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COTE D’IVOIRE: Frontière Ghana – Côte d’Ivoire – La colère noire d’Alassane Ouattara

Ouattara réagit ferme et… ferme la frontière!

Après un mois et demi d’accalmie, la situation sécuritaire dégénère de nouveau en Côte d’Ivoire : un commissariat de police et un poste de gendarmerie ont été attaqués le 20 septembre dernier à Abidjan, et de nombreux coups de feu ont été entendus pendant des heures dans la commune de Port-Bouet au sud de la capitale.

Ironie du sort ou stratégie savamment menée, c’est le jour même où le président Alassane Ouattara présidait une cérémonie en hommage aux militaires victimes des précédents assauts sur le camp militaire d’Akouédo qui, on s’en souvient, avaient causé mort et désolation dans les rangs des forces armées ivoiriennes, que les assaillants ont ouvert de nouveau les hostilités. C’était loin d’être un épiphénomène, puisque, dès le lendemain, c’est-à-dire le vendredi 21 septembre, Noé, la ville frontalière avec le Ghana, essuyait le raid d’un mystérieux commando, paniquant toute la population.

En effet, ce jour-là, des individus armés y ont attaqué la base des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ce qui a semé mort et désolation de part et d’autre. Une nouvelle donne qui a fait perdre au président ivoirien son flegme en le mettant en courroux, le poussant ainsi à ordonner illico presto la fermeture de la frontière avec le Ghana, longue de 700 km. Plus de 17 mois après la fin de la confrontation politico-militaire Gbagbo/Ouattara, la sécurité en Côte d’Ivoire reste d’une consternante préoccupation. Après des assaillants venus de la poreuse frontière libérienne, voici un nouveau front qui s’ouvre dans le corridor ghanéen.

Des attaques attribuées par le pouvoir ivoirien à des partisans de l’ancien président, Laurent Gbagbo ; ce que ces derniers rejettent avec la dernière énergie. Des assaillants venus du Ghana, une première. Et sauf erreur ou omission, c’est la première fois que la frontière entre les deux pays est ainsi fermée. Une fermeture qui, selon les observateurs, reste d’une efficacité relative sur le plan sécuritaire et qui pourtant pourrait avoir de graves conséquences économiques pour les hommes d’affaires et les populations.

Et à dire vrai, si les opposants à Alassane avaient juré de lui rendre la vie difficile afin qu’il ne préside pas normalement aux destinées de la Côte d’Ivoire, on peut dire que le pari est gagné.

Abidjan, en décidant de fermer ses frontières maritime, aérienne et terrestre avec le Ghana, estime inacceptable que des assaillants puissent partir du Ghana pour s’attaquer à la Côte d’Ivoire et y replier sans trop de difficultés. On se souvient que, lors d’une brève visite à Abidjan le 5 septembre dernier, le nouveau président ghanéen, John Dramani Mahama, avait promis que son pays ne servirait pas de base-arrière pour déstabiliser la Côte d’Ivoire. Alors, ces nouveaux assaillants ont-ils bénéficié ou pas de la bienveillance du pays de Kwamé Nkrumah pour attaquer la Côte d’Ivoire ?Difficile pour l’instant de répondre à cette question, même si la simple porosité de cette frontière aux nombreuses pistes empruntées par des contrebandiers pourrait en être l’explication.

Que des assaillants partent du Ghana serait à la limite dans l’ordre des choses si l’on sait que nombreux sont les opposants irréductibles au régime en place en Côte d’Ivoire qui y ont élu domicile depuis la chute de Laurent Gbagbo. Et le moins bruyant et le plus inflexible de cette constellation de contempteurs d’Alassane Ouattara n’est autre que Justin Katinan Koné. Accusé de crimes économiques et mis au frais le 24 août dernier à Accra, cet ex-ministre du Budget et ex-porte-parole de Gbagbo croupit dans une geôle ghanéenne, en attendant que la justice donne son quitus pour son extradition vers son pays.

Traquer les opposants, c’est bien, mais trouver une stratégie pour apaiser la situation en Côte d’Ivoire, c’est encore mieux. Tout un défi.

COTE D’IVOIRE: Bernard Dadié, écrivain satirique et défenseur de la culture africaine

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