in

SENEGAL: Publications des ouvrages en langues locales

Outil efficace pour la promotion des langues nationales.

L’importance des ouvrages dans la promotion des langues locales pousse les formateurs en alphabétisation à demander aux écrivains de produire davantage dans ces langues. Ils l’ont fait savoir à l’auteur du recueil de poèmes “Yobbalu Ndaw“, Marouba Fall, qui animait une conférence sur le thème de “La littérature en langue nationale Wolof”.

La littérature en langue nationale est un outil efficace pour la promotion des langues nationales. C’est le constat fait par les formateurs en alphabétisation qui ont invité les écrivains à produire davantage dans nos langues locales. C’était au Centre départemental d’éducation populaire et sportive (CDEPS) de Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar, lors de la conférence de l’écrivain Marouba Fall sur le thème: “La littérature en langue nationale wolof“.

Selon la présidente de l’Association pour la promotion des langues nationales de Rufisque Fatou Kiné Faye, les ouvrages publiés servent de manuels d’apprentissage et de discussion aux apprenants.

«Nous les utilisons pour l’animation de nos causeries en discutant autour des thèmes soulevés dans les livres’, explique-t-elle. Pour elle, il est important aujourd’hui de valoriser les langues pour développer notre pays. Quant à un autre participant à la rencontre, il soutient que ‘le livre joue un rôle dans la vulgarisation de la langue Wolof. On assimile vite en apprenant dans sa propre langue».

L’écrivain Marouba Fall a abondé dans le même sens que les participants. Pour le conférencier, les publications existantes en langues nationales ne sont pas suffisantes. Même s’il existe des ouvrages ça est là, avec notamment le roman “L’Aventure ambigue” de Cheikh Hamidou Kane, traduit en Pulaar, Cheik Aliou Ndaw qui a écrit “Buur Tilène” en wolof et “Loli” aussi, Boubacar Boris Diop a publié “Doomi Goolo“, etc.

«Il faut que l’on multiplie les supports pour que l’on puisse enseigner nos langues comme cela se fait en français, portugais, russe, etc., de la maternelle à l’université. Nous voulons que les langues locales comme le Pulaar, Sérère, Wolof, Diola, etc., soient enseignées comme les langues étrangères’, demande l’auteur du recueil “Yobbalu Ndaw” (Un Viatique pour les jeunes en Wolof), publié en 2009 et édité par l’Organisation Sénégalaise d’Appui au Développement (OSAD). Depuis l’indépendance du Sénégal en 1960, on parle de valorisation de nos langues sans que rien n’évolue», a déclaré Marouba Fall, qui se réjouit toutefois du fait que l’on enseigne, à l’UCAD, certains textes de Cheikh Moussa Kâ sur Serigne Touba.

L’écrivain a rappelé à tout un chacun son devoir de travailler dans les langues locales, pour promouvoir la littérature en langue nationale. Pour lui, nos langues nationales permettent aux populations de mieux se comprendre dans un pays où la majorité est analphabète.

Donnant l’exemple de sa propre mère, l’auteur du roman “La Collégienne” dira: «Quand j’ai lu le poème Wolof intitulé “Omar”, dédié à mon jeune frère disparu, ma mère a pleuré alors qu’auparavant, malgré les dix livres que j’ai écrits, elle ne savait pas de quoi j’étais capable, ni ce que je pensais, ce que je sentais et exprimais à travers mes livres». Selon lui, c’est l’esprit qui permet de développer un pays et l’esprit est dans la littérature.

SENEGAL – COREE DU SUD: Deux bateaux pour désenclaver la casamance

ETATS-UNIS: La mort de Steve Jobs, le fondateur d’Apple