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BURKINA FASO: “Madiachou”, chanteuse et avocate des femmes!

Diane, une chanteuse qui cible au… “Somé”!

Diane Somé alias “Madiachou” est une coiffeuse professionnelle. Passionnée d’art, surtout de musique, elle est également choriste dans l’orchestre «Sya Dembé» de Bobo-Dioulasso. A 37 ans, cette dame à la voix de rossignol, se prépare à faire sortir son premier album, dans lequel elle défend les femmes.

altDiane Somé est actuellement l’étoile de l’orchestre mythique de Bobo-Dioulasso, «Sya Dembé». De par sa voix captivante, elle retient l’attention du public, quand elle est sur scène.

«C’est magnifique», telle est l’appréciation d’un mélomane lors de la soirée hommage aux artistes disparus du Burkina Faso de 1960 à 2013. Ce jour-là, elle reprenait la chanson «Diarabi» du regretté Tidiane Coulibaly. Et tous les spectateurs ont ressenti un plaisir à l’écouter. En effet, à la fin de sa prestation, c’est une salve d’applaudissements qui a accompagné l’orchestre «Sya Dembé». Un honneur pour Diane qui avoue avoir du plaisir à interpréter l’artiste, surtout qu’elle est encadrée par ses aînés.

«Je suis entrée dans un groupe où il y a pratiquement mes papas, mais je me sens très bien. Chacun d’eux m’apporte son soutien, sa connaissance», raconte-t-elle. Avant d’intégrer l’orchestre, Diane Somé, plus connue dans le milieu artistique sous le nom de “Madiachou”, a pris part à l’émission «Faso Academy» en 2007, une téléréalité de la Radiodiffusion-télévision du Burkina (RTB).

Un tremplin où les artistes en herbes se dévoilent au public, à travers une compétition musicale. Mais elle est éliminée dès le 1/16e de finale.

«Ça ne m’a pas découragé. Le problème, c’était la gamme et la justesse de la voix. Je me suis intéresseé à la musique très petite», explique-t-elle. Après cette aventure, Diane va commencer à écrire ses propres textes.

Dans le souci de mieux faire, elle va intégrer l’orchestre «Sya Dembé» en fin 2011. En juillet 2013, elle a procédé à l’enregistrement de son nouvel album.

«Je veux faire de la musique tradi-moderne comme Eugène Kounker», précise-t-elle. Dans cet album, il y aura des titres pour défendre la cause des femmes, qui «ploient sous le poids de la tradition, les dures conditions de vie qu’elles rencontrent dans le foyer, pendant la saison sèche et hivernale». En fait, Diane pense que l’émancipation de la femme, c’est l’aider à sortir de la souffrance.

«Une femme émancipée doit apprendre à lire, à être éduquée, exercer un métier et savoir défendre ses droits. Elle doit se battre pour s’émanciper. En voulant avoir quelque chose, il faut montrer le désir de vouloir la chose et quelqu’un va t’aider», a-t-elle expliqué.

Cependant, Diane déplore la mauvaise compréhension de l’émancipation par certaines femmes, qui ont tendance à vouloir s’égaler à l’homme dans le foyer. Dans cet album, il y aura des chansons qui vont traiter également de la pauvreté et l’infidélité.

«Je dis aux hommes d’être fidèles. Ici, je parle plus d’un homme qui ne trie pas de femme, même si c’est sa nièce ou sa fille, pourvu que ce soit une femme», s’indigne-t-elle. Dans le paysage musical, Diane a des références. Parmi ceux-ci, il y a Victor Démé, qui fait selon elle, de la musique qui traverse le temps.

Elle dit aussi aimer Alif Naaba pour son rythme et son aisance sur scène, de même que Amity Meria: «C’est une femme moderne, qui sait ce qu’elle fait et ce qu’elle veut dans la musique. C’est surtout ces textes qui me plaisent», a-t-elle déclaré.

Diane Somé est avant tout une coiffeuse. Un métier qu’elle a embrassé dès sa tendre enfance. En effet, elle dit avoir quitté la classe de CM2 pour entrer dans un salon de coiffure où elle va apprendre le métier, avant de chercher à se perfectionner. C’est ainsi qu’elle obtiendra le Certificat de qualification professionnelle. Un salon de coiffure, c’est également un espace de rencontre pour les femmes. Les sujets de discussion ne manquent pas.

«Les femmes parlent souvent de leur vie de foyer, de leur vie courante. Souvent, une cliente peut venir avec vraiment des problèmes. Elle ne sait pas à qui se confier. C’est par rapport aux échanges, qu’elle va comprendre qu’elle a quelqu’un à qui elle peut se confier».

Selon elle, les sujets les plus courants sont liés au foyer, notamment les relations entre mari et femme. Il s’agit de femmes battues par leur mari, de l’infidélité des hommes, surtout le problème d’insatisfaction sexuelle.

Après avoir entendu tant de sujets relatifs à la vie de couple, Diane est convaincue qu’il n’y a pas de manière fixe d’entretenir un homme. «Il faut chaque fois renouveler et les hommes doivent faire l’effort de comprendre leurs femmes», a-t-elle suggéré.

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