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Mohamed Kéita: de réfugié ivoirien à photographe en pleine ascension internationale!

Il est né en 1993 en Côte-d’Ivoire et, pour débarquer en Italie, il a marché pendant trois ans. A Rome, il a suivi un cours en photographie et d’un coup, s’est déclenché son génie.

Il n’avait jamais pris en main une caméra auparavant, et peut-être n’en n’avait jamais vue une, mais son premier déclic fut déjà digne de prix. En un seul cliché, Mohamed Kéita a réussi à réunir tout ce qu’il avait et raconter une histoire compliquée. Car il était un migrant (et dans un certain sens, il l’est encore) et les quelques bazars qu’il portait avec lui étaient le résumé des tant d’aventures: une boîte en carton, deux ou trois vêtements dans un sachet bleu clair et une paire de godasses. Cette photo était pour Mohamed le début d’une nouvelle histoire: la découverte d’une passion qui est vite devenue une profession.

 LE RÉCIT 

Il est né en 1993 en Côte-d’Ivoire et pour débarquer en Italie, il a marché pendant trois ans. Il a parcouru des kilomètres dans le désert seulement avec des tapettes au pied, il a traversé le Mali, l’Algérie et la Libye. Il est arrivé à Malte sur un bateau, puis il s’est caché dans un ferry pour atteindre la Sicile. En 2010, il s’est retrouvé à Rome et, pendant trois mois, il a vécu dans la rue. Ensuite il a suivi un cours en photographie et, d’un coup, son génie a explosé.

EXPOSITIONS À LONDRES ET NEW YORK

Mohamed Kéita est déjà un nom internationalement. Il a exposé et à Londres et à New York, aux côtés même de grands noms de reporters de guerre. Quelqu’un l’a surnommé le «portraitiste des migrants» et il ne s’est certainement pas senti offensé. Depuis des mois, il sillonne l’Italie pour raconter la vie des réfugiés. De ceux qui ont traversé la mer pour échapper à la guerre et poursuivre le rêve d’une vie sans explosions et sans prisons.

«Moi aussi je me suis échappé des bombes, ces mêmes bombes qui ont tué mes parents et qui ont mis ma vie en péril dans mon pays», raconte-t-il. «En Côte d’Ivoire, il y avait la guerre était et je ne pouvais plus rester. Je ne suis pas venu en Italie penser réussir à faire le reporter, mais avec l’appareil photo, ça a été un coup de foudre».

 “MENOTRENTUNO” 

En Sardaigne, il a été l’un des hôtes du Festival “Menotrentuno”, une exposition photographique internationale (réservée aux auteurs âgés de moins de 31 ans) qui sillonne les bourgs et les villes de l’île. Mohamed y est allé, quelques semaines plus tôt avec son appareil photo et, ensemble avec le réalisateur Vincenzo Ligios, il a commencé un voyage pour raconter la vie des réfugiés. Là-bas aussi, les débarquements sont fréquents et il y a également des histoires d’intégration réussie et de difficulté, de rêves couronnés de succès et de marginalisation. 

SOURIRES DE MIGRANTS

 Les déclics de Mohamed racontent très bien la réalité: les migrants parmi les touristes dans les rues chaudes d’Alghero, ceux qui attendent le bus à côté des nageurs qui vont à la mer, les petits garçons jouant au football sur un terrain poussiéreux de la banlieue, et un autre qui jongle au coucher du soleil, sur la plage.

«La Sardaigne est l’une des nombreuses étapes du récit: les autres sont celles de Latina, Rome, Capalbio, Torpignattara. À Salerno, j’ai rencontré des migrants qui sont devenus des musiciens, à Venise, ceux qui ont découvert l’art. Je veux raconter toutes les facettes de la vie de ceux qui sont arrivés jusqu’ici; non seulement les difficultés, celles-ci sont d’ailleurs trop faciles à voir et photographier. Les sourires sont rares et difficiles à dénicher, mais ils donnent beaucoup plus de satisfaction». 

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