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FRANÇAFRIQUE: Le mystère de la disparition du Ministère de la coopération?

Qu’on coopère et opère au pair!
Dans le gouvernement Jean Marc Ayrault, ce qui a le plus frappé les Africains et plus particulièrement le pré carré, c’est la disparition du tout puissant ministère de la coopération. Désormais, on parlera d’un ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du développement.


Ce portefeuille ministériel a été confié à l’eurodéputé EELV Pascal Canfin, 37 ans. Il est depuis 2009 député européen d’Europe Ecologie Les Verts, spécialiste des questions économiques. Conseiller économique d’Eva Joly pendant la campagne présidentielle, M. Canfin avait défendu avec la candidate EELV un “projet de budget alternatif“, qualifié de “new deal écologique et social” face à la politique d’austérité.
Au Parlement européen, il siège à la Commission des affaires économiques et monétaires. Il travaillera de concert avec Laurent Fabius qui occupe désormais le stratégique poste du Ministère des Affaires étrangères. Il s’occupera des dossiers politiques. Pour bon nombre d’observateurs, François Hollande vient de tourner une page de l’histoire des relations entre la France et l’Afrique, comme il l’avait annoncé durant la campagne électorale.

Contrairement au jeune Canfin qui n’est pas encore noyauté par les réseaux mafieux de la Françafrique, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand a une meilleure connaissance de l’Afrique en général et du pré carré en particulier. On se souvient qu’en prélude du démarrage de la campagne électorale en France, M. Fabius s’était rendu successivement au Togo et au Gabon en février 2012, invité de marque des Chefs d’Etat de ces pays «imposés démocratiquement» et des fils à papa.
S’agissant du Gabon qui est considéré comme le terreau de la Françafrique, il a même déclaré que les «relations entre la France et le Gabon étaient excellentes et qu’elles se développeront dans le futur». Même si pour un diplomate français, Laurent Fabius n’est pas un homme d’anciennes pratiques, il n’en demeure pas moins que sur le continent, des langues se délient pour s’interroger s’il sera l’homme de la rupture avec la Françafrique, ou contribuera-t-il à la survie du pré carré?

Au cours de la campagne de l’élection présidentielle, François Hollande avait juré la fin de la Françafrique. Le 19 mai 2006 à Dakar au Sénégal, le président sortant Nicolas Sarkozy avait promis lui aussi «une relation nouvelle» entre la France et l’Afrique. Mais 5 ans après, même si quelques dictatures sont tombées, il n’en demeure pas moins qu’il a actionné de manière indirecte ses réseaux de la nébuleuse Françafrique pour le maintien au pouvoir de certains dictateurs dans le pré carré.

«Nous n’avons pas vocation à nous brouiller avec ceux qui sont historiquement nos amis et nous ont rendu de grands services», déclarait Claude Guéant le nouveau secrétaire d’Etat à la coopération de Nicolas Sarkozy qui avait consacré son premier voyage au Gabon qui reste le fief de la Françafrique. N’est ce pas dans cette logique qu’est resté Laurent Fabius en se rendant en février 2011 au Gabon?
«Même si ce mystérieux ministère fut rattaché au ministère des affaires étrangères depuis 1999, il a été réhabilité par Nicolas Sarkozy pour les causes et les besoins de la Françafrique. En effet, c’est un ministère où tous les dictateurs Africains avaient leurs habitudes. C’est le premier lieu de rendez-vous de tous les mendiants Africains en col blanc qui viennent y pleurnicher pour recevoir des oboles qui finissent souvent dans les comptes numérotés des banques occidentales. Au nez et à la barbe du contribuable français. S’il se confirme que les néo-socialistes ont vraiment décidé de la suppression de cet instrument du néo-colonialisme, ce serait un coup de tonnerre dans les palais Africains. Mais pour les populations Africaines, ce serait le soulagement. Surtout pour les populations des pays francophones qui n’ont jamais compris le rôle de ce machin qui les plonge dans la soumission et la continuité du colonialisme d’un autre temps. Alors et seulement alors, nous pourrions dire: nous l’avons toujours rêvé, Hollande l’a fait», déclare un analyste de la politique françafricaine.

On attend de voir le maçon au pied du mur. Inutile de chanter victoire avant le coup de sifflet final surtout quand on sait qu’avant Hollande, les Africains avaient fondé beaucoup d’espoirs en François Mitterrand dont le mérite n’aura été que l’organisation d’un sommet de la Baule dont les résolutions n’ont jamais été tenues.
Mais François Hollande ne pourra véritablement rendre service aux Africains qu’en leur rendant une indépendance financière qui passe par le désengagement de la parité du Franc CFA par rapport au Franc Français, et en permettant aux pays Africains, d’une part, de fixer leur propre parité et, d’autre part, de battre eux-mêmes leur monnaie.

La France souveraine est-elle prête à cela? Difficile d’y répondre!

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