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MALI: Le pays serait-il en train de virer au vert?

L’anomalie malienne!

C’est l’impression ou plutôt la réalité qui est en train de prendre forme après la domination du nord du pays par les islamistes du groupe «Ansar Eddine» et la prise de contrôle de l’importante cité de Tombouctou qui vit depuis sous la loi de la charia.

Les islamistes qui se sont facilement débarrassés des Touaregs n’ont pas l’intention de se confiner, mais d’étendre leur influence au reste du Mali. De prime abord, cela semble une entreprise à leur portée tant les putschistes, qui ont déposé le président Toumani Touré à quelques jours de l’élection présidentielle, paraissent dépassés par les événements.
En fait, ils étaient mal préparés à leur tentative de coup d’Etat. De plus, ils sont mal organisés et mal armés. Et comme par hasard, ce sont les mêmes reproches que les militaires, qui se sont emparés du pouvoir, ont adressé au président Touré d’être incapable de maintenir l’ordre au nord du pays faute de moyens de défense.
Les islamistes « Ansar Eddine » aidés, pour l’occasion, par le groupe AQMI qui se fait valoir de la nébuleuse Al-Qaïda dans le Maghreb, profitent justement de la débandade des militaires putschistes pour sortir leurs grilles et partant contrôler tout le Mali et en faire un Etat islamique vivant sous la loi de la charia, dans sa forme la plus radicale.
Les pays voisins du Mali vont-ils laisser faire et regarder sans intervenir au besoin pour contenir le danger et remettre de l’ordre dans ce pays où jusqu’à récemment, le président était élu démocratiquement?
Si le Mali tombe entre les mains des islamistes radicaux, le phénomène ne risque-t-il pas de gagner d’autres pays voisins?
Sans vouloir crier au loup, un danger latent guette cette partie du Sahel.
Certes, les pays limitrophes ont pris la décision d’instaurer le blocus économique du Mali pour gêner le régime militaire en place. Mais c’est la population qui souffre le plus du blocus, et du coup elle risque de tomber comme un fruit mûr entre les mains des extrémistes islamistes.
Comme à chaque fois et dans des cas pareils, l’ONU s’est manifestée pour demander aux intrus d’évacuer le nord du Mali.
L’appel onusien sera-t-il entendu? Peu de chance qu’il aboutisse, tant on sait que l’Organisation mondiale est un tigre en papier et que ses injonctions restent dans la plupart des cas lettre morte.

Youssef Benzahra

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