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COTE D’IVOIRE: Procés de Gbagbo à la Haye – La contre-offensive accablante de la défense

Au 3ème jour du procès inédit de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale Internationale de La Haye, c’est au tour des défenseurs de l’ex-président ivoirien, jugé pour crimes contre l’humanité avec son ancien ministre Charles Blé Boudé, de faire entendre leur position. 

 

Le grand pensionnaire du très célèbre pénitencier de la Haye, fait valoir ses talents de stratège redoutable et d’historien avisé. De la posture de l’accusé, il prend celle de l’accusateur. Par la voix de ses avocats, Laurent Gbagbo désigne les coupables des tueries massives qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire tout au long de la crise postélectorale. 

 

Et ces coupables, ce sont Alassane Ouattara himself et la France présentée comme complice active. C’est la réponse sans ambages du berger à la bergère, pourrait-on dire. Ce procès devient à tous égards fort intéressant. 

Il prend une bifurcation soudaine et inattendue et il promet de longues tirades et des révélations en tous genres. Le Christ de Mama vient de réveiller l’habile boulanger qui dormait en lui depuis son transfèrement à la Haye. Cet homme qui a un sens inné de la communication, qui a quasiment gagné la bataille de l’opinion à travers les médias et les livres écrits souvent à sa requête et parfois par conviction des auteurs, va très probablement désarçonner l’accusation. 

 

Et si l’ancien chef d’Etat parvenait à bien camper le personnage de la victime et de l’accusateur, il soulèvera sans aucun doute davantage de vagues de sympathie à travers l’Afrique et le monde. 

La stratégie de dénégation et d’auto-victimisation pourra-t-elle imprimer un nouveau virage au procès? 

 
 

Cette auto-victimisation à peu de frais, a d’autant plus de chances de prospérer que le contexte dans lequel se tient le procès parle déjà pour Laurent Gbagbo. 

En effet, le sommet de l’Union africaine (UA) dont les lampions viennent de s’éteindre, a été largement consacré par les chefs d’Etat présents à Addis-Abeba, à la détestation de la Cour pénale internationale (CPI). 

 

Et c’est peu dire, car les têtes couronnées d’Afrique ont exprimé clairement leur volonté de se concerter pour retirer le continent de la CPI. Cette haine collective des chefs d’Etat africains à l’endroit de la CPI prend les allures d’un pain bénit tombé du ciel pour Laurent Gbagbo. 

Du coup, Alassane Ouattara apparaît dans l’imaginaire africain, au mieux comme un orphelin, au pire comme un complice de la CPI, voire de l’impérialisme international incarné par les Occidentaux, avec à leur tête la France et les Etats-Unis. 

 

Mais, il s’agit à présent de savoir si cette stratégie de dénégation et d’auto-victimisation pourra endormir l’accusation au point d’imprimer un nouveau virage au procès. La suite du procès se chargera de la réponse.

 

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