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CAMEROUN: Faut-il ou non sanctionner Samuel Eto’o?

Eto’o dans… l’étau des sanctions?

La polémique enfle sur une possible sanction du footballeur Samuel Eto’o qui n’a pas répondu à une convocation pour le match de l’équipe nationale du Cameroun contre le Cap Vert, samedi 8 septembre. Il a également refusé de prendre part au stage de préparation de ce match.

Samuel Eto’o évolue actuellement à Anzhi Makachkala, un club du Daghestan, république de Russie. Le célèbre footballeur camerounais de 31 ans a adressé une lettre au président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) dans laquelle il dit: “J‘ai le regret de vous informer de ma décision de suspendre toute participation à cette sélection compte tenu du fait que les insuffisances que j’ai eu à décrier de façon récurrente en tant que Capitaine demeurent“.

Celui qui a plusieurs fois été Ballon d’or africain évoque comme insuffisances: “un environnement caractérisé par l’amateurisme et la mauvaise organisation, incompatibles avec les exigences du sport de haut niveau“.

Un avis que partagent certains jeunes à l’exemple d’Atéba Biwolé, un journaliste sportif.
Eto’o n’est pas le premier joueur à se plaindre de la Fecafoot. On a eu un certain nombre de joueurs qui se sont plaints de l’amateurisme au sein de l’équipe. Depuis un certain nombre d’années, les dirigeants ne prennent pas les joueurs au sérieux et je crois qu’il était temps qu’un joueur porte le problème à l’attention de tous“, dit Atéba Biwolé.

Yonoussa Ben Moussa a 25 ans et n’est pas content: “Je pense qu’Eto’o en tant qu’individu est libre d’opérer toute sorte de choix. Mais refuser de jouer dans l’équipe nationale de son pays est un acte très grave car c’est la Nation qui l’appelle.  Eto’o joue pour la Nation. Quand il marque un but on dit que le Cameroun a gagné on ne dit pas qu’Eto’o a gagné un match. Le fait de refuser de jouer est un acte antipatriotique très grave qui mérite d’être sanctionné“.

Junior Binyam, le chargé de la communication de la Fecafoot pense qu’Eto’o “fait valoir son droit de citoyen en s’exprimant sur des dysfonctionnements qu’il croit avoir observés. Mais il ne satisfait pas ses obligations de joueur qui sont de répondre à une convocation“.

Comme le jeune Yonoussa, beaucoup pensent qu’il faut sanctionner cette faute professionnelle de Samuel Eto’o en appliquant les textes de la Fecafoot prévoyant des sanctions pour les joueurs qui refusent de se présenter à une convocation.

Junior Binyam de la Fecafoot explique qu’il “y a une gradation des sanctions qui vont du blâme, l’avertissement, les suspensions temporaires jusqu’à la sanction extrême qui est le bannissement. Il est prévu à l’article 9 du règlement intérieur des sélections nationales du Cameroun que les joueurs convoqués à l’équipe nationale ont l’obligation d’y répondre. Samuel Eto’o est donc sous le coup d’une faute disciplinaire. Toutefois aucune poursuite n’a encore été engagée“.

Pour certains militants des droits de l’homme tel que Jean-Aimé Kamga, si on venait à sanctionner Samuel Eto’o parce qu’il a exprimé sa pensée, ce serait une violation de sa liberté d’expression.

Junior Binyam, le chargé de la communication de la Fecafoot tient à préciser que Samuel Eto’o ne peut être sanctionné pour avoir exprimé son opinion mais pour non respect de ses obligations.
Il dit: “Les joueurs s’expriment quand ils veulent et comme ils veulent. Aucun joueur n’a jamais été sanctionné pour ce qu’il dit“.
Pour lui, il s’agit ici d’un cas de principe et non de violation des libertés: “La société est régie par des règles et chacun ne décide pas de son propre chef. Quand vous êtes membre d’une organisation vous en respectez les principes ou vous en sortez. Les joueurs ont l’obligation de répondre aux convocations et de disputer des matchs sauf s’ils sont frappés d’incapacité physique. Chaque joueur en connait le principe. S’il veut faire valoir sa liberté, il sort de cette organisation là.”.

Ce qui est certain, c’est qu’en russe ou pas, chaque match de Samuel Eto’o fait salle comble dans les cafés yaoundais. Sanctionné ou non, Eto’o reste l’idole de beaucoup de jeunes au Cameroun.

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