélo après avoir fait ses courses. Il était le gardien d’une ferme; la communauté ghanéenne a référé que, dans le passé, il l’avait défendue contre les tentatives de vol, en faisant arrêter les voleurs. Ce qui porterait à une hypothèse de meurtre pour vengeance. 

Marta Franchini

(Source: TPI)

 

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