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SENEGAL: Papa Sow Djimbira, apôtre musicien issu d’une famille khadre

Un “khadre” de la musique religieuse!

Issu d’une famille khadre, Papa Sow Djimbira a très tôt eu un penchant pour les sonorités religieuses. Auteur de 2 albums, il fait partie de cette génération d’artistes qui chantent le Sceau des Prophètes et les hommes religieux du Sénégal.

«Do – Ré – Mi – Fa – So – La- Si», répète sans cesse William Badji, violoniste à son compagnon d’orchestre Ibrahima Badji. La guitare accrochée à l’épaule gauche, Badji, teint noir, pince les cordes électriques de l’instrument. S’emmêlent les sons des Tabalas (instrument en forme de tambour) et du violon ainsi que du piano.
En quelques secondes, le lead vocal de l’orchestre, Papa Sow Djimbira, pose sa voix sur un rythme quasi-oriental. Il incarne une génération d’artistes orientés vers la mélodie religieuse, comme il aime à le préciser.

Sow Djimbira s’est construit autour du traumatisme de sa famille. En 1982, à Kébémer où il s’était installé avec ses parents pour poursuivre ses études primaires, le jeune musicien est influencé par son oncle maternel et guide religieux Cheikh Mame Mory Djimbira, chanteur.
Papa Sow s’intéresse aux chants religieux à l’âge de 13 ans et accompagne souvent son oncle lors des veillées religieuses jusqu’en 1986, date du décès de son idole. Mais cela ne l’empêche pas de continuer ses études.

Il est titulaire d’un baccalauréat et a fréquenté le département de Philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où il approfondit sa maîtrise des textes sacrés. Il est aussi technicien en informatique; ce qui lui donne un certain regard sur sa passion.

«Ma musique, c’est la mélodie arabe. Je chante les thèmes développés par des illustres érudits sénégalais comme ElHadj Malick Sy ou Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh, Cheikhna Cheikh Saadbou, Cheikh Abdoul Khadre Djilani», raconte l’artiste, qui indique que sa musique sert aussi de canaux pour vulgariser les «best seller» des hommes religieux sénégalais.

Quand Papa Sow Djimbira est à l’œuvre, il chante aussi les louanges du Prophète Mohamed (Psl) et certains versets du Coran.

«Par exemple, j’ai chanté la Iza ja an nasroulilah pour pousser les enfants à s’imprégner de leur religion», dit Papa Sow, qui regrette que «il n’y a pas de politique consacrée à ce style de musique qui reflète l’aspect culturel et cultuel de notre pays».

Pour défendre son style de musique, Djimbira évolue dans un groupe qu’il a baptisé “Nourou Salam” (La lumière de la paix) dans lequel on retrouve Mame Mory Ndiaye, Ababacar Diop et Alioune Ndiaye, tous percussionnistes.
Puisqu’il n’a pas d’orchestre en son nom, Djimbira est accompagné par les musiciens de l’orchestre national du Sénégal, à savoir William Badji, Assane Fall (piano) et Ibrahima Diédhiou (guitare).

Les musiciens sont à leur deuxième album intitulé “Yâ Ibâd Allah Fatalikou A’Seydi Cheikh Mame Mory Djimbira“, composé de 6 titres.
Le premier album est sorti sur le marché en 2003. Intitulé “Lakal Hamdou Wa Choukrou“, il a été vendu à plus de 5000 exemplaires entre le Sénégal et les communautés religieuses vivant en Europe.
Auparavant, il avait aussi produit le single “Allâhou Rabi“, qu’il a sorti en mars 2008, lors du sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI),  tenu à Dakar. Djimbira a animé des concerts pour la paix et s’est produit à l’occasion de spectacles organisés hors d’Afrique.

Le musicien ambitionne de lancer le concept Tabala de minuit dans les régions du Sénégal pour, dit-il, créer l’engouement des jeunes autour de la mélodie religieuse.

D’autres spectacles attendent le groupe. A cet égard, presque tous les jours, les musiciens sont en pleine séance de répétition à l’arrière-cour de la Maison de la culture Douta Seck.

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