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ERNESTO DJEDJE: Biographie du Roi du “Ziglibity”

Ziglibity: beat qui débite des hits!

«Mieux que toute théorie de l’authenticité, mieux que tout discours préconisant le retour aux sources, le ziglibithy donne un sens et une forme à la volonté des Africains qui veulent se nourrir de la sève de leurs racines. C’est une action, une recréation qui fonde une esthétique nouvelle sur le socle culturel et historique de la société ivoirienne».

C’est ainsi que le professeur Yacouba Konaté jugeait le ziglibity, en 1977, après l’hommage du peuple ivoirien à Ernesto Djédjé, en l’élisant meilleur musicien de l’année à travers le Référendum Ivoire Dimanche (ID) 1976-1977.

Dans cette dynamique, l’artiste monte «Les Ziglibithiens» avec Diabo Steck à la batterie, Bamba Yang au clavier et à la guitare. Léon Sina, Eugène Gba, Yodé, Tagus, Assalé Best, Abou et Youbla sont les autres membres du groupe qui sort, en 1978, « Les Ziglibithiens». Incontestablement au sommet de son art, Ernesto Djédjé est qualifié de Gnoantré national (l’homme avec lequel toute une nation lutte).

Le ziglibithy est une danse et un style musical révolutionnaire qu’Ernesto Djédjé crée à son retour du Nigeria, au milieu des années 70. Il a su remettre la musique ivoirienne au goût du jour en alliant avec harmonie musiques extérieures et musique classique ivoirienne : disco dance, rumba, high life, makossa et musiques traditionnelles ivoiriennes.
Qu’on l’appelle afrobeat ou afro funk, le ziglibity reste unique et son père, un artiste complet: auteur-compositeur-interprète doté d’une somptueuse voix. C’est pourquoi il était surnommé «l’épervier», l’homme qui dit la vérité par l’art de la poésie lyrique, d’où ses textes allégoriques qui n’épargnent rien des tares de la société.

10 ans ! C’est à cet âge précoce qu’Ernesto Djédjé a été initié au «tohourou», un rythme traditionnel bété qui tire ses origines dans le pays guéré (ouest) et qui reste sa principale source d’inspiration, avant qu’il ne crée le zyglibity. C’était en 1963. Ernest Djédjé monte, avec son ami Mamadou Kanté, un orchestre de fortune dénommé Les Antilopes. Il est à la guitare, au chant et à la danse.

Le groupe multiplie des concerts à Daloa et dans le reste du centre-ouest ivoirien. En 1965, lorsqu’une tournée les conduit à Vavoua, son ami et lui émerveillent le musicien Amédée Pierre, originaire lui aussi de Daloa.

Il les recrute pour le compte de son orchestre Ivoiro Star. De 1965 à 1968, il joue le rôle de chef d’orchestre, tout en apprenant à jouer de la guitare métallique.

Pendant ce temps, Mamadou Kanté s’exerce à la contrebasse. Mais tenté par l’aventure, Ernesto Djédjé s’envole pour Paris, en 1968, avec son diplôme de Bepc, sans l’aval d’Amédée qui lui en voudra pour cela.

Il y prend des cours en informatique puis rentre au bercail. Emmanuel Dioulo qu’il séduit, l’embauche en qualité de responsable culturel à l’Autorité pour l’aménagement de la région du sud-ouest (Arso), à San-Pédro. Avec l’aide de ce dernier, il monte le San-Pedro Orchestra. Quelques mois plus tard, après un passage à Abidjan, il regagne la France.

La musique reste sa passion. Il y fait la rencontre de futurs célébrités de la musique africaine tels que Manu Dibango, Anouma Brou Félix et François Lougah. Avec leur collaboration, surtout Manu Dibango aux arrangements, il enregistre, en 1970, son premier album intitulé «Anowa». Un 45 tours fait de soul, de rythm and blues et de jerk dance. Un an plus tard, il sort sa 3ème oeuvre, «N’wawuile / N’koiyeme». En 1973, il enregistre «Mamadou Coulibaly» puis «Zokou Gbeuly».

La même année, il rentre en Côte d’Ivoire. En 1977, avec la collaboration du plus puissant producteur ivoirien de l’époque, Raïmi Gbadamassi, dit Badmos, (créateur de Badmos Store) et de Makainos, après 6 mois de studio, Ernesto Djédjé sort son premier 33 tours, un album monumental enregistré à Lagos au Nigéria d’où va naîetre le tube international Ziboté qui le place au-devant de la scène. En 1979, il enchaîne avec «Golozo et Azonad», «Zouzou Palegué ». L’artiste termine sa carrière avec l’album «Tizeré».

Ernesto Djédjé était marié avec l’Egyptienne Lola Moustapha Soher Galal, à qui il a dédié son titre «Lola». De leur rencontre sont nés Tarek et Donia. Avec Rokia Lo, une Sénégalaise, il a eu une fille, Fatim Gbagbo, née le 19 décembre 1979, à Treichville.

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