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FATIHA BERBER: L’artiste pluridisciplinaire algérienne s’est éteinte

Paix à son ame! 

La scène culturelle algérienne vient de perdre une de ses grandes artistes. Fatiha Berber n’est plus. Elle est décédée, vendredi dernier, à Paris (France), à l’âge de 70 ans. Son cœur l’a lâchée.

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La scène culturelle algérienne vient de perdre une de ses grandes artistes. Fatiha Berber n’est plus. Elle est décédée, vendredi dernier, à Paris (France), à l’âge de 70 ans. Son cœur l’a lâchée. Une crise cardiaque a fait taire à jamais celle qui n’a jamais su ni trop faire oublier sa voix ni trop s’éloigner de la scène qu’elle a investie à l’âge de l’insouciance, quand les filles jouent encore à la marelle ou à la poupée, de chiffons, vu qu’elle est née à la Casbah d’Alger, le 11 février 1945, durant l’occupation française qui a appauvri le peuple algérien. 

Elle a à peine 14 ans quand elle rejoint, en 1959, l’orchestre d’une autre grande dame de la chanson algérienne, Meriem Fekkaï, où elle fait ses premiers pas dans le chant. Ayant gouté à l’ivresse de la scène, Fatiha ne tarde pas à s’inscrire au conservatoire d’Alger. Mais elle ne restera pas dans le chant et la musique. Elle entend élargir ses horizons. Son choix se porte sur le théâtre, qu’elle a découvert avec ses parents qui l’emmenaient voir des spectacles de Mahieddine Bachtarzi.

Elle opte pour la section «Art dramatique». Sa beauté racée, sa prestance et son assurance conquerront le réalisateur Mustapha Gribi qui la choisira, la même année, pour un rôle dans la pièce Les Femmes savantes, une adaptation de l’œuvre de Molière. Mais l’appel de la patrie luttant pour son indépendance sera plus fort que celui des planches. Fatiha Berber mettra en veilleuse l’artiste et, comme toutes ses concitoyennes et tous ses concitoyens, s’engage dans la lutte de Libération nationale. Une fois l’indépendance arrachée, l’artiste se réveille, avec une soif inextinguible de la scène.

Fatiha Berber devient une artiste pluridisciplinaire. Elle passait avec une aisance déconcertante de la scène aux planches, du théâtre aux plateaux de tournage, du cinéma à la télévision et de la télévision à la radio. C’est une véritable boulimique de l’art. Elle a été distribuée dans les pièces de Rouiched dont Ah ya Hassen et Les concierges, de Abderrahmane Kaki notamment Les chiens et Diwan el garagouz… Elle a chanté avec Rouiched et Athman Ariouet. On la retrouve également dans de nombreux films (Hassen taxi et Aaila qi nas) ainsi que dans plusieurs téléfilms comme El Masir (le destin), El laa’îb et El Badhra 1 et 2.

On ne peut citer la longue liste des contributions de Fatiha Berber. Il nous suffit de savoir qu’elle n’a jamais coupé les ponts avec la scène culturelle. Elle était de toutes les manifestations. Si elle n’était pas face au public, elle était avec lui, aux premiers rangs.

«On ne peut pas, on ne doit pas, oublier d’inviter Fatiha Berber ! Tu es fou, faire un hommage ou donner une représentation et ne pas l’y convier !? Elle nous en voudrait à mort, et elle ne se gênera pas de nous le dire», nous avait confié un jour un responsable au Théâtre national d’Alger. Fatiha Berber était entière et artiste jusqu’aux bouts des doigts. Elle le disait, elle le clamait, et elle ne vous envoyait pas dire ce qu’elle pensait. Elle était plus qu’une artiste. C’était une grande et belle dame, dont il est difficile de parler au passé.

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