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PRÉSIDENTIELLE CENTRAFRICAINE: Le pays vote pour sortir du chaos

Vote ton pote! Une journée très attendue et très observée, mercredi 30 décembre en RCA, avec les Centrafricains appelés aux urnes pour élire leur président et leurs représentants. Des scrutins d’autant plus attendus qu’ils ont été reportés plusieurs fois, dont la dernière fois la semaine passée en raison de problèmes logistiques. Les bureaux de vote ont ouvert à 6 h, heure locale. Mais de nombreux retards ont été constatés. Retard à l’ouverture. Les opérations de vote devaient commencer à 6 heures, mais au bureau de l’Hôtel de ville de Bangui où RFI se trouvait, et qui compte quelques centaines d’inscrits, le matériel a été livré quelques minutes après l’ouverture officielle, par un camion des Nations unies. Le temps de déballer urnes, isoloirs et bulletins, de vérifier le matériel, les opérations ont pris du retard. Il faut dire qu’à cette heure-là, les électeurs ne se bousculaient pas. Les observateurs étaient présents, ainsi que les mandataires de certains des candidats. Les agents, eux, étaient encore en train de compter les bulletins qu’ils ont reçus. Même retard dans le deuxième arrondissement, à l’école Lakouanga qui regroupe sept bureaux de vote. Pas moins de 3 000 personnes sont inscrites ici. Les files d’attente ont commencé à se former très tôt ce matin et l’impatience se lisait chez les électeurs. « C’est comme si l’Autorité nationale des élections ne voulait pas de ce scrutin », s’est emporté l’un d’eux. A 8 heures, heure locales (7h TU), les bureaux de vote de l’enclave musulmane PK5 n’avaient toujours pas ouvert. Mettre un terme à trois ans de transition Ces élections doivent marquer une étape importante dans la quête de stabilité du pays. Elles marquent, en tout cas, la fin de trois années de transition, si l’on compte les dix mois sous Michel Djotodia qui avait pris le pouvoir par la force en mars 2013. Deux millions d’électeurs sont appelés à choisir un président et 140 députés. La course à la magistrature suprême est assez ouverte mais des favoris se dégagent néanmoins : Anicet-George Dologuélé, qui a conclu un accord avec le KNK, le parti de François Bozizé, le patron du MLPC, Martin Ziguélé, qui a reçu lui à la dernière minute le soutien d’une frange anti-balaka et Karim Meckassoua qui espère siphonner également une partie de l’électorat boziziste. Mais des surprises pourraient venir d’outsiders sérieux : Faustin Touadéra, ou encore Désiré Kolingba. L’enjeu de l’organisation Au-delà de l’enjeu politique et historique évident pour la Centrafrique, ce scrutin doit montrer en fait si l’Autorité nationale des élections (ANE), ainsi que ses partenaires internationaux notamment, ont réussi, dans les trois jours supplémentaires qui leur ont été impartis à surmonter le défi logistique que représentent ces élections présidentielles et législatives couplées. Le chef de la mission de l’UA, l’ancien Premier ministre sénégalais, Souleymane Ndéné Ndiaye, espère que tout va bien se passer. « Nous, nous essayons de positiver les choses, explique-t-il à RFI. L’ensemble des observateurs internationaux a constaté que, à l’occasion du référendum, la population est sortie massivement, même dans des zones où les questions sécuritaires étaient les plus sensibles. » Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a appelé, de son côté, à un scrutin pacifique et crédible.

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