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FINANCE: L’ABI (Association des Banques Italiennes) étudie comment attirer la finance islamique

Mutation des “ABI-tudes” financières?

Les banques islamiques ne souffrent pas de la crise. Il y a un boom de bonds et de fonds islamiques. La première banque islamique s’est installée en Italie, en 2008. Mais qu’est-ce que c’est au juste la finance islamique et quelles sont ses règles? 


La finance islamique vaut aujourd’hui entre 800 et 1.200 milliards euros, 1% environ des assets bancaires  mondiaux. On estime que leur taux de croissance actuel de 15-20%, augmentera de 30-40%.

«C’est encore une niche mais elle est caractérisée par de consistants excès d’épargnes et de potentialités de croissance. Si le prix du pétrole se stabilisait à 50 euros le baril, en 2020, la demande financière des pays du  Golfe Persique serait d’environ 5.000 milliards  euros», a expliqué le responsable del Secteur Crédits de l’ABI (Association des Banques Italiennes), lors d’un séminaire organisé par Banca UBAE sur les instituts de crédit et finance islamique.
Sans considérer ensuite qu’actuellement seulement 36% des activités bancaires des pays islamiques suivent les règles de la Sharia (Loi islamique).

L’Italie doit donc se tourner avec intérêt vers le monde islamique, comme sont en train de faire les pays plus engagés, comme la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France, qui ont déjà assis des rapports institutionnels avec les pays islamiques.

«Comme ABI, nous étudierons  la question et proposerons au  Gouvernement les justes modifications normatives pour accroître l’export, attirer les investissements et permettre aux banques islamiques qui le désirent d’opérer librement en Italie».
Parlant au contraire des difficultés d’ouvrir une banque islamique en Italie (pour questions  fiscales et d’incompatibilité normative) Biagio Matranga, de Banca UBAE, suggère une solution applicable dans l’immédiat.
«Je pense à la possibilité d’offrir certains produits financiers islamiquement compatibles, à travers l’intermédiation des banques italiennes».

Pour lui, un instrument juridique adéquat est «le leasing, qui pourrait faciliter le feu vert de  Bankitalia», estimant plus complexe au contraire l’hypothèse d’une banque retail islamique, pour les nombreux problèmes réglementaires et liés aux structures de surveillance.
Il trouve plutôt mieux de pointer sur une banque d’investissement islamique, qui permette de récolter l’épargne dans les pays  musulmans, avec des produits répondant à la Sharia, utilisant ensuite ces ressources pour financer les entreprises italiennes.

Il s’agit d’une option faisable, prévoyant deux partenaires: un arabe et un italien.
«ça ne soulèverait pas non plus de grands problèmes vis-à-vis  des lois et des normes», a expliqué Matranga, rappelant certaines particularités de la finance islamique, qui se caractérise comme «une manière éthique de faire les affaires», où:
● les intérêts sont considérés comme usure;
● les produits dérivés sont interdits;
● et la banque partage avec le client les risques et les bénéfices.

Un système qui peut aussi créer de grands intérêts économiques: comme moteur du processus d’internationalisation des capitaux en Italie.
Et ce, à travers par exemple, des opérations de “project financing”, outre naturellement à aller à l’encontre des exigences  (d’intégration) des 1.200.000 immigrés islamiques résidents en Italie (selon les estimations du Dossier Caritas 2008), qui auraient intérêt à utiliser des  instruments conformes à la culture propre.

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