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ETHIOPIE: Le vice-premier ministre Hailemariam Desalegn assure l’intérim après le décès de Meles Zenawi

Passation de service au… vice!

Il était l’un des poids lourds de la politique en Afrique, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi est mort dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 août, à l’âge de 57 ans. Il est décédé à l’hôpital, hors de son pays sans que l’on sache où exactement, peut-être à Bruxelles. Depuis plusieurs mois, son état de santé faisait l’objet de nombreuses rumeurs. C’est son vice-Premier ministre Hailemariam Desalegn qui va maintenant assurer la relève. La question de la succession semble donc réglée, pourtant elle n’est pas réellement justifiée par les textes de loi.

Le Parlement se réunira bientôt et Hailemariam pourra prêter serment. Il prendra alors officiellement sa charge de Premier ministre.

La Constitution reste floue. Elle énonce seulement que le vice-Premier ministre assure la relève du Premier ministre en son absence. Rien sur la durée de cet intérim ou sur les procédures qui devraient être mises en place en cas de disparition prématurée du Premier ministre.

Le gouvernement a pourtant annoncé qu’il n’y aura pas de nouvelles élections. D’ores et déjà des voix s’élèvent dans l’opposition. Temesgen Zewde, de l’Union pour la Démocratie et la Justice (UDJ) reproche que les partis d’opposition n’aient pas eu voix au chapitre dans cette transition.
L’annonce de l’intérim d’Hailemariam ne serait intervenue qu’après débat au sein du Front de Libération du Peuple Tigréen (TPLF), le parti historique de Meles Zenawi. Ses dirigeants s’étaient déjà réunis, il y a 3 semaines à Mekele, la capitale du Tigré.

Hailemariam était l’homme que Meles avait déjà choisi pour lui succéder à la fin de son mandat. Une marionnette dont le Premier ministre aurait continué à tirer les ficelles.

De nombreux dirigeants africains et d’autres pays du monde ont salué mardi le rôle stratégique que Meles Zenawi a joué sur le continent.

Barack Obama affirme éprouver de l’«admiration» pour sa politique de lutte contre la pauvreté.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon salue un «défenseur exceptionnel de la cause africaine».

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso évoque un «dirigeant africain respecté» qui «a fait preuve d’un grand engagement personnel».

Le président sortant de Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, salue, quant à lui «la contribution à la promotion de la paix» de Meles Zenawi. L’Ouganda, le Kenya et l’Afrique du Sud notamment ont aussi fait l’éloge du Premier ministre décédé.

Il y a aussi ceux qui rappellent aujourd’hui l’héritage répressif que Meles Zenawi laisse derrière lui. C’est le cas de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme qui ont appelé ce mardi à de rapides progrès en Ethiopie en matière de droits humains et de liberté d’expression. Meles Zenawi a dirigé l’Ethiopie d’une main de fer pendant plus de 20 ans depuis qu’il avait pris le pouvoir en 1991 à la tête d’une guérilla qui venait de faire tomber le régime de Mengistu Haile Mariam. Meles Zenawi a été reconduit il y a 2 ans, avec 99% des suffrages lors des dernières législatives.

Ces ONG soulignent que le Premier ministre disparu avait mené une vaste campagne de répression de l’opposition au cours de ces dernières années. Temesgen Zewde, le président du parti d’opposition Union pour la démocratie et la justice, espère que la transition sera l’occasion d’une ouverture politique.

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