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MALI: François Hollande à l’investiture de IBK – «Aujourd’hui le pays a pris son destin en main»

Hollande… “franc en soi”?

Parmi les chefs d’Etat qui étaient à Bamako au Mali, jeudi 19 août pour la cérémonie en l’honneur du nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta, il y avait le président français François Hollande, accueilli avec chaleur. Le chef de l’Etat français participera par ailleurs avec plusieurs dirigeants africains présents dans la capitale malienne, à un mini-sommet sur la situation en Centrafrique.

altLe cortège de François Hollande est arrivé à Bamako au stade du 26-Mars. Il y avait un très gros embouteillage dans le ciel de Bamako et l’avion de François Hollande a dû tourner une bonne demi-heure avant de pouvoir se poser. A son arrivée, c’est un accueil triomphal qu’a reçu le président français: «Merci la France», «Merci, Merci». C’est ce qu’on pouvait entendre.

Même si l’avion de la France a dû patienter avant d’atterrir, François Hollande est un peu l’invité d’honneur de cette cérémonie d’investiture. Il devait faire le trajet dans la voiture du nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta, sauf qu’à cause du retard, il y a eu un entretien mais qui a eu lieu à l’aéroport, puisque le président malien devait attendre l’arrivée d’une dernière délégation, celle du président du Nigeria.

Une quinzaine de chefs d’Etat africains sont présents. François Hollande est le seul chef d’Etat occidental et il jouit d’une énorme popularité au Mali. Il faut se souvenir de l’accueil triomphal qu’il avait reçu à Bamako, début février, 3 semaines après le déclenchement de l’opération Serval. Emporté par l’émotion, on se souvient des mots de François Hollande qui avaient alors évoqué «le jour le plus important de sa carrière politique». François Hollande est donc très populaire au Mali.

En France aussi l’opinion publique avait majoritairement soutenu l’intervention militaire. Les Français ont même découvert leur président qui venait d’enfiler sans trembler son costume de chef de guerre. Cette intervention au Mali est un succès diplomatique pour François Hollande. Avec la crise syrienne, l’opinion publique française a largement révisé son soutien au chef de l’Etat. Au Mali, il y avait un but précis: empêcher les terroristes, les djihadistes d’arriver sur Bamako. Opération réussie par l’armée française. François Hollande avait fait preuve d’une détermination sans faille.

On a retrouvé un peu la même détermination sur la Syrie: François Hollande a voulu punir le régime syrien sauf que ce concept de punition un peu étranger au vocabulaire français n’a pas été très bien compris. Il y avait beaucoup d’incertitudes sur les buts, les conséquences des frappes militaires. Incompréhension et donc opposition de l’opinion publique française sur le plan intérieur. Puis sur le plan diplomatique à l’étranger, François Hollande a paru bousculé, va-t-en guerre au début et a dû encaisser les hésitations de Barack Obama, les sorties surprises de la Russie. Donc on imagine que pour François Hollande, en ce climat morose, cette parenthèse malienne est la bienvenue. Il vient d’ailleurs ici avec le sentiment du devoir accompli puisque la transition malienne arrive quasiment à son terme. Il ne manque plus que les législatives qui auront lieu d’ici la fin de l’année.

François Hollande profite de ce voyage pour multiplier les contacts avec les chefs d’Etat africains. Il y a un autre dossier qui se profile pour la France, c’est la Centrafrique, un pays où l’Etat a quasiment disparu, expliquait-on du côté français. Donc au sujet de la Centrafrique, François Hollande a eu notamment plusieurs entretiens avec des homologues africains après la cérémonie d’investiture. Puis la Centrafrique mobilisera aussi beaucoup François Hollande la semaine prochaine à l’ONU. Ce sera à New York, mardi 24 septembre, pour l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies. Là où, il y a un an tout juste, François Hollande avait pris à témoin la communauté internationale sur la situation au Mali.

«Aujourd’hui le Mali a pris son destin en mains. Il a choisi son président. Un bon, un grand président. Je le connais et depuis longtemps. Et cette élection ouvre la voie de la reconstruction, de la transition. Je vous l’assure, la France sera là pour vous accompagner, pour le développement, pour l’État, pour la démocratie, pour la réconciliation. La France le fera. Et voilà le message de Bamako. Vive le Mali et vive la France », a dit le chef d’Etat français.

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