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AMBARADAM: Film sur secondes générations et identité, vedette au Festival du Cinéma de Venise

Vainqueur de la 2ème édition du concours “MigrArti 2017” lancé par le Ministère des Biens et des Activités Culturelles (MIBACT), le court-métrage “Ambaradan” a été présenté à la 74ème Biennale de Venise. La mise en scène est de Paolo Negro et Amin Nour, à l’origine de l’idée du film. Le scénario est signé par Mauro Cataleta et Alessio Partenopeo outre à Amin Nour et Paolo Negro. Le court-métrage a été produit par la Tauron Entertainment Srl, en collaboration avec  la Rain Dogs Film.

Le film “Ambaradan” est on ne peut plus actualité: il fait une ouverture sur la nouvelle d’une protestation de citoyens à Lampedusa pour l’afflux massif de migrants sur l’île, débarqués au nombre de 6.000, et sur les difficiles conditions de vie pour la population locale. Une nouvelle désormais quotidienne, surtout durant l’été où les favorables conditions météorologiques font augmenter les arrivées.  En réalité, une constante des dernières années, non plus une urgence comme cela est présenté par les médias et les politiciens…

La macro histoire de l’immigration et ses répercussions sur la société italienne (en plus effrayée par la menace du terrorisme) s’entrelace avec la micro histoire de Luca (20 ans), un peu particulier, pas autant pour la couleur de sa peau mais pour son caractère très vivace. 

Le court-métrage a été expressément tourné dans le quartier de Colleverde (une banlieue de Rome, jamais racontée au cinéma) qui s’est prêtée au “jeu”, mettant à disposition gratuitement des lieux de vie commune (paroisse S. Remigio, Bar Wonka, gymnase B4U, les hlm).

Un autre set du film a été un établissement balnéaire, à Focene, “La Madonnina”, toujours concédé gratuitement par le propriétaire, Don Massimo.

A souligner en outre, la participation extraordinaire de Paolo Paoloni (né en 1929) le fameux “Mega Direttore Galattico” du célèbre film “Fantozzi” (avec l’acteur comique feu Paolo Villaggio ndrl) et qui fut déjà maitre de théâtre du réalisateur Amin Nour, à l’école primaire.

Le projet est né au sein de l’association culturelle  “Neri Italiani/Black Italians (NIBI)”, fruit d’une synergie entre les réalisateurs et la production.

Particularité du projet a été la régie à quatre mains et deux vice-régistes, avec une troupe multiethnique. Le résultat final est fruit de deux ans de recherches, rencontres et interviews réalisées par NIBI à des étrangers sympathisants d’extrême droite: diversité dans la diversité.

«Le but du court-métrage est celui de raconter les crises d’identité, le racisme, l’intégration sous une clé ironique et sociale, du point de vue excentrique, renversant le stéréotype de l’étranger, montrant donc les diverses facettes des secondes générationsLa Tauron Entertainment a décidé d’investir sur ces jeunes, consciente tant de la grande valeur culturelle du projet spécifique que de la nécessité de porter au sein du système culturel et industriel du cinéma italien, les histoires, le professionnalisme et la créativité des jeunes de secondes générations (G2): un aspect déficitaire de notre cinéma italien là où dans d’autres pays, comme par exemple la France, l’accès au secteur d’auteurs et professionnels de secondes générations a amplié la valeur artistique et culturelle du cinéma français mais aussi sa valeur économique et industrielle. De ce point de vue, l’Italie, tout en ayant certainement une histoire d’immigration très différente de celle française, est coupablement en retard et Tauron, tout comme toute l’organisation de “CNA* Cinema”, sont convaincus de l’extrême urgence de récupérer le terrain perdu, investissant sur des jeunes de secondes générations», , récite la note de régie. 

En parallèle à la production du court-métrage, il a été réalisé un documentaire avec la régie de Diana Pesci, contenant des backstages, interviews et approfondissements sur les thèmes liés à l’histoire du court-métrage. Il raconte les nuances du set derrière la production, la réalisation et distribution du matériel. Le documentaire, outre à témoigner la vie de set, entre dans l’intimité des protagonistes et de l’association NIBI, montrant leurs sentiments, histoire, ambitions et objectifs.

Au-delà de la présentation aux festivals et de la diffusion sur les réseaux sociaux, le court-métrage sera projeté dans les instituts scolaires pour créer des moments de débats et confrontation entre les G2 porteuses du projet et les étudiants sur les thèmes affrontés par le film.

 

(*Confédération Nationale de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises)

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