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SALIF KEITA: L’artiste, musicien chanteur malien déclare: “Tout est parti d’Abidjan…”

Option d’adoption… ivoirienne!

La méga-star malienne a tenu, le 27 décembre au Palais de la culture d’Abidjan un concert qui a renoué son lien affectif plus que quadri-décennal avec la Côte d’Ivoire, pays qui a contribué à son éclosion mondiale.

altComme si c’est devenu une tradition annuelle, vous vous produisez en concert à Abidjan. Justement, quelle est votre histoire avec la Côte d’Ivoire?

Entre la Côte d’ivoire et moi, c’est une véritable histoire d’amour qui n’est prête de s’arrêter. Ce pays m’a tellement apporté que je ne peux que dire merci à tous mes fans. J’y suis très souvent car j’aime ce pays et je m’y sens bien. L’hospitalité de la Côte d’Ivoire et l’amour que me portent mes fans ne datent pas d’aujourd’hui mais d’au moins 41 ans. Et ce n’est pas rien en 47 ans de carrière !

Pouvez-vous revenir sur cette presque cinquantenaire carrière dont la Côte d’Ivoire, et Abidjan en particulier, fut une étape importante ?

De mon petit village, en effet, je quitte la famille en 1967, pour m’installer à Bamako, où je me produis sur les places de marchés, dans les cafés, puis dans différentes discothèques, en compagnie de l’un de mes frères. En 1969, je rejoins le Rail Band, groupe du saxophoniste Tidiani Koné auquel appartient également, quelques mois plus tard, le musicien de kora et chanteur Mory Kanté, au Buffet de la Gare, et sponsorisé par le ministère malien de l’Information. Le succès du Rail Band se construit sur des airs traditionnels interprétés de façon moderne, et les musiciens portent la bonne parole de cette musique hybride dans toute l’Afrique de l’Ouest. Le groupe abrite également le joueur de balafon et de guitare guinéen Kanté Manfila, paix à son âme, qui devient mon ami et frère. C’est avec ce dernier, et quelques autres, que je m’installe en 1973 au Motel de Bamako, puis, nous mettons le cap sur Abidjan qui était devenue la plaque tournante de la musique africaine. Nous y fondons, alors, Les Ambassadeurs Internationaux, dans lequel se mêlent des influences musicales maliennes, cubaines, et zaïroises. Les musiques en vogues de l’époque. Mais, avec la sortie, en 1978 de l’album «Mandjou», nous bouleversons le microcosme musical de toute la sous-région.

Abidjan constitue donc la rampe de lancement de votre carrière internationale, puisque c’est d’ici que le marché occidental vous a ouvert ses bras…

En 1980, c’est aux Etats-Unis que j’enregistre deux disques («Primpin», chanson scandaleuse, où sont évoqués alcool et drogue, et «Tounkan»). Désireux de conforter ma carrière en solo, je m’installe alors, dès 1984 à Montreuil, dans la banlieue parisienne et deviens instantanément le «Prince des nuits de l’immigration malienne», et le public français me découvre, lors de ma participation au Festival des Musiques Métisses d’Angoulême. Trois ans plus tard, et suite à ma participation (initiée par Manu Dibango) à une opération humanitaire en faveur d’une Ethiopie ravagée par la famine, je sors mon premier album international en nom propre («Soré»). J’y chante en malinké (langue parlée au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, et en Guinée), et recueille un succès mérité: le disque combine en effet talentueusement racines africaines, jazz, funk, et pop. La même année, je participe à l’anniversaire londonien de Nelson Mandela, en compagnie de Youssou N’Dour et Ray Lema. En 1989, mon 2ème album «Ko-Yan», aborde de front les problèmes de l’immigration, et est appuyé d’une tournée au Japon, en Europe, en Afrique et dans les Caraïbes. Pour mon disque «Amen» (1991), participent Carlos Santana, Wayne Shorter, et le pianiste Joe Zawinul. Je compose en 1992, la musique du film «L’Enfant Lion» de Patrick Grand Perret.

Après coup, vous possédez un catalogue et une discographie impressionnante…

Au-delà de votre combat pour l’acceptation de l’albinisme, on vous a vu, ces dernières années, engagé sur d’autres fronts, plus ou moins sociopolitiques. En Côte d’Ivoire comme en Centrafrique ou au Mali, on vous a vu parler de paix et de réconciliation. Vous sentez-vous investi d’un mandat d’artiste engagé pour l’unité de l’Afrique ?

Comme tout Africain qui aime son continent, tout ce qui s’est passé dans ces pays m’a particulièrement touché. Si, avec ma musique, je peux contribuer à la paix et à l’unité de l’Afrique, je n’en demande pas plus.

Vous vous produisez pratiquement tous les ans en Côte d’Ivoire. A quoi s’attendent vos fans en termes de spectacle et de surprises ?

Vous êtes, in fine, ce qu’on peut appeler un artiste citoyen avec votre combat pour différentes causes telles que l’albinisme, l’aide aux jeunes maliens. En ce qui concerne Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest, que prévoyez-vous d’autre, hormis l’engagement par la chanson ?

Cette maladie tue. A part la compil’ faite avec Tiken Jah, Mory Kanté, Amadou et Mariam, Mokobé, Awadi, Oumou Sangaré, Barbara Kanam et d’autre artistes qui est «Africa Stop Ebola», j’interviens, quand mon planning me le permet, à des discussions sur la lutte contre cette maladie a virus Ebola. Et, surtout, je sensibilise la population chaque fois que l’occasion m’ait donnée dans les media. Sur la scène du Palais de la culture, j’en ai parlé, une fois de plus. Ainsi que d’autres sujets qui touchent l’Afrique et le monde. Afin que nous puissions finir l’année en toute conscience des problèmes qui minent le continent et envisager l’avenir, l’année 2015 avec espoir, mais en toute lucidité. Je vous aime.

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