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ISLAM: Des imams “made in Morocco” pour la France

Coran d’Oran?

Le débat sur la formation des imams en France a fini par toucher le Maroc. Brice Hortefeux, ancien ministre de l’Intérieur français, s’est entretenu avec Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires Islamiques, sur l’obligation d’agrément des imams par le Royaume.

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Le député européen a été même reçu en tête-à-tête par Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement. Une visite passée inaperçue, l’information la concernant ayant été manifestement et «assez mystérieusement» mise sous embargo. Ni communiqué de presse ni dépêche d’agence n’ont été publiés. Moha Ouamane, secrétaire général du ministère, a confirmé la visite de Brice Hortefeux mais sans pour autant, en préciser les motivations ou l’ordre du jour. 

«Nous discutons souvent dans ce genre de visites de l’expérience marocaine dans la lutte contre le terrorisme et la formation des imams. Notre pays est devenu un modèle dans ce domaine. Aujourd’hui, plusieurs imams de diverses nationalités (Mali, Côte d’Ivoire, Tunisie, Sénégal… ) sont en formation au Maroc et d’autres sont sur la liste d’attente. Dernièrement, nous avons reçu près de 30 imams en provenance de France», a-t-il précisé.

Concernant l’obligation d’agrément des imams par le Royaume, notre source semble pleinement convaincue de son utilité. «On ne peut pas permettre à n’importe qui d’aller faire imam en France. Il faut les trier sur le volet et, en tant que ministère des Affaires islamiques, nous exigeons plusieurs critères chez les imams que nous envoyons à l’Hexagone. Nous cherchons d’abord des personnes connues pour leur patriotisme et leur fidélité aux constantes de la nation. Il faut également qu’ils parlent français et respectent la Constitution et les lois françaises», a-t-elle expliqué.

Des propos qui rejoignent ceux qui ont été tenus dernièrement par Manuel Valls, Premier ministre français à Strasbourg et qui défendent un islam de France, affranchi des financements étrangers, des imams “français”, et une laïcité d'”apaisement”. Pour lui, la France a besoin d’aumôniers et d’imams français ou francophones qui aiment la France et adhèrent à ses valeurs. Un souhait que le Royaume est en mesure de réaliser.

«Notre système de formation des imams se base sur la modération et sur le principe selon lequel les mosquées sont des lieux de culte et non des arènes politiques. Nous demandons à nos imams de s’éloigner de la chose politique et de ne pas intervenir dans les affaires intérieures des pays d’accueil. Et jusqu’à aujourd’hui, cette recette semble bien marcher comme en attestent les échos favorables et les rapports en provenance de ces pays», a précisé Moha Ouamane. La classe politique française semble aujourd’hui convaincue que la lutte contre l’islamisme radical passe par la mise en place d’agréments et par la formation des imams dont une grande majorité est encore formée à l’étranger (Maroc, Egypte, Arabie Saoudite….).

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur français, 150 imams turcs, 120 algériens et 30 marocains exercent actuellement en tant qu’imams.

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