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LUTTE AU RACISME: Présenté au Parlement italien le livre “Les jours de la honte – Les insultes à Cécile Kyenge et à l’Italie”

Des livres qui délivrent!

L’Italie est-elle raciste? Les réponses des journalistes du groupe éditorial “Stranieri in Italia”, éditeur du livre “Les jours de la honte – Les injures à Cécile Kyenge et à l’Italie”.

altLe portail “Stranieriinitalia.it” a recueilli dans le livre “Les jours de la honte»,  les principales attaques contre la ministre italienne de l’Intégration Cécile Kyenge, et a demandé aux rédacteurs en chef des périodiques “ethniques” leur opinion sur l’attitude du pays envers les immigrés.

Injures, intimidations, sit-ins de protestation. Pour Cécile Kyenge, c’est pratiquement une question quotidienne, depuis la création du ministère de l’Intégration. Et «Les jours de la honte», c’est justement le titre du livre, dans lequel le portail “StranieriinItalia.it” a recueilli les principaux épisodes, et qui a été présenté, le 14 janvier à Rome,  à la Chambre des Députés en présence de l’intéressée, du député du PD (Parti Démocrate), Chaouki Khalil et de Marco De Giorgi de l’UNAR (Bureau National Anti Racisme). 

Les auteurs, Gianluca Luciano et Eugenio Balsamo, ont composé une véritable mosaïque des différentes attaques, sur le web, dans la presse, sur les graffittis: la quasi-totalité pour motifs politiques. Sans oublier naturellement les offenses du vice- président du Sénat, le léghiste Roberto Calderoni: «Quand je la vois, je ne peux pas mèempecher de penser à un orang-outan”. Ou encore du député européen Borghezio: “Face noire, indigne d’être italienne et encore moins qualifiée pour occuper un poste de ministre-.

Mais surtout, il y a les murs salis, les groupes Facebook dans lesquels parmi les diverses moqueries, sont diffusées de véritables menaces et incitations à la violence. Des attaques à Kyenge pour frapper les politiques qu’elles représentent: “L’immigration tue”, signe le mouvement d’extreme droite Forza Nuova sur les murs et les affiches. Et de ce meme groupe proviennent les mannequins sanglants qui ont, à plusieurs reprises, ont donné le «bienvenu à la ministre”, à l’occasion des rencontres publiques, dans le but de dire non au “jus soli” (nationalité par naissance sur le sol italien).

Et c’est justement des injures que naissent les réflexions (reportées dans le livre) des jeunes étrangers ou d’origine étrangère, qui écrivent dans les périodiques coordonnées par le portail “Stranieriinitalia.it”. A la question: «L’Italie est un pays raciste?“, les réponses sont diversifiées et variées, mais convergent toutes sur une chose: le racisme existe et surtout, il y a une croissance du langage raciste. 

«L’Italie n’est pas raciste, elle ne l’est pas la grande majorité des Italiens, comme en témoigne le parcours du pays vers l’intégration des “nouveaux citoyens”, qui ont été accueillis et qui l’ont élue comme seconde patrie», écrit Milton Kwami, rédacteur en chef de africanouvelles.com. Et de souligner: Un parcours qui a permis le débarquement au Parlement des députés d’origine étrangère et la récente nomination de la ministre dans le gouvernement Letta“.

Pour Sorin Cehan de Gazeta Romaneasca, arrivé en Italie en 1992, le racisme n’a pas augmenté, on en parle plus: “avec Internet, il y a plus d’informations à ce sujet et sur certains comportements. Les gens peuvent sembler plus racistes en parlant de ce qu’ils ont lu aujourd’hui dans la presse”. Et de pousuivre: “En dépit de la discrimination et les stéréotypes, au niveau privé, par rapport à l’image publique qu’en donne la presse, les Italiens ont des comportements différents. Demandez à un Italien ce qu’il pense des Roumains, il vous dira que ceux qu’il connaît personnellement sont de bons mecs”.

Samia Oursana, journaliste du blog “Italiani più”, raconte qu’elle n’a jamais eu des expériences directes de racisme mais en général, pour elle, “le racisme existe. Dans notre pays, il n‘existe pas une vraie forme de racisme et de haine envers autrui parce que différent, mais de mon point de vue, il y a plus une manifestation de de méfiance, de rivalité: ils nous piquent le boulot, on leur donne tous les logements sociaux, il y a une forme de rivalité, de concurrence” .

Enfin Stephen Ogongo d’Africanews, se référant aux attaques contre le ministre Kyenge, écrit que «l’Italie n’est pas raciste, mais elle est pleine de racistes dans les hautes sphères“. Et pour lui, c’est donc dans le langage de la politique que se manifeste avant tout et se propage les germes de l’intolérance.

Mais comment se défendre contre les discriminations? La seule arme est la connaissance des propres droits, selon les auteurs. Pour cette raison, ce livre termine par un mini-guide juridique mémoire dans lequel, comme une sorte de rappel, sont cités les principales mesures italiennes et internationales contre la discrimination. 

Lucia Ghebreghiorges

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