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Immigration, Istat : envolée des permis de séjour, mais les demandes d’asile reculent

Permis de séjour en Italie

En 2025, près de 427 000 nouveaux permis de séjour ont été délivrés en Italie, soit 47,2 % de plus que l’année précédente. Les regroupements familiaux, les études et le travail progressent fortement, tandis que les demandes de protection internationale reculent.

Rome, 26 octobre 2026 – Les permis de séjour délivrés aux étrangers en Italie augmentent nettement, tandis que les demandes d’asile diminuent. C’est ce qui ressort du rapport de l’Istat « Cittadini non comunitari in Italia – Anno 2025 » (Ressortissants non européens en Italie – Année 2025), publié le 22 octobre 2026.

Selon l’Institut national de la statistique, 426 956 nouveaux permis de séjour ont été délivrés au cours de 2025, soit une hausse de 47,2 % par rapport aux 290 119 de l’année précédente.

Une progression particulièrement forte, qui intervient après deux années de baisse et ramène le nombre de nouveaux titres de séjour à l’un des niveaux les plus élevés des quinze dernières années.

Cette croissance est surtout portée par les regroupements familiaux, les permis pour études et ceux liés au travail.

Forte hausse des regroupements familiaux

La progression la plus importante en valeur absolue concerne les permis délivrés pour motifs familiaux.

En 2025, 168 733 nouveaux permis pour regroupement familial ont été accordés, soit 61,2 % de plus qu’en 2024.

Il s’agit du chiffre le plus élevé enregistré depuis quinze ans.

Un élément est particulièrement notable : 47,9 % des nouveaux permis pour regroupement familial concernent des enfants et des adolescents.

Parmi les communautés les plus concernées figurent les Marocains, avec 23 467 nouveaux titres, et les Albanais, avec 21 131.

Viennent ensuite l’Égypte, le Pakistan et l’Inde.

La hausse des regroupements familiaux confirme le rôle de la famille dans les parcours d’installation de la population étrangère en Italie.

Les permis pour travail et études progressent aussi

La hausse concerne également le marché du travail.

Les nouveaux permis pour motif professionnel ont augmenté de 45,9 %, pour atteindre près de 59 000.

L’écart entre hommes et femmes reste toutefois très marqué : 83,2 % des permis pour travail ont été accordés à des hommes.

Parmi les principales nationalités des travailleurs figurent l’Inde, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et le Bangladesh.

La progression des permis pour études est également importante : +76 % par rapport à 2024.

Au total, les nouveaux titres délivrés à des étudiants étrangers ont dépassé les 35 000, leur plus haut niveau depuis 2010.

Selon l’Istat, cette croissance s’explique aussi par les politiques des universités italiennes pour attirer les étudiants internationaux : bourses, aides financières et offre de cursus en anglais de plus en plus large.

Les demandes d’asile en baisse

À contre-courant des permis de séjour, les demandes de protection internationale ont reculé.

Selon le tableau récapitulatif de l’Istat, 128 665 demandes d’asile ont été déposées en 2025, contre 151 120 en 2024, soit une baisse de 15,1 %.

Parmi les principaux pays d’origine des demandeurs figurent le Bangladesh, le Pérou, l’Égypte et le Pakistan.

Le rapport souligne aussi une hausse des décisions négatives rendues par les commissions territoriales chargées de la reconnaissance de la protection internationale.

En 2025, 104 560 premières demandes ont été examinées, dont 70 % ont été rejetées.

Le taux de rejet est en hausse de près de six points par rapport à l’année précédente.

Les chances d’obtenir une protection internationale varient toutefois sensiblement selon la nationalité des demandeurs.

Le Maroc, le Sri Lanka et le Bangladesh figurent parmi les nationalités aux taux de rejet les plus élevés, tandis que les ressortissants du Burkina Faso et du Mali enregistrent des taux d’acceptation particulièrement élevés.

Plus de quatre millions de ressortissants non européens en situation régulière

Le rapport dresse également un portrait de la population non européenne résidant régulièrement en Italie.

Au 31 décembre 2025, on comptait 4 030 016 ressortissants non européens titulaires d’un permis de séjour en règle, soit une hausse de 5,8 % par rapport à l’année précédente.

La Lombardie reste la région la plus concernée par les nouvelles délivrances : elle concentre à elle seule 23 % des permis délivrés en 2025.

Suivent, loin derrière, l’Émilie-Romagne et d’autres régions à forte présence étrangère.

Parmi les communautés ayant enregistré les plus fortes hausses de nouveaux permis figurent le Maroc, le Bangladesh, l’Égypte, l’Albanie et l’Inde.

Plus de 178 000 nouveaux citoyens italiens

Autre donnée importante : l’acquisition de la nationalité italienne.

En 2025, un peu plus de 178 000 ressortissants non européens sont devenus Italiens.

Parmi les principales communautés d’origine se distingue la communauté albanaise, avec 25 725 acquisitions de nationalité, suivie de près par la communauté marocaine.

Ce phénomène témoigne de la présence d’une population étrangère qui, à côté des nouvelles arrivées, comprend une part de plus en plus enracinée dans la société italienne.

Une immigration qui change

Les données de l’Istat donnent une image nuancée de l’immigration en Italie.

D’un côté, les nouveaux permis liés à la famille, aux études et au travail augmentent ; de l’autre, les demandes d’asile diminuent, même si le nombre de demandes de protection internationale reste élevé.

La forte hausse des regroupements familiaux et la progression des acquisitions de nationalité soulignent en outre l’importance des parcours de stabilisation et d’intégration.

Une réalité qui ne se résume pas aux débarquements ou aux demandes d’asile, mais qui comprend aussi des travailleurs, des étudiants, des familles et des personnes qui vivent régulièrement en Italie depuis de nombreuses années.

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