Le ministère italien du Travail publie son nouveau rapport : plus de 4 200 projets menés pour l’intégration sociale et le soutien aux victimes de traite et d’exploitation, et plus de 42 000 salariés mobilisés.
Les associations engagées dans l’intégration et l’accompagnement des étrangers restent un pilier du système d’accueil et d’inclusion en Italie. En 2025, 4 210 projets ont été menés, au bénéfice de plus d’un million de personnes, ce qui confirme le rôle central du tiers secteur dans le soutien à la population migrante.
C’est ce qui ressort du nouveau rapport publié le 26 octobre 2026 par le ministère du Travail et des Politiques sociales, consacré aux activités menées en 2025 par les associations et organismes inscrits au Registre prévu par l’article 42 du Texte unique sur l’immigration.
Le document dresse le portrait d’une réalité diversifiée : aide sociale, intégration scolaire, insertion professionnelle, protection sanitaire et juridique, ainsi que des programmes de protection destinés aux victimes de traite, de violences et d’exploitation grave.
Plus de 4 200 projets, une activité en hausse par rapport à 2024
Selon les données du ministère, 822 organismes inscrits à la Première section du Registre, consacrée à l’intégration sociale, et 180 organisations de la Deuxième section, spécialisées dans l’aide aux victimes de traite, de violences ou d’exploitation, ont été actifs en 2025.
Le nombre d’organismes est globalement stable par rapport à l’année précédente, mais celui des projets réalisés augmente.
Les organisations de la Première section ont mené 3 766 initiatives, soit 85 de plus qu’en 2024. Dans la Deuxième section, les projets ont été au nombre de 444, en hausse de 26.
Cette progression montre la capacité des organisations à maintenir et à étendre leurs actions, dans un contexte marqué par des besoins sociaux complexes.
Plus d’un million de bénéficiaires, une forte présence de femmes et de mineurs
L’un des aspects les plus marquants du rapport concerne le nombre de personnes touchées par ces initiatives.
Les projets de la Première section ont concerné plus d’un million de bénéficiaires, ceux de la Deuxième section près de 45 000 personnes.
Parmi les bénéficiaires des actions d’intégration sociale, les mineurs représentent 14,8 % et les femmes 33 %. Dans les programmes destinés aux victimes de traite et d’exploitation grave, la part des femmes atteint 46,8 %, celle des mineurs 7,3 %.
La plupart des personnes accompagnées viennent de pays extérieurs à l’Union européenne : 72 % dans la Première section et 80,4 % dans la Deuxième.
Côté nationalités, les Marocains sont les plus représentés parmi les bénéficiaires des projets d’intégration, tandis que les Bangladais sont majoritaires dans les programmes d’aide aux victimes d’exploitation.
Aide sociale, école et emploi au cœur des actions
L’aide sociale reste le principal domaine d’activité des organisations.
Pour les organismes engagés dans l’intégration, le soutien scolaire et l’insertion professionnelle occupent aussi une place importante : ce sont des outils essentiels pour favoriser l’autonomie des migrants et leur participation à la vie sociale.
La situation est différente pour les associations qui luttent contre la traite et l’exploitation, où l’assistance sanitaire et l’accompagnement juridique pèsent davantage.
Le rapport souligne en outre la capacité des organisations à construire des collaborations et des réseaux locaux : 75 % des organismes de la Première section adhèrent à des fédérations ou à des structures de coordination, une proportion qui monte à 87 % dans la Deuxième section.
La forme juridique la plus répandue est la coopérative sociale, qui représente respectivement 48 % et 43 % des organisations des deux sections.
Ukraine : environ 8 500 réfugiés accueillis
Une partie du rapport est consacrée aux actions menées en faveur des Ukrainiens.
En 2025, 39 % des organisations de la Première section et 37 % de celles de la Deuxième ont mis en place des actions destinées aux personnes ayant fui la guerre.
Les organismes directement engagés dans l’accueil ont hébergé au total environ 8 500 personnes.
Ce chiffre confirme l’implication du monde associatif italien dans la gestion des conséquences humanitaires des conflits internationaux.
Plus de 42 000 salariés et le rôle des financements publics
Les activités des associations mobilisent un nombre considérable de professionnels.
En 2025, environ 39 000 personnes rémunérées, salariés et collaborateurs, ont travaillé sur les projets de la Première section et près de 3 500 sur ceux de la Deuxième. À cela s’ajoutent des bénévoles et des experts externes.
Les femmes sont majoritaires dans les différentes fonctions, et la grande majorité des intervenants sont de nationalité italienne.
Sur le plan financier, le rapport met en évidence le rôle déterminant des fonds publics.
Dans les projets de la Première section, les ressources nationales et européennes représentent au total près de 90 % des financements. Pour les organisations de la Deuxième section, les fonds publics nationaux couvrent 84 % des coûts.
Ces pourcentages montrent à quel point la continuité des actions dépend aussi de la disponibilité des ressources publiques et de la capacité des institutions à soutenir le monde associatif.
Le tiers secteur, pilier des politiques d’intégration
Le tableau dressé par le ministère confirme l’importance des organisations à but non lucratif dans la mise en œuvre concrète des politiques migratoires.
Les associations sont présentes sur l’ensemble du territoire, avec une implantation particulièrement forte dans les régions du Nord, et constituent souvent un point de repère pour l’accès aux services, la défense des droits et l’accompagnement vers l’autonomie.
La hausse du nombre de projets réalisés en 2025, alors que le nombre d’organisations est resté globalement stable, traduit une intensification des activités.
Le rapport permet ainsi de mieux comprendre non seulement la taille du monde associatif, mais aussi les besoins de la population étrangère présente en Italie et la contribution que le tiers secteur peut apporter à la construction de parcours d’intégration sociale et professionnelle.


