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SÉNÉGAL: Le PDS survivra-t-il à Wade?

Est-ce la détresse sans cesse au PDS en baisse?

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a toujours la gueule de bois au lendemain de la cuisante défaite de son champion, Me Abdoulaye Wade, à l’élection présidentielle.

Cet échec est d’autant plus dur à digérer que le président-fondateur du parti est bien obligé d’avaler des couleuvres juste dans le but de se sculpter, même au forceps, une carrure de démocrate. Et le coup de fil que Wade a passé lors de la nuit électorale à son challenger, Macky Sall, participe bien évidemment de cette stratégie, de ce façonnage de l’image du perdant fair-play.

Après qu’il a essuyé une si cinglante défaite (à peine 36% de l’électorat), on peut raisonnablement penser que Gorgui (le vieux), qui a déjà 85 ans, va se retirer de la politique pour cultiver son propre jardin comme on dit. D’ailleurs il semble qu’il pourrait prendre sa retraite au Maroc où le roi Mohamed VI serait prêt à lui accorder l’hospitalité.

Wade hors jeu, il n’est pas du tout farfelu de se demander si son parti pourra résister et survivre à ce qui s’apparente à une vraie décapitation. Le PDS, c’est de notoriété publique, est une formation politique qui est restée ombilicalement liée à son leader historique. Et de 1974 à nos jours, Wade a littéralement dominé ce parti des pieds à la tête. Véritable chef d’orchestre et principal pourvoyeur de fonds du PDS, tout partait de lui et tout revenait à lui et, de façon discrétionnaire, il en disposait comme il voulait.

C’est cette grande dépendance du parti vis-à-vis de la famille Wade qui le fragilise fortement aujourd’hui, car il sera difficile de dénicher un homme charismatique et consensuel capable de succéder à Gorgui. Wade absent, il n’est pas certain que le parti survive aux querelles de clochers. Mais si cette formation politique se retrouve dans cette piteuse situation, c’est tout simplement parce que Wade, craignant que ses camarades ne lui fassent de l’ombre, s’est méthodiquement appliqué à mettre sous éteignoir tous ceux qui émergeaient.

Et c’est tout dire lorsqu’on se rend compte qu’en l’espace de 12 ans de règne Abdoulaye Wade a usé une demi-douzaine de Premiers ministres. Des cadres du PDS comme Macky Sall ou Idrissa Seck sont bien payés pour le savoir, eux qui, n’en pouvant plus d’être mis à l’étroit, ont claqué la porte pour aller, chacun, porter sa propre formation politique sur les fonts baptismaux et se camper résolument dans le paysage de l’opposition. La victoire de Macky Sall sonne donc aujourd’hui comme une revanche que l’élève a prise sur le maîetre qui passait son temps à l’humilier, à entraver son ascension politique.

A présent, le PDS se trouve donc dans une situation inconfortable et il est bien obligé de se battre de toutes ses forces pour essayer de décrocher un certain nombre de sièges parlementaires aux prochaines consultations législatives. Mais si d’aventure les résultats de ce scrutin étaient catastrophiques, personne ne vendra cher la peau du parti de Me Abdoulaye Wade parce que nul n’injecterait un sou dans une formation politique moribonde, pas même son fondateur qui serait en train de ruminer sa défaite présidentielle du côté de Rabat ou de Marrakech.

La mauvaise passe dans laquelle le PDS pourrait végéter n’est pas un phénomène isolé. C’est hélas le drame de la majorité des formations politiques en Afrique, que ce soit celles au pouvoir ou celles de l’opposition. Le parti est si centré autour de son chef qu’il s’écroule dès que ce dernier n’est plus là. Tout cela parce qu’aucune politique de relève n’est menée, comme si le fondateur ne cherche même pas à ce que sa formation politique lui survive. Alors, il appartient au PDS de nous démentir en ayant une participation honorable aux législatives, sinon nul ne pariera un sou sur sa survie.

San Evatiste Barro

 

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