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RWANDA / FRANCE – Paul Kagame hausse le ton contre Paris

Devant le Parlement, lors d’un discours à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire, le président rwandais a implicitement menacé Paris d’une nouvelle rupture des relations diplomatiques.  

Ses propos font suite à la réouverture, la semaine dernière, par les juges français, de l’enquête sur l’assassinat, le 6 avril 1994, de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana. Cet attentat est considéré comme l’élément déclencheur du génocide de 1994. 

Sept proches de Paul Kagame sont mis en cause. Les enquêteurs français souhaitent entendre Kayumba Nyamwasa un ancien militaire rwandais entré en dissidence et qui accuse le chef de l’Etat rwandais d’être l’instigateur de l’attentat. 

Depuis 2012, la thèse d’un attentat perpétré par des extrémistes hutus semblait privilégiée par les juges français. L’enquête avait été close et on s’attendait à un non-lieu pour les proches de Kagame, mais le projet d’entendre l’ex-général Nyamwasa relance l’affaire. 

Le président rwandais a d’abord dit qu’il n’avait pas de problème avec ça. Puis, il a haussé le ton, sous-entendant à nouveau une complicité de Paris dans le génocide. 

«Tout recommencer signifie que je dois rappeler, à certaines personnes, que le système judiciaire rwandais n’est pas subordonné aux intérêts français. C’est la France qui devrait être sur le banc des accusés et jugée… et personne au Rwanda», a déclaré le président rwandais. 

Paul Kagame n’en est pas resté là. Il s’est adressé aux diplomates et leur a rappelé, de manière voilée, la rupture diplomatique entre Paris et Kigali. 

«Souvenez-vous. Autrefois, lorsqu’au lieu d’aller chercher un visa à l’ambassade de France vous alliez dans une autre ambassade. Tout recommencer peut à nouveau signifier cela. Si, tout recommencer doit s’assimiler à une épreuve de force, nous aurons une épreuve de force», a-t-il affirmé. 

La France et le Rwanda avaient rompu leurs relations diplomatiques entre 2006 et 2009. L’ambassade de France à Kigali avait fermé, suite à l’émission d’un mandat d’arrêt contre les proches du président Kagame. Les mêmes proches dont les avocats attendaient un non-lieu dans cette affaire. 

«Nous avons donné accès à tout ce qu’ils [les enquêteurs français]ont demandé, et après avoir trouvé que ce qu’ils cherchaient ne reposait sur rien, je lis dans les médias que nous devrions tout recommencer. Donc, nous allons tout recommencer, je n’ai pas de problème avec ça. Mais tout recommencer signifie que je dois rappeler à certaines personnes que le Rwanda, que le système judiciaire du Rwanda n’est pas subordonné à la France ou aux intérêts de la France. C’est la France qui devrait être sur le banc des accusés et jugée, et personne au Rwanda. Souvenez-vous, autrefois lorsqu’au lieu d’aller chercher un visa à l’ambassade de France, vous alliez dans une autre ambassade… Tout recommencer peut à nouveau signifier cela. Donc, je demande à ceux qui nous ont rendu ce bon service de se préparer à nous rendre ce bon service une nouvelle fois. Si tout recommencer doit s’assimiler à une épreuve de force, nous aurons une épreuve de force», a déclaré le président rwandais

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