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COTE D’IVOIRE: Congrès du PDCI – Va-t-on vers l’implosion du parti?

Bédié et les 4 mousquétaires? 

Le 5ème congrès extraordinaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) s’est ouvert le 27 février, sous des annonces houleuses. En tout cas, la tension est montée d’un cran par rapport à la conduite à tenir concernant l’appel de Daoukro du président Henri Konan Bédié qui, avant même d’avoir réuni les instances du parti, avait appelé, en septembre dernier, les militants à soutenir la candidature du président sortant, Alassane Dramane Ouattara (ADO), issu du Rassemblement des Républicains (RDR). 

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Le 5ème congrès extraordinaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) s’est ouvert le 27 février, sous des annonces houleuses. En tout cas, la tension est montée d’un cran par rapport à la conduite à tenir concernant l’appel de Daoukro du président Henri Konan Bédié qui, avant même d’avoir réuni les instances du parti, avait appelé, en septembre dernier, les militants à soutenir la candidature du président sortant, Alassane Dramane Ouattara (ADO), issu du Rassemblement des républicains (RDR). Ce, dans le cadre du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP), alliance qui leur avait permis de conquérir le pouvoir en 2010, face à Laurent Gbagbo. Nonobstant cet appel du président du parti, certains militants, et pas des moindres, n’entendent pas suivre le mot d’ordre. Jamais le parti n’a paru autant divisé, par rapport à la désignation de son candidat à l’élection présidentielle.

D’abord menée par le jeune Kouadio Konan Bertin (KKB), la fronde a, par la suite, vu d’autres dinosaures du parti sortir du bois pour manifester leur désapprobation, en annonçant leur candidature. Sont de ceux-là, l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny, l’ex-ministre Amara Essy et Kablan Brou Jérôme (le plus inconnu des quatre) qui estiment, à la suite de leur jeune frère et député KKB, qu’un grand parti comme le PDCI doit avoir son candidat propre à la présidentielle à venir. C’est ce qu’ils avaient réaffirmé, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Ivoire, jugeant irrecevable l’appel de Bédié, rejetant du même coup l’épithète peu glorieuse de «frondreurs» qu’on leur colle depuis lors.

La fracture entre les protagonistes semble avoir atteint un point de non retour, si bien que l’on se demande si l’on ne s’achemine pas vers une implosion du parti. En tout cas, si les choses restent en l’état, il ne serait pas étonnant que le parti du pachyderme connaisse des défections, à l’issue de ce congrès. De quelle ampleur? Là est toute la question, d’autant plus que l’on s’interroge sur le poids réel de ces contestataires au sein du parti.

Pour les partisans de Bédié, ces derniers constituent une minorité qui ne saurait ébranler ni entraver la marche du parti. C’est pourquoi, selon des sources proches de l’ex-président, sans vouloir leur forcer la main, Bédié avait accepté de les rencontrer pour expliquer le bien-fondé de l’appel de Daoukro, sur instruction du bureau politique.

Bédié a préparé le terrain pour avoir l’adhésion de la majorité des militants.

Mais tout semble indiquer qu’ils sont restés sourds à cette démarche et veulent mener leur propre combat. Désormais, les ponts semblent donc irrémédiablement rompus. Mais, à moins de trouver un accord ou de créer leur parti, l’on se demande comment feront les frondeurs pour se porter candidats, au cas où le congrès décide de répondre favorablement à l’appel de Bédié, comme l’on semble s’y diriger, du reste.

Car, en vieux briscard, Bédié a préparé le terrain pour avoir l’adhésion de la majorité des militants, afin de légitimer sa décision. Et une forte tendance semble se dégager en sa faveur. Dans ces conditions, les frondeurs semblent engagés dans un combat perdu d’avance, et n’auront d’autre choix que de se plier ou d’aller voir ailleurs, si les tendances se confirment.

Car, on ne voit pas comment Bédié pourrait être obligé de prendre la porte d’un parti comme le PDCI dont il est pratiquement l’âme aujourd’hui. C’est pourquoi l’on ne peut s’empêcher de penser que ces 4 mousquetaires sont engagés dans une opération kamikaze dans laquelle ils risquent de perdre des plumes, malgré la légitimité de leur action.

Au-delà, quel pourrait être l’impact d’une éventuelle défection de ces frondeurs du parti de l’éléphant? Et quelles pourraient être leurs chances de battre le candidat du parti à la prochaine élection? Difficile d’y répondre. Mais, l’on imagine difficilement qu’ils puissent être une véritable menace pour le président ADO, dans les conditions actuelles, même en cas de collusion avec des partis de l’opposition. Mais peut-être ont-ils une botte secrète ? Attendons alors de voir.

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