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TABU LEY “ROCHEREAU”: Le célèbre chanteur congolais inhumé au cimetière Nécropole de la N’sele, à Kinshaha

Ô cher Rochereau! Rocher… de la rumba!

L’inhumation du corps de l’artiste musicien Pascal Tabu Rocherau, dit Seigneur Ley, décédé en Belgique le 30 novembre dernier, a eu lieu, lundi 9 décembre à Kinshasa.

altPascal Tabu Ley, dit «Seigneur Tabu Ley Rochereau», est décédé samedi 30 novembre à Bruxelles en Belgique à l’âge de 73 ans. Le célèbre chanteur congolais était dans le coma depuis plusieurs jours. Selon son fils Charles Tabu, Tabu Ley est mort de suite de diabète après avoir été terrassé par un accident vasculaire cérébral (AVC), il y a plus de deux ans.

Le palais du peuple a été spécialement aménagé pour la circonstance. Des portraits géants de l’artiste imprimés en différentes couleurs ont été affichés à l’entrée principale du siège du parlement congolais mais aussi à l’intérieur de l’édifice. Une chapelle ardente aux couleurs blanche et violet est placée au milieu du hall.

Le président Joseph Kabila et plusieurs personnalités ont rendu un dernier hommage à ce grand artiste congolais devant des centaines de personnes amassées au Palais du Peuple à Kinshasa.

Le chef de l’Etat a fait son entrée dans le hall du Palais du Peuple, peu avant 8 heures. Joseph Kabila a rendu hommage à celui qu’il a qualifié d’«innovateur et ambassadeur de la musique moderne». Juste après a débuté le dépôt des gerbes des fleurs. D’abord avec les deux présidents du Parlement, le Premier ministre ainsi que le Procureur général de la République.

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, et le maire de Brazzaville, Hugues Ngolondélé ont aussi déposé leurs gerbes des fleurs. André Kimbuta a annoncé que l’avenue Tombalbaye est rebaptisée «Avenue Tabu Ley».

L’oraison funèbre a débuté avec le mot de famille, lu par Yvette Tabu. Elle a souligné que Tabu Ley était un bon père:

«Tu me parlais de l’importance des études, celle de l’excellence, du courage, de persévérance et de l’ambition. Tu me disais qu’il ne fallait pas suivre tes pas dans la chanson, [parce que] le milieu était rempli des requins. Papa, tu étais si plein de vie que rien ne semblait t’arrêter... »

Les mérites de Rocherau ont aussi été présentés par le ministre de la Culture et Arts, Banza Mukalayi. Il a loué les œuvres laissées par Tabu Ley, qui sont remarquable tant en qualité qu’en quantité.

Sur place, on diffusait de la musique, des témoignages ainsi que des interviews en rapport avec le musicien décédé.

A l’extérieur, des podiums ont été installés pour les artistes qui se sont produit tout au long des obsèques.

Les pagnes à l’effigie de l’artiste ont été imprimés pour la circonstance. Le musicien Shungu Wembadio alias «Papa Wemba» a publié sur les réseaux sociaux une photo de lui, vêtu de ce pagne.

S’exprimant au nom des musiciens de la RDC, Koffi Olomide a demandé que la date de la mort de Tabu Ley soit instituée «Journée de la Rumba congolaise»

Pascal Tabu Ley a entamé sa carrière musicale en tant que compositeur dans les années 1950. En 1956, il chante avec Grand Kalle, un chanteur et chef de groupe, considéré comme le père de la musique congolaise moderne. C’est alors le début d’un succès fulgurant pour celui qui prend le nom de scène de Seigneur Tabu Ley Rochereau.

Comme son mentor, Rochereau va apporter avec son orchestre l’African fiesta National, beaucoup d’innovations dans la rumba congolaise. On lui attribue notamment l’adoption de la batterie.

En 46 ans de carrière, Tabu Ley a composé plus de 3 000 chansons et vendu plusieurs milliers de disques.

L’un des anciens collaborateurs de Tabu Ley, le guitariste et auteur compositeur Guvano Mwana Vangu a avoué qu’il a été fan de la star congolaise depuis qu’il était encore sur le banc de l’école, avant de devenir plus tard l’un de ses proches collaborateurs: «J’étudiais à l’école Sainte Anne. Et à midi, on nous laissait aller manger à la maison pour revenir à 14 heures. Mais souvent quand j’arrivais au niveau de l’avenue Tshuapa, je le voyais causer avec certaines personnes. A ce moment-là, j’oubliais que j’allais manger à la maison . Je restais là à le contempler. Et quand je rentrais à l’école c’était trop tard. Et on me collait une punition. Il ne savait pas que parfois j’allais à l’école en retard à cause de lui. Le concours de circonstance a fait qu’il y a eu séparation avec Nico. Alors il a pensé à me prendre dans son groupe».

Avant que le cortège ne se dirige au cimetière Nécropole de la N’sele, une messe d’action de grâce avait été dite en la mémoire de Pascal Tabu Ley. Dans son homélie, l’Abbé Jean-Paul Luanga a souligné le caractère immortel de cet artiste congolais.

«Vous serez présent dans nos esprits, car votre musique, vos chansons et vos textes nous permettront de gouter à la mort dont vous êtes maintenant comblé», a déclaré l’Abbé Jean-Paul Luanga.

C’est après cette étape qu’est intervenue la levée du corps pour l’inhumation.

Un long cortège funèbre est parti du Palais du peuple pour le cimetière de Nécropole entre ciel et terre où reposera désormais Pascal Tabu Ley.

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